L’abolition du cours Éthique et culture religieuse suscite du mécontentement

L’abolition du cours, conjuguée à la mise au rancart d’éléments associés à la vie spirituelle dans le projet de loi 40, provoque des inquiétudes dans le milieu de l’enseignement.
Photo: Getty Images L’abolition du cours, conjuguée à la mise au rancart d’éléments associés à la vie spirituelle dans le projet de loi 40, provoque des inquiétudes dans le milieu de l’enseignement.

Au nom de la laïcité de l’État, le gouvernement Legault est-il en voie d’éliminer toute référence à la religion ou à la vie spirituelle dans les écoles ? L’abolition annoncée du cours d’éthique et culture religieuse (ECR), conjuguée à la mise au rancart d’éléments associés à la vie spirituelle dans le projet de loi 40, provoque des inquiétudes dans le milieu de l’enseignement.

« L’abolition annoncée du programme Éthique et culture religieuse constitue une éclatante victoire de l’athéisme militant québécois et de ses propagandistes. Pour ce mouvement, la religion est intrinsèquement une aberration, le fruit de l’irrationalité. Pire, elle est la “gangrène de l’humanité”. Forcément, la religion, même dans une perspective culturelle, n’a pas sa place à l’école », déplore Jean-Pierre Proulx, journaliste et professeur retraité, dans une note transmise au Devoir.

Ce spécialiste de l’éducation a présidé un groupe de travail sur la place de la religion à l’école, dans l’optique de la déconfessionnalisation du système scolaire au tournant des années 2000. Il avait recommandé la création d’un cours non confessionnel d’enseignement culturel des religions. Le cours ECR est ainsi né en 2008 pour que les élèves québécois connaissent les religions — d’un point de vue historique et culturel — même si les prêtres ont été sortis des écoles publiques.

Le ministre Jean-François Roberge a annoncé cette semaine que le cours d’ECR sera profondément transformé pour faire place à un cours d’éducation à la citoyenneté dont le nom reste à déterminer. Les élèves apprendront notamment des notions d’éducation à la démocratie, à la sexualité, à l’environnement et au droit du numérique.

Cette décision s’inscrit dans une tendance à gommer toute référence à la religion ou à la spiritualité dans le programme de l’école publique, souligne Jean-Pierre Proulx. Un volet méconnu du projet de loi 40 (sur la transformation des commissions scolaires) propose ainsi d’abolir le droit des élèves à « des services d’animation spirituelle et communautaire ».

Sortir la religion des écoles

La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) a déploré cette mise de côté de la vie spirituelle des élèves dans son mémoire sur le projet de loi 40. La déconfessionnalisation du système scolaire québécois ne veut pas dire qu’il faut « sortir la religion » des écoles, note la Commission dans son mémoire, daté de décembre 2019.

L’abolition annoncée du programme Éthique et culture religieuse constitue une éclatante victoire de l’athéisme militant québécois et de ses propagandistes

 

« Par une diversité de moyens, dont certaines obligations de l’enseignant, mais aussi le service d’animation spirituelle et d’engagement communautaire et le programme d’ECR, l’école québécoise veut depuis participer au développement de dispositions chez l’élève qui lui permettront de reconnaître l’égale dignité de l’autre et favoriseront la poursuite du bien commun », indique le document.

« Le projet de loi 40 […] comporte des risques de décentrements supplémentaires par rapport à une laïcité respectueuse des droits et libertés de la personne, cette fois à l’endroit des élèves. Après l’interdiction du port de signes religieux imposés aux directeurs, directeurs adjoints et enseignants de l’école publique au Québec, assisterons-nous à l’avenir à la mise en oeuvre de nouvelles limitations qui viendront réduire auprès des élèves, cette fois, la portée de la liberté de conscience et de religion ? »

Culture et spiritualité

La Fédération des professionnelles et professionnels de l’éducation (FPPE-CSQ) s’inquiète aussi des conséquences de l’abolition du cours d’ECR et de la « fragilisation » des services d’animation et de vie spirituelle. Ces services laïques ont remplacé la pastorale lors de la déconfessionnalisation des écoles, rappelle Jean Martineau, vice-président du syndicat qui représente 393 « animateurs de vie spirituelle et d’engagement communautaire ».

