Stagiaires étrangers au Canada: la France veut discuter

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Ottawa envoie un message de fermeture aux jeunes Français en resserrant les critères d’entrée pour les stages en sol canadien, dénonce un représentant de Paris.

Frédéric Lefebvre, député des Français à l’étranger, appelle à l’ouverture d’une négociation bilatérale entre les deux pays, assurant que le gouvernement de la France « veut engager des discussions ».

Sa demande s’ajoute à celle déjà formulée par le gouvernement du Québec dans la foulée des changements apportés au Programme de mobilité internationale (PMI) le 21 février dernier.

Souhaitant accorder la priorité aux Canadiens qui sont à la recherche d’un stage ou d’un emploi, Ottawa oblige dorénavant les employeurs du pays à payer des frais de 230 $ par stagiaire étranger.

Selon M. Lefebvre, ces nouvelles dispositions préoccupent les entreprises qui veulent offrir à de jeunes Français la chance d’acquérir une expérience de travail au Canada et l’occasion de partager leur expertise dans des secteurs où celle-ci est reconnue, comme la gastronomie ou l’ingénierie.

Il accuse Ottawa d’envoyer des signaux contradictoires en imposant ces contraintes tout en vantant l’accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne.

Le gouvernement québécois partage les préoccupations du député chargé de défendre les intérêts des citoyens français au Canada et aux États-Unis.

Les ministres Kathleen Weil et Christine St-Pierre, respectivement à l’Immigration et aux Relations internationales, ont écrit le 26 mars dernier au ministre fédéral de l’Immigration, Chris Alexander, pour lui demander des explications.

Les attachés de presse des deux ministres québécoises ont indiqué vendredi que celles-ci n’avaient toujours pas eu de réponse de la part de M. Alexander.

Ce dernier n’était pas disponible pour répondre aux questions de La Presse canadienne vendredi, a indiqué son attaché de presse, Kevin Ménard.

L’ambassade du Canada en France a tenté de rassurer Frédéric Lefebvre en lui écrivant sur Twitter qu’« en 2015, le nombre de visas de stages reste inchangé et identique à 2014 : 4800 ».

Ce à quoi le député a répondu que « les entreprises canadiennes devront démontrer qu’elles n’ont pas de [stagiaires] canadiens avant de prendre un stagiaire français ».