Choisir l’UQAM parmi toutes les causes philantropiques

Martine Letarte
Collaboration spéciale
«L’éducation a changé ma vie et j’espère pouvoir améliorer les choses pour certains étudiants francophones», raconte Gérard Bélanger, accompagné de sa conjointe, Anne. 
Photo: Jean-Francois Hamelin «L’éducation a changé ma vie et j’espère pouvoir améliorer les choses pour certains étudiants francophones», raconte Gérard Bélanger, accompagné de sa conjointe, Anne. 

Ce texte fait partie du cahier spécial Philanthropie

Lorsqu’on mène une vie épanouissante et qu’on se sent privilégié, il peut venir un temps où on a envie de redonner. Bien des gens se tournent alors vers leur alma mater. Mais la Fondation de l’UQAM peut aussi compter sur des donateurs qui choisissent l’université sans avoir de lien direct avec elle.

Anne et Gérard Bélanger ont commencé à donner à la Fondation de l’UQAM 50 000 $ par année en 2015 pour remettre des bourses de soutien financier à des étudiants dans toutes les facultés.

« Le montant est rendu à 54 000 $ avec l’inflation, alors cette année, nous avons pu donner une bourse de 13 500 $ au doctorat, deux bourses de 6750 $ à la maîtrise et dix bourses de 2700 $ au baccalauréat », se réjouit celui qui a accepté de dévoiler son nom comme donateur pour avoir la chance de rencontrer les étudiants qu’il soutient.

« J’aime lorsqu’ils me parlent d’eux dans les cérémonies pour remercier les donateurs », précise-t-il.

Si les histoires des jeunes qui ont besoin de soutien financier pour poursuivre leurs études universitaires touchent à ce point Gérard Bélanger, c’est parce qu’il a déjà été dans cette situation. Alors qu’il vient d’une « famille assez pauvre », il est bien conscient qu’il a été très chanceux de pouvoir faire des études universitaires.

« Je n’avais pas compris à l’époque, mais c’est vraiment parce qu’il y a eu la réforme scolaire dans le secteur francophone au début des années 1960 que j’ai pu faire le cours classique qui venait de commencer à être offert dans le réseau public, raconte-t-il. Ma famille n’aurait pas eu les moyens de m’envoyer dans une école privée pour le faire. »

Il a ensuite fréquenté le collège Sainte-Marie, devenu quelques années plus tard l’un des établissements fondateurs de l’UQAM. Puis, il est ensuite allé étudier en économie à l’Université Western, en Ontario. Il avait emprunté de l’argent pour financer sa première année de maîtrise, puis il a réussi à obtenir une bourse qui a financé le reste de ses études. Avant même d’avoir terminé sa thèse de doctorat, il a décroché un poste au Fonds monétaire international (FMI), où il s’est pleinement réalisé.

« L’éducation a changé ma vie et j’espère pouvoir améliorer les choses pour certains étudiants francophones qui sont dans une situation semblable à celle où j’étais à leur âge », ajoute celui qui a vécu à Washington et qui a eu la chance de voyager énormément au cours de sa carrière.

Anne et Gérard Bélanger ont décidé en 2001 de faire un don testamentaire à la Fondation de l’UQAM en vue de remettre des bourses de soutien financier. Puis ils ont réalisé en revenant s’installer au Canada qu’ils étaient suffisamment à l’aise financièrement pour commencer à donner de leur vivant.

Soutenir l’excellence et les activités sur le terrain

Si certains soutiennent l’accessibilité, d’autres encouragent l’excellence. C’est ce qu’a choisi Robert Wares, géologue diplômé de l’Université McGill et cofondateur de l’entreprise minière Osisko qui a donné 1 million de dollars à la Fondation de l’UQAM en 2019.

Il a ainsi permis la création du Fonds capitalisé Marie-Victorin pour soutenir et promouvoir la formation au Département des sciences de la Terre et de l’atmosphère. Ce fonds offre des bourses d’excellence allant jusqu’à 5000 $ aux étudiants méritants du département, il soutient l’organisation d’activités sur le terrain au Québec, au Canada et ailleurs dans le monde et permet de développer un laboratoire d’enseignement de la géologie économique.

Mieux faire rayonner l’UQAM

Aller chercher de grands donateurs sans lien direct avec l’UQAM n’est pas une mince tâche. Parfois, il arrive qu’un don individuel suive un don d’entreprise.

« Nous allons régulièrement à la rencontre d’entreprises pour recueillir des fonds et il arrive que la relation de dons avec un dirigeant se développe aussi en parallèle », remarque Michelle Niceforo, directrice générale de la Fondation de l’UQAM.

De grands donateurs peuvent aussi être directement sollicités pour financer un projet qui colle à leurs valeurs. Mais d’une façon ou d’une autre, une chose demeure. « Plus l’UQAM rayonne pour toutes ses réalisations et plus nous mettrons de l’avant des projets intéressants et importants, plus nous arriverons à aller chercher des donateurs sans lien direct avec l’université », ajoute Michelle Niceforo.

L’UQAM a environ 40 000 étudiants par année et, depuis sa création en 1969, elle a un total de plus de 280 000 diplômés. L’École des sciences de la gestion (ESG) de l’UQAM est la plus grande école de gestion francophone au monde, avec 15 000 étudiants. L’UQAM forme aussi 30 % des enseignants au Québec, dont 70 % de ceux à Montréal.

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