Aide financière: la FECQ et la FEUQ veulent mettre sur la glace les offres de Charest

La présidente de la FECQ, Éliane Laberge, avec Martine Desjardins, de la FEUQ.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La présidente de la FECQ, Éliane Laberge, avec Martine Desjardins, de la FEUQ.

Contrairement à ce qu’a affirmé la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) jeudi, la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) ne croient pas qu’il serait heureux pour les étudiants de maintenir l'offre de bonification de l’aide financière aux études formulée par le gouvernement Charest.

En entrevue au Devoir, la présidente de la FECQ Éliane Laberge a rappelé que la bonification des prêts et bourses du gouvernement libéral avait été proposée dans l’urgence en juin dernier pour mettre un baume sur la plaie béante du conflit étudiant.

«Le seuil de contribution parentale qui passerait de 35 000$ à 45 000$ avec cette bonification est une excellente modification à l'aide financière aux études. Mais c'est aux détails des autres modifications qu'il faut faire attention. Il faut évaluer l’impact que ça aurait sur le portefeuille des étudiants pour ne pas encore plus les endetter», a soutenu Mme Laberge.

De l’avis de la FECQ, il faut laisser sur la glace cette offre du gouvernement Charest pour l’étudier plus en profondeur lors d'un sommet sur l'éducation devant s’amorcer rapidement avec la nouvelle première ministre élue Pauline Marois et d'autres acteurs du système de l'éducation.

«Il faut comprendre que l'aide financière aux études est un système très complexe. Il faudrait le revoir pour diminuer le nombre de prêts et bonifier les bourses. Au cours de ses mandats, le gouvernement de Jean Charest a relevé le plafond des prêts à trois reprises plutôt que de bonifier les bourses. Pour nous, ce n’est pas souhaitable», a déclaré Éliane Laberge.

Avant de rencontrer la chef du Parti québécois Pauline Marois, les trois grandes organisations étudiantes — la FECQ, la FEUQ et la CLASSE— doivent se rencontrer pour mettre clairement sur papier les demandes et aspirations de leurs membres afin de bien les présenter au gouvernement et de s’assurer que le sommet sur l'éducation soit efficace.

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NDLR: Ce texte a été modifié après sa mise en ligne pour apporter une précision.

3 commentaires
  • Guy Fortin - Inscrit 7 septembre 2012 19 h 58

    Le beurre et l'argent du beurre

    Je ne sais pas dans quel monde cette belle jeunesse vit, mais je me doute qu'elle n'a pas encore compris que, ici-bas, on ne peut avoir le beurre et l'argent du beurre.

    Par ailleurs, il faudra bien que ces jeunes gens comprennent une bonne fois que ce qui est gratuit a un prix, aussi bizarre que cela puisse paraître. Hors, moi, ça fait des années que je paie des services publics pour la collectivité. J'en ai soupé de payer pour les autres et je ne suis pas intéressé à ce qu'on me transferre la facture de cette belle jeunesse alors que j'en assume plus de 80 % de cette facture de frais universitaires. La faible part que cette jeunesse a à assumer ne doit pas m'être transférée sous prétexte d'une plus grande justice sociale.

    • Jean Côté - Inscrit 8 septembre 2012 13 h 57

      On exige le beurre, l'argent du beurre, le pain, le couteau à beurre et le reste du service, l'assiette et le reste de l'ensemble plus le vaisselier, la nappe, la table et les chaises...

  • Catherine Paquet - Abonnée 7 septembre 2012 21 h 29

    Négociations du Québec avec les étudiants.

    Bien naïf serait celui qui croirait que les centrales étudiantes se présenteront au Forum de Mme Marois avec une position commune. À moins bien tendu que la FEUQ et la FECQ n'abandonnent leurs positions pour adopter avec plus ou moins de grâce les positions imposées pas la CLASSE, comme cela s'est produit dans les négociations avec le gouvernement précédent.