« Le gouvernement veut jeter le bébé avec l’eau du bain, dit-il. La vie spirituelle est une dimension fondamentale de l’être humain, au même titre que la structure nerveuse ou la structure osseuse. »

Les animateurs de vie spirituelle ont aussi un rôle à jouer pour faire connaître aux jeunes l’importance culturelle de la religion — en accord avec la laïcité du système scolaire, fait valoir Jean Martineau.

De son côté, l’Assemblée des évêques catholiques du Québec (AECQ) a dénoncé le fait « qu’avant même de procéder à des consultations, le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur annonce déjà sa volonté de remplacer, en tout ou en partie, les notions de culture religieuse » dans le programme d’ECR.


 
88 commentaires
  • Jérémy Champagne - Abonné 11 janvier 2020 01 h 57

    Bon...

    "La vie spirituelle est une dimension fondamentale de l’être humain, au même titre que la structure nerveuse ou la structure osseuse."

    D'accord, mais qu'est-ce que la religion vient faire là-dedans ?

    Faites-leur lire Rimbaud ou Celan, écouter Bach ou Mendelssohn, etc.

    • Nadia Alexan - Abonnée 11 janvier 2020 10 h 45

      Je suis tout à fait d'accord avec vous, monsieur Champagne, la religion se pratique à la maison, pas dans une école laïque. Je suis surprise par la déclaration de monsieur Jean-Pierre Proux qui qualifie la laïcité comme: «une éclatante victoire de l’athéisme militant québécois et de ses propagandistes». J'aimerais lui demander quelle est la portée de la religion si ce n'est pas de la propagande?
      Le cours ECR endoctrine les enfants à accepter toutes les religions sans questionnement. Par exemple, Fatima, une jeune fille voilée explique à Genevieve le jeune qu'elle fait pour Ramadan à partir du lever du soleil jusqu'à sa couchée. Geneviève demande si cela n'est pas très difficile pour un enfant de dix ans. Selon le cours ECR, Geneviève est réprimée pour avoir contesté la religion.
      Au lieu d'encourager l'esprit critique de l'enfant, l'enseignant doit décourager tout questionnement de la religion. Ce cours stéréotype les cultures et n'a pas sa place dans une école laïque.

    • Nadia Alexan - Abonnée 11 janvier 2020 11 h 24

      À monsieur Marco Fortier, journaliste du journal le Devoir: Pourquoi ne pas avoir consulté les philosophes de l'éducation comme Norman Baillargeon pour avoir sa réaction à l'abolition du cours ECR? Pourquoi rapporter juste l'opinion de ceux qui sont contre l'abolition de ce cours?

    • Martin Dubreuil - Abonné 11 janvier 2020 12 h 27

      C'est ce que l'on fait! Mais, dans nos classes et nos écoles, il y a aussi des croyants qui, eux, décident de vivre leur vie spirituelle via leurs récits, leurs rites et leurs règles religieuses. Que voudriez-vous alors qu'on fasse avec eux?

    • Guy Beausoleil - Abonné 12 janvier 2020 11 h 43

      M.Martin Dubreuil, au Québec il ya une église dans chaque village, dans chaque quartier, ces endroits sont tout indiqués pour y pratiquer une vie spitituelle selon les rites religieux prescrits.

  • Gaston Bourdages - Inscrit 11 janvier 2020 05 h 20

    Et si la spiritualité était comme une sorte de vestibule à toute.....

    ...forme de religion ?
    Pour qu'il y ait religion, il faut tout d'abord une spiritualité.
    Je sais que la spiritualité existe parce que je l'expérimente et qu'en psychothérapies, aucun des psychologues brillants avec lesquels j'ai eu privilèges de travailler n'a voulu travailler cet aspect de ma personne alors que cette même spiritualité faisait partie du drame dont j'ai été auteur en 1989.
    Si j'avançais que vide existentiel est aussi manque de spiritualité; que détresse, celle dont souffrent plus de 30% de nos jeunes, a aussi une origine de manque de spiritualité ?
    Nos dirigeants politiques actuels sont à commettre une grossière erreur à ce niveau.
    Par manque de compétences et de connaissances, je m'arrête ici. Je ne puis que témoigner des bienfaits rattachés à la spiritualité.
    Mes respects,
    Gaston Bourdages,
    Saint-Mathieu-de-Rioux.

    • Marc Pelletier - Abonné 11 janvier 2020 13 h 07

      L'auteur mentionne " l'athéisme militant québécois " : à ce compte, et en toute logique avec l'histoire du Québec, l'athéisme devrait aussi prendre sa place dans l'enseignement de l'histoire du Québec, même s'il a occupé une place très minime et très récente dans notre Histoire et que ses retombées ( positives et négatives ) n'ont pas encore été suffisamment mesurées.

      Je crois, qu'une fois de plus, la CAQ va beaucoup trop vite avec ses réformes, faites à la va-vite, suite à des consultations insuffisantes. Ceci est d'autant plus vrai que la réforme, dont il est ici question, est celle qui nécessite le plus une réflexion approfondie.

      M. Bourdage, vous touchez un point qui mérite reflexion et discussions lorsque vous faites un lien entre " vide existentiel et manque de spiritualité ". Il faut se demander où nous conduiront les nouvelles valeurs qui se substituent aux anciennes ? Est-ce que l'individualisme, la course à l'argent et l'acquisition de biens ne sont pas que des leurres qui creuseront encore plus le vide existentiel de plus en plus ressenti par la population ?

    • Alain Béchard - Inscrit 11 janvier 2020 14 h 32

      Je suis d'accord avec vous sur la spiritualité qui est intrinsèque à tous les êtres humains quelque soit la race. Elle peut être discutée et philosopĥée car elle fait partie de ce vide existentiel que chacun côtoie tout au long de sa vie. Mais d'y associer La religion est une erreur grave. La religion est un regroupement de gens qui ont perdus cette spiritualité et que les préceptes enseignés infantilise toute prise de conscience de l'individu. Ces personnes suivent un crédo très bien établi et ne peuvent ainsi percevoir dans l'autre qu'une brebis égarée, souvent un ennemi, qu'il faut remettre sur le droit chemin, convertir à son précepte tout en lui laissant croire qu'il en recevra une liberté d'action. Mais cette liberté d'action, s'il y a, est toujours assujettie au crédo établi qui empêche l'adhérant d'avoir une liberté de pensée. Une religion reconnue déforme la spiritualité et devient ainsi une forme d'assujettissement légalisé et non questionnable sans commettre un sacrilège. ''Hors de la religion point de salut''. Elle devient ainsi une forme de pouvoir sur l'autre et rien d'autre.
      Alain Béchard

    • Marc Pelletier - Abonné 11 janvier 2020 17 h 29

      M. Béchard,

      Vous dites : "......sur la spiritualité qui est intrinsèque à tous les êtres humains quelque soit la race ".

      Le Larousse définit la spiritualité : " Caractère de ce qui est dégagé de toute matérialité ; ce qui concerne la vie spirituelle ".

      J'ai besoin de vos lumières, car j'ai de la difficulté à faire le lien entre l'athéisme et la spiritualité.
      En conséquence, est-ce que vous constatez, qu'en 2020, la spiritualité guide de moins en moins les actions et les comportements des humains, ici et ailleurs dans le monde ?

      Selon les statistiques, plus de 70% des francophones déclarent être catholiques, alors qu'il est évident que très peu sont pratiquants.
      Y voyez- vous une dérive de la spiritualité vers le matérialisme ?

