Un an d'attente avant de toucher sa bourse

Les étudiants en deuxième année de médecine qui ont entrepris de faire une demande de prêts et bourses ont eu une mauvaise surprise: il leur faudra attendre encore un an avant d'y avoir pleinement accès. Cette situation, qui concerne les étudiants qui sont dans un programme comprenant une année préparatoire obligatoire (comme ceux en médecine, en médecine dentaire et en optométrie à l'Université de Montréal et certains à McGill), découle d'une nouvelle interprétation du Règlement sur l'aide financière aux études du ministère de l'Éducation.

Il faut qu'un étudiant détienne 90 crédits d'un même programme pour que le revenu de ses parents ne soit plus considéré dans le calcul de l'aide financière et que celui-ci puisse toucher des montants substantiels en prêts et bourses. Or, depuis le début de l'année scolaire, l'année préparatoire (environ 30 crédits) n'est plus prise en compte dans le calcul. Un étudiant en médecine doit donc désormais compléter son année préparatoire et trois ans d'études de premier cycle (au lieu de deux) pour être considéré en autonomie parentale.

«Pour une raison X, il semble qu'il ait décidé d'adopter la ligne dure sur l'interprétation du règlement pour économiser de l'argent sur le dos des étudiants», soutient Éric Peters, président de la Fédération médicale étudiante.

Une étudiante en médecine dentaire qui a voulu garder l'anonymat se trouve bien embêtée par cette mesure, ayant un appartement, du transport et 30 000 $ en matériel à payer. «Je ne recevrai rien parce que le revenu de mes parents est compté. Mais même s'ils m'aident, ils ne peuvent pas assumer les 30 000 $ que coûtent mes outils, explique-t-elle. J'ai déjà une marge de crédit et je vais devoir encore emprunter pour une autre année.»

Éric Peters déplore que près de 250 étudiants écopent d'une année supplémentaire d'endettement, alors que ceux-ci sont «deux fois plus endettés que la moyenne québécoise».

À l'Université de Montréal, on s'est également montré préoccupé par la situation. «La faculté de médecine dentaire est très déçue de ça», a dit Jean-Philippe Morneau, le président sortant de l'Association étudiante en médecine dentaire de l'UdeM.

Le problème ne se pose pas dans les facultés de médecine de l'Université de Sherbrooke et de l'Université Laval puisque la formation de premier cycle, qui dure quatre ans, n'a pas d'année préparatoire obligatoire. On a proposé à l'Université de Montréal de changer son curriculum. «Mais ça ne se fait pas en claquant des doigts, a noté M. Morneau. Pour avoir parlé aux doyen et vice-doyen, je sais que c'est dans leurs plans d'intégrer l'année préparatoire au curriculum. Mais ça peut prendre du temps. Et c'est sûr que, dans l'intervalle, ce sont les étudiants qui sont pris en otages.»