Front commun des étudiants contre le gouvernement

Malgré le congé du Vendredi saint, les étudiants n'ont pas fait relâche. Dans Outremont, certains ont notamment parcouru un «chemin de croix de l'éducation», s'arrêtant à la résidence et au bureau de circonscription du ministre des Finances, Raymond Bachand.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Malgré le congé du Vendredi saint, les étudiants n'ont pas fait relâche. Dans Outremont, certains ont notamment parcouru un «chemin de croix de l'éducation», s'arrêtant à la résidence et au bureau de circonscription du ministre des Finances, Raymond Bachand.

Déterminés, les étudiants le sont. Et plus unis que jamais, ont-ils voulu démontrer hier dans un point de presse qui a réuni les trois organisations étudiantes, fait rare depuis le début du mouvement de grève. «Les propositions faites hier par la ministre, c'était pour diviser le mouvement et discréditer les leaders étudiants. Alors aujourd'hui, on répond en force. On a consulté nos associations et tout le monde a répondu "présent"», a dit Martine Desjardins de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), en ajoutant que «le petit jeu» de la ministre n'a pas fonctionné.

Même la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), parfois qualifiée de coalition «radicale» qui préfère faire cavalier seul, a adopté une résolution pour refuser de négocier si l'ensemble des organisations ne sont pas présentes. Ainsi, les événements de 2005, où la CLASSE (la CASSEE à l'époque) avait été écartée des discussions avec le gouvernement, ne se répéteront pas. «La seule chose qui va se répéter, c'est qu'on va assister à un recul du gouvernement», a déclaré Gabriel Nadeau-Dubois, coporte-parole de la CLASSE.

Tout comme ils l'avaient fait spontanément au moment de l'annonce jeudi, les étudiants ont à nouveau rejeté la proposition de la ministre de bonifier le régime des prêts et bourses, notamment en instaurant un système de remboursement des prêts proportionnel au revenu. «C'est important de rencontrer la ministre pour lui expliquer à quel point l'annonce qu'elle a faite ne convient pas. L'endettement étudiant n'est pas une solution à l'accessibilité aux études et c'est avec un vrai dialogue qu'on va mettre fin au conflit», a dit Léo Bureau-Blouin, le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ).

«104 000 $ de l'heure»

Les quelque 175 000 étudiants en grève ont perdu, ces derniers jours, l'appui de certains établissements, dont le cégep de Rimouski et celui d'Alma. Pourtant, ils refusent de voir un essoufflement du mouvement. «Qu'on soit 175 000 ou 190 000 en grève, on est quand même au coeur de la plus grande grève de l'histoire du mouvement étudiant au Québec», a rappelé M. Nadeau-Dubois.

La session est-elle en péril? Non, répond Mme Desjardins. «Avoir deux cohortes sur les bancs d'école, physiquement et économiquement, c'est peu probable, a-t-elle soutenu. La pression est là. Des recteurs m'ont dit qu'ils avaient fait des appels au cabinet de la ministre pour lui dire de revenir sur sa décision parce que les coûts sont [grands].»

D'après un calcul prudent fait par la FEUQ, la grève aurait coûté à ce jour environ 95 millions en salaires versés inutilement et 25 millions en effectifs policiers à travers la province, pour un total de 120 millions. «C'est 104 000 $ de l'heure!», a lancé Mme Desjardins.

Malgré le congé du Vendredi saint, les étudiants n'ont pas fait relâche. Dans Outremont, certains ont notamment parcouru un «chemin de croix de l'éducation», s'arrêtant à la résidence et au bureau de circonscription du ministre des Finances, Raymond Bachand.

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Avec La Presse canadienne
74 commentaires
  • Marcel Bernier - Inscrit 7 avril 2012 01 h 54

    Une détermination sans faille...

    Voilà le secret de la réussite d'une revendication, en soi, légitime et reposant sur une soif de justice sociale.
    Comme citoyen, je suis fier de cette génération montante qui se laissera de moins en moins emberlificoter par des discours creux et trompeurs, ayant vécue un processus d'émancipation collective.