    • Gaston Bourdages - Inscrit 11 janvier 2020 18 h 08

      @ Messieurs Béchard et Pelletier, merci pour votre généreux partage de réflexions et d'opinions qui, toutes deux,m'enrichissent.
      La spiritualité vient bien avant la religion. Quant à la religion, personne ne m'oblige à croire ce qui y est véhiculé, quelque que soit la religion. Je suis libre de croire et de son contraire Je suis en 2020. J'ai connu le temps de l'enfer. La descente aux enfers est encore « disponible» en 2020. Je l'ai expérimentée en 1989 et ce aussi avec la complicité de la foule des mauvais choix (libre j'étais aussi ) que j'ai faits.
      Si au lieu de philosopher sur le sujet, j'y allais de questions comme : pourquoi le vide existentiel ? Pourquoi ce taux de détresse de plus de 30% chez nos jeunes et selon ce que j'en ai entendu de 50% chez les étudiants.es en droit ?. D'accord avec vous : pourquoi ne pas inclure l'athéisme dans la spiritualité. L'athéisme comme la foi est un choix libre, non imposé. Personne ne m'oblige à croire...oh que non ! mes cheveux gris et mes expéreinces de vie, je dirais, à témoin.
      Je puis confirmer que la cohabitation avec la spiritualité est, à date, une de mes plus enrichissants expériences personnelles de vie. La spiritualité me nourrit le coeur, l'esprit et l'âme.
      Mes respects à vous deux !
      Gaston Bourdages

    • Marc Pelletier - Abonné 11 janvier 2020 20 h 11

      M. Bourdage,

      J'aimerais bien pouvoir répondre à votre question : " .... pourquoi le vide existentiel ? ", mais ce serait prétentieux.

      Tout ce que je peux dire à ce sujet se relie à mon expérience de jeunesse : j'ai vécu ce vide, alors que je ne voyais qu'un trou noir devant moi et aucune utilité dans un futur à court et long terme . Le contact physique avec la vraie nature, un travail dans la forêt, pendant plus de deux mois, m'a remis sur les rails et l'horizon s'est éclairci.

      Ce fut salutaire pour moi et j'y crois encore, mais je ne sais pas si cet " abandon " à la nature serait utile à d'autres qui ressentent un tel vide, mais je n'hésiterais pas à le suggérer.

      En ce qui me concerne, je suis né dans un bénitier, mais je ne pratique plus, sans doute comme bien d'autre, à cause d'une sur-saturation de pratiques religieuses et aussi à cause de certains porte-paroles religieux, heureusement peu nombreux, dont " les bottines ne suivaient pas les babines ".

      Toutefois, je respecte ceux qui sont athés tout comme ceux qui pratiquent une religion : ceci rejoint mes convictions concernant la liberté de chacuns, chacunes.

      Salutations !

    • Alain Béchard - Inscrit 11 janvier 2020 23 h 51

      Bonjour M.Pelletier, Il n'y a pas de lien entre athéisme et spiritualité. L'athéisme tout comme la religion parte d'un même principe: soit la croyance qu'un Dieu existe ou pas. À partir de cette assertion toutes les croyances et subtilités dogmatiques en sont issues. La spiritualité est la perception de cette subtilité non matériel que l'on ne peut saisir concrètement lors de notre passage sur terre et qui fait de nous des humains malgré nos peurs et de notre compréhention limitée au delà de la matière. La religion est l'organisation, fomenter par nos peurs, créant certains dogmes et règlements qui appaiseront nos cerveaux surchauffés par la non compréhention du pourquoi et du comment de la vie. La religion dogmatique ne s'ouvre pas sur la spiritualité car elle ferme le questionnement des jeunes le remplaçant par des réponses préfabriquées et édulcorées par des siècles d'asservissement. Il n'y a pas de dérive spirituelle; le matérialisme est à la base de notre survie sur terre et nous devons comprendre et admettre notre limitation en tant qu'humain sur terre. De cette compréhension viendra l'ordre tellement recherché par tous. Le cerveau humain est en constant fonctionnement soit de création ou de destruction et la religion ne pourra jamais réguler un esprit libre; elle fabrique des automates qui ne peuvent que transporter le passé dans un présent qu'ils rendront insignifiant( il nous faut voir que ce n'est pas l'amour qui règne tout autour mais plutôt le désordre) .
      D'oû vient le vide existentiel? peut-on avancer par le manque de spiritualité!!!
      Nous ne sommes pas libre de vivre car toute notre éducation nous nous force à choisir entre la religion ou l'athéisme, notre spiritualité nous ayant été confisquée.

