Rosemont–La Petite-Patrie va certifier les commerces zéro déchet

Laure Caillot et sa fille Éloïse, six ans, font partie d’une famille zéro déchet. Elles se rendent à l’épicerie à vélo et apportent leurs contenants dans un sac qu’elles mettent dans un panier.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Laure Caillot et sa fille Éloïse, six ans, font partie d’une famille zéro déchet. Elles se rendent à l’épicerie à vélo et apportent leurs contenants dans un sac qu’elles mettent dans un panier.

Souhaitant poursuivre la réduction des déchets sur son territoire, Rosemont–La Petite-Patrie désire promouvoir sa vision zéro déchet auprès de ses commerçants. En partenariat avec le Jour de la Terre, l’arrondissement déploiera une certification écoresponsable dès l’hiver 2020.

« L’objectif sera naturellement d’inviter des commerçants qui le voudront à travailler avec des experts du zéro déchet, qui pourront leur donner des trucs, des moyens pour y arriver », résume en entrevue au Devoir le maire de l’arrondissement, François William Croteau. « Il y aura une certification de trois niveaux qui sera accompagnée de cette démarche », illustre-t-il.

Par cette certification, les commerçants pourront être accompagnés dans leur approche visant à réduire leurs déchets, mais également obtenir une visibilité pour leurs actions en ce sens dans le but de promouvoir l’action zéro déchet. « L’objectif va être de mettre en ligne une cartographie des commerces qui sont zéro déchet avec le type de certification qu’ils ont », explique M. Croteau.

« On va prendre une cohorte de 250 magasins », complète le directeur du Jour de la Terre, Pierre Lussier. Le ou les secteurs d’exploitation ne sont pas encore connus, mais le projet ciblera les commerces en vente au détail. « On va aller vers les gens où on peut faire la plus grande différence », annonce-t-il. Trois employés de l’organisation à but non lucratif accompagneront durant environ une douzaine d’heures les commerces désirant se certifier.

Le projet sera financé par une enveloppe budgétaire « d’un peu plus de 100 000 $ » pour la première année, qui a été votée dans le budget de l’arrondissement il y a deux semaines, explique le maire.
 

 

Un accueil favorable

Les associations de commerçants de l’arrondissement accueillent favorablement le projet. Le directeur général de la Société de développement commercial (SDC) de la Plaza St-Hubert, Mike Parente, croit que les entreprises vont accueillir l’initiative avec « ouverture ». « On le voit même avec les commerçants qui sont en train d’ouvrir boutique en ce moment sur la Plaza, qui vont dans ce mouvement-là, de réduire ou d’être le plus zéro déchet possible », constate-t-il.

Même son de cloche chez son homologue de la SDC de la Promenade Masson, Kheir Djaghri. « Il n’y a pas de contrainte, ni d’obligation vis-à-vis des commerçants. C’est plus une reconnaissance vis-à-vis du commerçant qui a un comportement écoresponsable », résume-t-il, qualifiant le projet de « bonne initiative ». « C’est un encouragement pour les commerçants d’emboîter de plus en plus le pas », prédit-il.

Le Défi Zéro déchet

Rosemont–La Petite-Patrie souhaite également élargir son projet-pilote du Défi Zéro déchet, avec 100 foyers supplémentaires. L’an dernier, la première phase du projet a permis à 50 ménages du quartier d’être accompagnés par des expertes du zéro déchet dans une démarche au quotidien durant huit mois.

Le budget de 25 000 $ l’an dernier a également été doublé. « En ce moment, ce n’est pas une question budgétaire, mais une capacité des ressources disponibles pour pouvoir accompagner les familles », explique M. Croteau. L’an dernier, les familles participantes étaient conseillées par trois expertes du zéro déchet — les blogueuses Laure Caillot, Amélie Côté et Mélissa de La Fontaine —, qui reprendront leurs fonctions cette année.

« Au début, il y en a plusieurs qui appréhendaient cela comme quelque chose de très ardu pour se rendre compte que, finalement, ce n’est pas si difficile et qu’il y a beaucoup d’économies à faire », constate M. Croteau. Il ajoute que les ménages participants ont parlé de l’expérience à leur entourage, qui souhaitait également en apprendre plus sur le zéro déchet. « C’est un effet plus large que les 50 familles », dit-il.

Pour Douglas Beeson, qui a participé à la première année du projet-pilote, il s’agit surtout d’un moyen de sensibilisation à la gestion des déchets. « Je vois ça surtout dans une optique éducative et non pas un programme qu’on peut étendre facilement à l’ensemble de la population », nuance-t-il.