Un vent de changement fructueux pour la Fondation de l’UQAM

Martine Letarte
Collaboration spéciale
En 2018, l'établissement a lancé «100 millions d’idées», la plus grande campagne de financement de son histoire.
Photo: UQAM En 2018, l'établissement a lancé «100 millions d’idées», la plus grande campagne de financement de son histoire.

Ce texte fait partie du cahier spécial Philanthropie

Avec un nouveau président à son conseil d’administration et une nouvelle directrice générale, un vent de changement souffle sur la Fondation de l’UQAM. Et les résultats sont au rendez-vous.

Pas moins de 15 millions de dollars de dons ont été confirmés depuis avril, ce qui, ajouté aux fonds déjà récoltés, permet d’atteindre 85 % de l’objectif de 100 millions fixé pour la plus grande campagne de financement de l’histoire de la Fondation de l’UQAM en cours depuis 2018.

Le président-directeur général d’Aéroports de Montréal, Philippe Rainville, a accepté de prendre la présidence du conseil d’administration de la Fondation de l’UQAM en vue d’obtenir des résultats.

« L’embauche de Michelle Niceforo comme directrice générale en janvier a redonné un grand élan au projet d’amasser 100 millions, puis nous avons été agréablement surpris de voir ces 15 millions récoltés en six mois et nous avons bon espoir que nous arriverons à boucler la boucle », affirme Philippe Rainville qui s’est joint au conseil d’administration en avril 2019 pour en devenir président le 30 septembre dernier.

Ce diplômé de l’UQAM en sciences comptables s’engage pour influer sur la capacité d’une université francophone d’aller chercher des dons, étant donné que la tradition philanthropique y est moins développée que du côté anglophone.

« C’est important de développer la philanthropie, parce qu’avec plus d’argent, on devient plus compétitif, affirme-t-il. On peut rehausser le niveau des installations et donner accès à plus d’étudiants à l’université, notamment. »

Pas moins du tiers de l’objectif de 100 millions de dollars ira en bourses pour les étudiants. D’ailleurs, plus de la moitié des étudiants de l’UQAM font partie de la première génération de leur famille qui accède à l’université.

« Tout le monde n’est pas obligé de faire des études universitaires, mais ceux qui ont le goût d’en faire doivent pouvoir aller de l’avant, et c’est ce à quoi servent les bourses d’accessibilité », affirme M. Rainville.

Un travail d’équipe

Même si la mission de la Fondation de l’UQAM résonne auprès des donateurs qui s’intéressent aux questions d’équité, il n’en demeure pas moins qu’à son arrivée en poste, Michelle Niceforo avait le défi d’aller chercher les 30 millions de dollars manquants pour atteindre l’objectif de la campagne de financement. Et cela ne se trouve pas en criant ciseau !

« Je suis dans le domaine de la philanthropie depuis vingt ans, alors c’est certain que j’ai établi au fil des ans des relations avec les donateurs qui, au Québec, forment un bassin assez restreint, indique-t-elle. