Des «extras» qui inquiètent à la commission scolaire English-Montréal

<p>Les élus scolaires dénoncent depuis plusieurs années le problème des «extras», des sommes aditionnelles investies dans la réfection des établissements.</p>
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Les élus scolaires dénoncent depuis plusieurs années le problème des «extras», des sommes aditionnelles investies dans la réfection des établissements.

La présidente et les commissaires de la commission scolaire English-Montréal s’inquiètent des trop nombreux « extras » qui sont accordés par l’administration pour les travaux de réfection effectués dans les écoles anglophones et réclament une révision du processus pour s’assurer d’y mettre un terme. Ces derniers étaient d’autant plus furieux qu’ils ont récemment été appelés à voter sur des dépenses qui avaient déjà été engagées.

« C’est sûr qu’on est toujours inquiets quand il y a des changements comme ça [dans le prix des contrats], concède la présidente de la commission scolaire English-Montréal, Angela Mancini, en entrevue au Devoir. Je ne suis pas confortable [avec le fait] que ça continue et qu’on engage des sommes d’argent avant même d’en discuter. On va donner le bénéfice du doute [aux administrateurs de la commission scolaire], mais nous envoyons un message clair : il faut revoir le processus pour s’assurer qu’on n’a pas ce type de changements-là. Il y a des choses à revoir en interne, on gère quand même de l’argent public !  »

Cette dernière faisait échos aux nombreuses récriminations des commissaires — tant ceux de son parti et ceux de l’opposition — qui ont été faites publiquement lors de la dernière rencontre du conseil des commissaires, à la fin du mois d’octobre.

« Les extras devraient être l’exception et non la règle », a dénoncé le commissaire Rosario Ortona. « Nous avons l’obligation d’accepter la soumission la plus basse, mais à la fin du projet, avec tous les extras qui sont accordés, peut-être que le deuxième ou même le troisième soumissionnaire aurait été moins cher », a ajouté sa collègue, Patricia R. Lattanzio.

Un problème qui perdure

Cela fait des années que le problème des extras est dénoncé par les élus scolaires. « Nous avons eu des discussions ad nauseam sur les extras au cours des dernières années, a soutenu le commissaire Julien Feldman. C’est quoi le problème ? Est-ce que ce sont les entrepreneurs qui demandent toujours plus d’argent, de l’argent qui provient des contribuables, ou bien est-ce qu’ils sont incapables de faire une estimation juste dès le départ ? »

Questionné de toutes parts, le directeur général adjoint, Angelo Marino, a défendu son administration. « Nous faisons tout notre possible pour éviter les modifications dans les soumissions, mais parfois, c’est tout simplement impossible […] Parfois, il faut démolir un mur pour découvrir ce qu’il y a derrière. » Ce dernier s’est tout de même engagé à présenter aux commissaires une nouvelle façon de procéder pour l’octroi d’extras.

Des extras de 44%

Par la loi, les commissaires doivent approuver tout dépassement de coût d’une valeur de plus de 10 % du budget total du projet. Au dernier conseil des commissaires, ces derniers étaient appelés à voter sur une série de modifications qui leur était présentée par la direction pour divers travaux, dont l’asphaltage d’une cour de récréation et d’un stationnement, des travaux de maçonnerie, la réfection de salles de bains et le remplacement de fontaines d’eau. On parle de contrats allant de quelques dizaines à quelques centaines de milliers de dollars. Dans l’un des cas, il s’agissait d’une hausse des coûts de 44 %, soit 70 000 $ sur un projet initial de 160 000 $. Dans un autre cas, il s’agissait du quatrième extra pour le même projet.

« Ce ne sont pas tant les montants en soi qui me troublent, mais la quantité, a déploré le commissaire James Kromida. Comment pouvez-vous avoir quatre modifications sur un contrat ? Je peux comprendre un ou peut-être mêmes deux, mais à un moment donné, il faut dire : c’est assez. »

Plusieurs commissaires ont annoncé leur volonté de voter contre la résolution visant à approuver tous ces extras, mais ces derniers ont reçu une véritable douche froide en apprenant que les dépenses avaient déjà été engagées pendant l’été.

« Ceci est encore plus troublant que de voir que le processus d’évaluation des coûts ne fonctionne pas, s’est insurgé le commissaire Rosario Ortona. Vous me demandez de voter, mais je n’ai pas de choix. »

« Cela me rend très inconfortable, a renchéri le commissaire-parent Andrew Ross. C’est le rôle des élus autour de cette table d’autoriser des dépenses avant qu’elles ne surviennent, et non pas après. C’est un rôle fondamental qu’on ne peut pas remplir en ce moment. Ceci n’est pas correct. »


 
1 commentaire
  • Bernard Terreault - Abonné 16 novembre 2016 08 h 32

    Tiens, il s'y passe quelque chose

    On ne lit à peu près jamais rien sur la "communauté" (faute d'autre mot) anglophone et ses institutions. Est-ce qu'il n'y se passe rien, que tout y baigne dans l'huile, ou qu'on n'en parle que dans les médias anglophones?