    • Roland Berger - Inscrit 7 avril 2012 10 h 06

      Puisse-t-il cette admirable détermination s'incruster dans l'imaginaire des Québécois quand viendra le moment de se donner un pays bien à eux.
      Roland Berger

  • Claude Simard - Inscrit 7 avril 2012 02 h 14

    AnalphaNET

    Pourquoi y a-t-il seulement 408 personnes qui ont regarder ce vidéo si percutant sur lla hausse ;

    http://www.youtube.com/watch?v=21L5todTGWo&fea

    et 268 270 ce vidéo relié au même sujet ;

    http://www.youtube.com/watch?v=DaYgl-QxiyI&fea,


    Comme disait un de mes amis en socio-politique à l'UQAM; - '' C'est pas par ce qu'on a envoyé un télescope intelligentt dans l'espace du nom de HUBBLE que l'on devient subitement plus HUMBLE .

    • Antoine Doyon - Inscrit 7 avril 2012 10 h 26

      Très amusant comme mauvaise foi. Comparé un vidéo d'un blogueur connu qui commente toutes sortes de sujet et qui lance des généralités à un des millers de vidéos contre la hausse en prenant en plus comme exemple le moins populaire de la gang.

    • Mathieu Bouchard - Inscrit 7 avril 2012 11 h 26

      Si tu y crois, fais plus de pub pour le clip le moins populaire. C'est ce que je suis en train de faire.

      L'état naturel des choses c'est que les gens soient attirées par les performances sensationnalistes comme l'espèce de lutteur de la WWE qui est dans son personnage, dans ton 2ième clip. Pour apprécier le 1er clip, ça prend justement une éducation au sens critique.

      Alors en premier lieu, pour apprécier le 1er clip, il faut avoir développé ce sens critique dont parle le 1er clip ; et ensuite, la différence entre les réactions aux deux clips sont très grandement amplifiées par le bouche-à-oreille et la bébelle de recommandations de Google-Youtube qui part du principe « plus c'est connu, plus on le fait connaître », une sorte de réaction en chaîne très explosive.

      Pour vous consoler, le nombre de vues inclut aussi tous les gens qui ont pas enduré le clip jusqu'à la fin, mais ça, Google-Youtube te le dira pas. Et on voit qu'il y a environ le tiers qui disent pas aimer, vs aimer ; ça aussi, c'est biaisé, parce qu'à force d'utiliser Youtube, on se doute bien que les gens qui aiment pas quelque chose aiment moins voter que les gens qui aiment. Donc, 35 % de « n'aiment pas », ça veut habituellement dire qu'une grosse majorité désapprouve !

  • Yves Claudé - Inscrit 7 avril 2012 02 h 47

    Unité et solidarité / Répression ou compromis ? (1)


    Dans le tournant décisif de ces prochains jours, plus que jamais, les mots unité, solidarité et responsabilité, devront prendre des formes concrètes, vivantes, variées et imaginatives, au sein du mouvement étudiant, mais aussi dans la population qui doit être consciente de ce que pourrait signifier la victoire ou la défaite d’une partie significative de la jeunesse du Québec.

    La “carotte et le bâton”…

    Si le pouvoir personnifié par Monsieur Charest et ses acolytes a tendu la main au mouvement étudiant, on a pu constater que la carotte offerte, sous forme de promesse d’endettement, était plutôt avariée. Il n’est pas besoin, d’autre part, d’être grand stratège pour deviner ce que tient l’autre main… ! À la faveur de ce qu’il considère comme un appui dans l’“opinon publique”, le «garnement» (selon le détournement textuel de Sol…) ne s’est certainement pas abstenu d’élaborer divers scénarios que d’aucuns pourraient sans doute qualifier de “répressifs”, voire de “machiavéliques”. C’est ce dont un certain Victor Serge prévenait ceux et celles qui d’aventure décident d’affronter le pouvoir, dans son classique «Ce que tout révolutionnaire doit savoir de la répression» (1925).