    • Marc Pelletier - Abonné 12 janvier 2020 09 h 27

      M. Bourdage,

      J'ajouterais sans prétention que, lorsque tout ce que nous recevons de l'extérieur nourrit mal ou pas notre intérieur, le vide existentiel s'installe et nous détruit petit à petit. Notre mental ne voit plus rien, il est dans le noir total : l'individu concerné se sent glisser, impuissant, dans un puit sans fond.

      Pour faire à nouveau entrer la lumière, il faut de l'aide pour être réparé, aide que peuvent nous apporter soit la nature, ce que j'ai vécu, soit des soins professionnels appropriés, afin de retrouver notre raison d'exister, le goût d'aller de l'avant et de bâtir avec les talents reçus.

      Si ce vide existentiel augmente d'une façon inquiétante chez nos jeunes, notre société devrait en faire une priorité et s'interroger sur ce qu'elle n'apporte plus pour nourrir la lumière intérieure de chaque personne. Il faut prendre acte de ce désastre dont les conséquences à court terme risquent d'entraîner des impacts plus importants pour notre futur que les dérèglements climatiques.

      Il faut que notre humanisme collectif se réveille et agisse en conséquence !

    • Gaston Bourdages - Inscrit 12 janvier 2020 10 h 57

      Bonjour monsieur Pelletier et merci pour vos éclairants propos. Éclairants à ce point que je me reconnais, fort heureusement au passé, dans vos deux 1ers paragraphes. J'ai, par tous les mauvais choix faits à une époque de ma vie, construit ce vide existentiel dont les profondeurs chez moi ont été abyssales. Comme vous l'écrivez...j'ai eu à tout réparer. J'étais libre de le faire. Oui, une reonstruction aux plans émotionnel, rationnel, spirituel et corporel.
      À votre avant-dernier paragraphe j'emprunte votre « lumière intérieure » et l'associe à la dignité. La vôtre, celles des autres et la mienne. Lorsque la dignité est mal nourrie, mal soignée ou pas soignée du tout voire même malmenée, des souffrances sont à prévoir.
      Dans une société dont je perçois des mouvements de déshumanisation, de chosification de l'être humain, la dignité en arrache.
      Et si nous mettions nos dignités individuelles et collectives au service d'un humanisme collectif...encore avons-nous à nous demander si la dignité existe et si oui, de quoi est-elle faite, d'où nous vient-elle ?
      J'aime vous lire.
      Mes respects,
      Gaston Bourdages

    • Marc Therrien - Abonné 12 janvier 2020 11 h 03

      Le lecteur intéressé à mieux comprendre ce que peut être la spiritualité athée ou encore la spiritualité sans Dieu peut lire « L’Esprit de l’athéisme » d’André Comte-Sponville ou encore les commentateurs de l’œuvre de Spinoza dont Frédéric Lenoir avec « Le miracle Spinoza. Une philosophie pour éclairer notre vie ». On peut trouver de la transcendance dans l'immanence sans chercher à accéder à un arrière-monde.

      Marc Therrien

    • Gaston Bourdages - Inscrit 12 janvier 2020 11 h 13

      Bonjour à vous monsieur Béchard dont je viens de lire à nouveau le commentaire écrit à 14 h 32.
      Je ne me sens du tout mais pas du tout infantilisé.
      À mon libre arbitre j,accorde 360 degrés de latitude...un beau cercle parfait.
      Je suis libre. Oui, un être libre.
      Du cadeau de liberté je bénéficie. ne pas me sentir libre me ramènerait à cette époque de mon arrivée en prison que m'avais si bien décrite une ex-belle-soeur dans une dér angeante mais combien lucide et pertinente lettre :« Tu es en prison pour te libérer de tes prisons » Qu'elle avait donc vu juste. La prison pour se libérer de ses prisons intérieures dont j'étais.
      Ceci écrit, j'ai à être vigilant comme me l'a dit le dernier psy. avec lequel j'ai eu privilèges de travailler...être vigilant quant aux façons dont j'assumerai ce cadeau de liberté(s).
      Comment ici conclure autrement qu'en disant merci à tout ce qui m'a permis et permet d'être...ici et maintenant. Dans 5 minutes...je verrai.
      Mes respects,
      Gaston Bourdages

    • Marc Pelletier - Abonné 12 janvier 2020 11 h 16

      @ M. Alain Béchard,

      Le vide existentiel est apparu depuis peu dans notre société, n'est-ce pas ?

      Comment peut-on expliquer que nos ancêtres qui nous ont précédé, ici au Québec, pendant près de quatre cents ans, et qui ont vécu dans des conditions misérables et souvent en situation de survie, ont pu éviter ce vide existentiel ?

    • Marc Pelletier - Abonné 12 janvier 2020 16 h 02

      Bonjour à toutes et à tous,

      À moins d'être dans le champs, je ne connais pas de religions monothéistes qui ont été " créées " dans le but d'envahir des pays, dans le but de tuer ou encore dans d'autres buts maléfiques.

      Mais l'hommerie étant gravé à des degrés divers en chacun de nous, l'appétit du pouvoir chez plusieurs représentants de ces religions a contribué à fixer d'autres objectifs beaucoup moins louables.
      Le " Crois ou meurt ", en vogue durant les inquisitions, en est un exemple parmi tant d'autres et le " Hors de l'Église, point de salut " en est une autre illustration, tout comme les croisades.

      Mais en terme d'horreur, je ne crois pas que les Staline, Hitler et Mao aient eu besoin de " leurs religions " pour tuer des millions de personnes à travers le monde.

      Et c'est là où doit se mettre en marche notre esprit critique : je crois que présentement, en ce qui concerne les religions, plusieurs québécois sont portés facilement à " jeter le bébé avec l'eau du bain " sans trop de discernement. Toutes les idéologies pleines de certitudes, qu'elles soient d'origines politiques ou religieuses, ne nous permettent pas d'avancer dans ce débat.

      Malgré toutes les erreurs humaines commises, les religions ont apporté beaucoup de positif à travers ce vaste monde et quantité d'humains en ont profité toute leur vie durant, ici comme ailleurs.

      L'athéisme semble prendre le pas sur les religions, au Québec : je ne tiens pas de haut cris face à ce constat, mais je demeure toutefois en attente de ses effets positifs. Cependant, vous pouvez constater, tout comme moi, que l'athéisme n'apparaît pas comme un antidote au vide existentiel qui est en croissance.

      N'ayant pas de parti-pris inébranlable, vos commentaires seront tous bienvenus.

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 11 janvier 2020 06 h 45

    … personne !?!

    « L’abolition annoncée du programme Éthique et culture religieuse constitue une éclatante victoire de l’athéisme militant québécois et de ses propagandistes. (…) Forcément, la religion, même dans une perspective culturelle, n’a pas sa place à l’école » (Jean-Pierre Proulx, journaliste et professeur retraité)

    Bien sûr que certes, mais ce « hic » :

    Autrefois au Québec, précisément au temps des Duplessis-Léger ou pendant que l’Église et l’État visaient des « objectifs de Société religieux » similaires, le Catéchisme nous informait que D.ieu était partout, sauf au Québec (ex. : Histoire de l’Enfance de Duplessis-Léger) !

    De ce jour là où la « laïcité », soutenu par le PdL 40, la Loi 21 et autres, domine sur les esprits et les corps, on-dirait que la question dudit Catéchisme (Où est D.ieu ?), refaisant sur-face, nous ré-informe que D.ieu serait partout, sauf, en-corps une fois ?!?, au Québec !

    De ce « hic », que retenir ?

    Tout en sachant que la « Laïcité » pourrait devenir une quelconque « Religion-d’État », l’abolition éventuelle do programme ÉCR, d’inspiration-orientation laïco-chrétiennes ?!, relève moins de l’athéisme que d’une philosophie socio-politique a-religieuse, typique des Lumières !

    Quant à D.ieu, tout le Monde sait son existence, sauf …

    … personne !?! - 11 jan 2020 -

    • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 11 janvier 2020 11 h 00

      De « soutenu » et de « do programme », lire, plutôt, « soutenue » et « du programme » (Mes excuses)

  • Bernard Terreault - Abonné 11 janvier 2020 07 h 15

    Plutôt d'accord

    pour le remplacement de ce cours. Il était ridiculisé par les élèves eux-mêmes. Le sujet est trop délicat et certaines valeurs de certaines religions s'opposent clairement aux valeurs de notre société démocratique. Comment les enseignants peuvent-ils en parler sans être critiqués soit par les uns, soit par les autres ?

    • Martin Dubreuil - Abonné 11 janvier 2020 12 h 34

      Combien d'élèves, quels élèves ridiculisaient le cours? Était-ce assez représentatif? Certains élèves ridiculisent aussi leurs autres cours, faudrait-il les abolir pour autant? De plus, en tant qu'enseignant d'ECR au secondaire, je puis vous dire que oui, les sujets sont délicats, c'est ce qui rend ce cours si intéressant; enfin un autre cours où on peut parler des «vraies affaires». Vous avez raison, certaines valeurs des religions s'opposent aux valeurs de notre société, mais on le dit, on les critique, puisque ces valeurs dites québécoises sont le fondement de notre démocratie. L'esprit critique est au coeur d'ECR, on ne se gêne donc pas pour réfléchir et remettre en question des pratiques ou des règles qui vont à l'encontre de nos valeurs fondamentales. Cordialement.

  • Jean Lacoursière - Abonné 11 janvier 2020 07 h 31

    Jean-Pierre Proulx écrit :


    « Un volet méconnu du projet de loi 40 (sur la transformation des commissions scolaires) propose ainsi d’abolir le droit des élèves à "des services d’animation spirituelle et communautaire". »

    Le droit des élèves... à des services d'animation... spirituelle... et... communautaire.

    Sérieux ?

    Il y a quelque-chose de révélateur dans le fait qu'il n'a pas écrit « des services d'animaton spirituelle » tout court, sans le mot communautaire. Il faut adoucir la pilule.

    Un « service d'animation spirituelle », on sait suffisamment ce que ça veut dire pour juger que ça n'a pas sa place à l'école.

    Que signifie « animation communautaire » ? C'est quoi, de « l'animation communautaire », dans une école publique ?

    Au secours !!!

    • Marc Levesque - Abonné 11 janvier 2020 12 h 27

      "C'est quoi, de « l'animation communautaire », dans une école publique ?"

      Selon le ministère de l'Éducation c'est l'animation qui favorise : "Une contribution de l’individu à la vie collective fondée sur la reconnaissance de la valeur et de la dignité des personnes et orientée vers la construction d’une société plus harmonieuse et plus solidaire."

    • Martin Dubreuil - Abonné 11 janvier 2020 12 h 40

      Que signifie « animation communautaire » ? C'est quoi, de « l'animation communautaire », dans une école publique ?

      En fait, sachez que la fonction de ces personnes est: animateur.trice à la vie spirituelle et à l'engagement communautaire.

      Cela signifie qu'on sensibilise les élèves à ... l'autre en les invitant à s'engager dans leur communauté. En allant parler à des personnes âgées du quartier, par exemple. Tout simplement. Il n'y a pas d'animation communautaire comme vous semblez le croire.

      Cordialement.

    • Jean Lacoursière - Abonné 11 janvier 2020 17 h 12

      MM. Barré-Lévesque et Dubreuil,

      Merci de la clarification. L'expression « droit des élèves à un service d'animation communautaire » me semble vraiment mal choisie.

      Cette « animation communautaire » pourrait très bien exister sans qu'elle soit dans le même panier que « l'animation spirituelle ».

      JL