Conseil supérieur de l'éducation - L'accès aux bourses d'excellence dénoncé

La majorité des étudiants québécois qui ont de bons dossiers universitaires sont privés des bourses d'excellence octroyées par les organismes subventionnaires. C'est l'un des constats que fait le Conseil supérieur de l'éducation (CSE) dans son plus récent avis publié hier portant sur les formations universitaires aux cycles supérieurs.

Et puisque les situations financières précaires des étudiants sont susceptibles de retarder leur diplomation, voire de les conduire à l'abandon, le CSE recommande l'accroissement du nombre de bourses d'excellence ainsi que l'indexation de leur montant, et ce, dans tous les domaines disciplinaires.

Cette proposition est bien accueillie par le Conseil national des cycles supérieurs de la Fédération étudiante universitaire du Québec (CNCS-FEUQ), qui croit qu'il faut privilégier l'accessibilité à un plus grand nombre d'étudiants, quitte à réduire le montant des bourses. «Les bourses fédérales Banting attribuées au niveau postdoctoral sont des bourses de 70 000 $ par année par étudiant. On serait capable de financer plus de dossiers si on avait des montants moins élevés», a soutenu Laurent Viau, président du CNCS-FEUQ.

Selon le Conseil, les bourses ont tendance à être plus élevées lorsqu'elles proviennent d'organismes canadiens plutôt que québécois. À la maîtrise, toutes catégories confondues, les bourses varient de 15 000 $ à 20 000 $. Au doctorat et au postdoctorat, elles sont respectivement de 20 000 $ à 35 000 $ et au postdoc, de 30 000 $ à 45 000 $, mais jusqu'à 55 000 $ dans le cas d'un stage postdoctoral en médecine.

Mais elles ne sont pas pour tous. Le Conseil a d'ailleurs tiré ses conclusions en se basant notamment sur une enquête réalisée par le CNCS-FEUQ en 2007 et portant sur les sources de financement des étudiants aux cycles supérieurs. Cette étude révèle notamment que la moitié des étudiants de maîtrise et de doctorat sondés disposaient, en 2006, d'un revenu annuel de moins de 11 000 $. Une autre enquête, réalisée cette fois auprès des étudiants du premier cycle, devrait être dévoilée mi-novembre.

Le CSE demande par ailleurs qu'on fasse davantage la promotion des études supérieures à l'intérieur et à l'extérieur du Québec, qu'on valorise le stage postdoctoral et qu'on facilite le passage accéléré de la maîtrise au doctorat. Pour ce faire, le Conseil note qu'il faudra s'assurer de la qualité des programmes courts (par exemple les DESS) et les baliser afin qu'ils correspondent aux exigences des cycles supérieurs.