    * suite dans: Unité et solidarité / Répression ou compromis ? (2)

    Yves Claudé

  • Yves Claudé - Inscrit 7 avril 2012 02 h 48

    Unité et solidarité / Répression ou compromis ? (2)

    Que l’on se rassure, il ne s’agit pas, comme en 1970, et selon une autre expression du même délinquant textuel, de récidiver avec les “mesures de naguère”… Mais il faut quand même s’attendre à ce que les policiers soient contraints de faire des heures supplémentaires, et que d’autre part, avocats et juges à la solde du pouvoir soient mis à contribution dans une opération de “retour à la normale”. Nul doute que le scénario d’Alma ne soit l’objet d’une planification juridico-politique visant à sa généralisation à l’échelle de la province, opération dans laquelle les enseignants risquent fort d’être les otages d’un décret, voire d’une loi spéciale que l’on pourrait d’avance qualifier d’inique.

    Face à des scénarios fort malvenus, mais néanmoins probables, les acteurs de l’institution scolaire, directions, cadres, enseignants, employés … et étudiants, auraient à prendre position d’une manière à la fois éthique et pratique … Les autres citoyens ne manqueraient pas d’être également interpellés. Quant aux divers agents de l’État, éventuellement conscrits dans une stratégie répressive gouvernementale, ils ne seraient pas en mesure d’écarter de leur conscience la question de la légitimité du détournement politique de leur fonction.

    Le gouvernement aurait-il, malgré tout, dans ses “cartons”, une véritable solution de compromis permettant de résoudre le conflit actuel ?

    Yves Claudé

    • Roland Berger - Inscrit 7 avril 2012 10 h 08

      Le gouvernement aurait-il, malgré tout, dans ses “cartons”, une véritable solution de compromis permettant de résoudre le conflit actuel ?
      Yves Claudé

      Ce gouvernement n'a pas le contrôle de ses « cartons ». On lui a dit de mettre les étudiants à genoux pour restreindre les études universitaires aux enfants des nantis.
      Roland Berger

    • Solange Bolduc - Inscrite 7 avril 2012 10 h 11

      Il me semble bien que si le Gouvernement possédait une véritable solution de compromis qu'il l'aurait annoncé avant que la situation ne se dégrade davantage. Ce qu'il cherche, je crois, c'est de mettre les jeunes à leur place : la place des étudiants c'est d'étudier, celle du gouvernement c'est de gouverner. Les étudiants n'ont qu'à bien se tenir: obéir!

      C'est ça la démocratie du gouvernement Charest...et avec la place qu'il accorde au juridique dans le débat et l'argent qu'il met dans le temps payé aux policiers, il croit pouvoir gagner son pari de les remettre à leur place.

      Autoritarisme quand tu nous gouvernes, tu tentes de détruire l'enthousiasme et les idées d'une jeunesse qui sait s'exprimer. Mais tu ne veux pas l'écouter, c'est toi le bosse ! Et quel bosse destructeur de la beauté de notre monde : les jeunes ! Leur effervescence est belle à voir!

  • arabe - Inscrit 7 avril 2012 04 h 37

    237 000 étudiants du collégial et de l'université sont en classe, en train d'étudier.

    Il est là, en classe, le véritable front commun. Il y a 417 000 étudiants au collégial et à l'université au Québec. 180 000 boycottent leurs cours et 237 000 ne les boycottent PAS.

    Il commence à être temps de cesser de parler de "LES étudiants" pour décrire les boycotteurs, non?

    • Wah wah - Inscrite 7 avril 2012 10 h 12

      Bonjour Olivier,

      malheureusement nous ne pouvons faire une conclusion si réductrice: Il y a des étudiants faisant parti des associations en grève qui ont voté contre la grève... mais l'inverse existe aussi!
      Des 237 000 étudiants qui sont en cours, il y en a qui ont voté pour la grève, croyant que la hause était une mauvaise décision du gouvenement. Ils sont cependant obligés d'aller en cours malgré leur position (et de faire parti de ces chiffres réducteurs)

      Alors sait-on vaiment où se situe la majorité idéologique?

      Un mouvement qui s'essoufle si peu montre bien la force, les convicions et la solidarité qui l'habite. Vous ne croyez pas?

      À votre question, je répond qu'il est vrai qu'il serait temps de cesser de parler "des étudiants'. Nous devrions dire des citoyens. Premièrement parce qu'ils en sont, mais aussi parce que des citoyens travailleurs les appuis dans leur boycott/grève/revendicatons tel que moi-même et bien d'autres.

    • Antoine Doyon - Inscrit 7 avril 2012 10 h 37

      C'est une grève au même titre qu'une grève de la faim n'est pas un boycottage d'aliment. Ce serait un boycottage si massivement les étudiants ne s'étaient pas inscrits à l'université. Toutefois, c'est une grève de leur rôle d'étudiants et la preuve c'est que ça dérange drôlement les administrations et le gouvernement. D'autres parts, même si une majorité des étudiants sont en classe, il faut comprendre que dans aucune grève de l'histoire la majorité des étudiants étaient en grève.Considérant que le 22 mars 75% des étudiants étaient en grève, que 95% des associations étudiantes ont une position contre la hausse, que le calcul des 417 000 inclu les étudiants à distance et que le cégep d'Alma s'empressera de retourner en grève dès que l'injonction provisoire tombera. J'affirme que l'ont peut très facilement parler des étudiants..

    • Lagace Jean - Inscrit 7 avril 2012 10 h 44

      La politique spectacle. 237 000 étudiants qui étudient, c'est de la routine. C'est plate! Mais 2000 porteurs de pancartes qui gesticulent dans les rues et bloquent la circulation, alors ça, c'est amusant. Et s'ils riculisent le premier ministre en plus, alors là, ça devient un combat et qui sait, peut être que ça va laisser des écorchures chez les gestionnaires. La forme et le fond. Tout va à la forme. Le fond, réduit à gratuité et gel. Toute tentative pour sortir de ce catéchisme sera dénonçé comme une dérive servile au pouvoir. Le pouvoir qui est l'ennemi ici. Pourquoi est-ce comme ça quand, pourtant, nous vivons dans un régime envié, je ne sais pas. Pourquoi cette complaisance idiote des médias à l'endroit de ce qui n'est rien d'autre qu'une dictature de la pensée, je ne sais pas non plus.

    • Michel Simard - Inscrit 7 avril 2012 10 h 53

      Si je comprends bien M. Barnville, si les étudiants contestataires réusissent à, à tout le moins, atténuer cette hausse de 75% en 5 ans, les étudiants qui sont actuellement assis sur leur derrière à réciter ce que l'enseignant leur dit, plutôt que d'être debout, bénéficieront eux aussi d'une hausse atténuée ou de pas de hausse du tout. À moins que vous ne proposiez qu'ils la subissent et que ceux qui se tiennent debout en soient exemptés. Tant qu'à être dans l'individualisme à outrance. Mais ce comportement, M. Barnville, a un nom. Il s'appelle la lâcheté. Et quand tous bénéficient de quelque chose, on appelle ça une grève, pas un boycott. Ainsi, je boycotte la Presse et toutes les sociétés de Power Coproation et Power Financière.

      Par ailleurs, il est évident que l'extrême-droite du Parti de la destruction du Québec (QLP) a téléguidé ses blogueurs pour désinformer la population. La décision de Jean Charest va contribuer à la réduction de la fréquentation universitaire de la future population active du Québec, au déclin de notre économie et à l'augmentation de la dette du Québec. God bless the British Empire.

    • Minimarco - Inscrit 7 avril 2012 10 h 59



      Il y a aussi ceux que comme moi, voudraient les boycotter, mais qui doivent respecter la démocratie. Dans mon établissement de plus de 6000 étudiants la grève n'a pas eu sa place, mais on est plus de mille étudiants à s'être prononcés en faveur de la grève.
      Il est facile, de généraliser mon ami, d’utiliser la démagogie, comme le fait le gouvernement Charest d’ailleurs, de se servir des préjugés ( boycotteurs ) et de soulever les gens en faisant appel à leurs pulsions, leurs sentiments et leurs préjugés, non à la raison.