Le passeport vaccinal pourrait être demandé à la SAQ et à la SQDC

Le premier ministre François Legault avait déjà fait savoir, le 30 décembre dernier, sa volonté de limiter davantage l’espace public aux personnes non-vaccinées.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le premier ministre François Legault avait déjà fait savoir, le 30 décembre dernier, sa volonté de limiter davantage l’espace public aux personnes non-vaccinées.

La Santé publique a discuté avec le gouvernement de François Legault de la possibilité de fermer les portes des SAQ et des SQDC pour les Québécois majeurs, mais non vaccinés. En fait, l’imposition du passeport vaccinal n’est exclue que dans les lieux de travail et d’éducation.

Mardi, la Direction générale de la santé publique a convenu avoir évalué cette option avec Québec. Depuis que le code QR est arrivé dans la vie des Québécois, il n’a toujours été demandé qu’à l’entrée des commerces non essentiels. Les succursales de la Société québécoise du cannabis (SQDC) et de la Société des alcools du Québec (SAQ) en étaient exclues d’office, en raison de leur statut essentiel aux yeux des autorités.

Mardi, ni la SAQ ni la SQDC n’ont confirmé l’application de la mesure, d’abord évoquée dans les pages du Journal de Montréal, en matinée.

« La SAQ a eu quelques échanges avec le gouvernement à ce sujet, a précisé le porte-parole de la société d’État, Yann Langlais Plante. Si le gouvernement va dans cette direction, nous appliquerons cette mesure sanitaire comme nous l’avons fait avec toutes les autres mesures déployées depuis le début de la pandémie. »

La SQDC, de son côté, demeure avare de commentaires. « Je ne peux rien confirmer ou infirmer concernant l’éventualité où le passeport vaccinal serait imposé dans les succursales de la SQDC », a écrit le porte-parole Fabrice Giguère.

Mais la Direction générale de la santé publique du ministère de la Santé et des Services sociaux a bel et bien été consultée à cet effet. La conseillère médicale stratégique principale Marie-France Raynault l’a soulevé, mardi. « Ces discussions ne sont pas abouties », a-t-elle précisé, évoquant par ailleurs des « enjeux de faisabilité », sans les nommer.

D’après la Dre Raynault, les équipes de santé publique ont « toujours suivi une ligne » quant à l’application du passeport vaccinal dans des secteurs essentiels. « On peut imposer le passeport, du moment que ça ne touche pas au travail et à l’éducation. Quand ça ne s’applique pas là, on peut considérer d’autres applications », a-t-elle dit, mardi, en marge d’une séance d’information technique sur les périodes d’isolement liées à la COVID-19.

« Protéger les non-vaccinés contre eux-mêmes »

Le premier ministre François Legault avait déjà fait savoir, le 30 décembre dernier, sa volonté de limiter davantage l’espace public aux personnes non vaccinées.

« Ce que j’ai demandé à mon équipe, affirmait-il alors, c’est de voir comment on peut élargir l’utilisation du passeport vaccinal. Ça, ça veut dire dans plus de sortes de commerces, dans plus de lieux […] pour protéger les non-vaccinés contre eux-mêmes », soulignait le premier ministre, au moment d’annoncer la fermeture des restaurants et des gyms, des vacances prolongées jusqu’au 17 janvier pour les écoliers et le retour du couvre-feu.

Interrogés au sujet des nouvelles mesures que le gouvernement songe à imposer aux portes des succursales de la SAQ et de la SQDC, les syndicats concernés affirment que le patronat n’en a jamais fait mention auprès d’eux. « Autant le syndicat de la SAQ que celui de la SQDC n’a reçu de communication en ce sens », précise Jason Brochu-Valcourt, conseiller aux communications à la CSN.

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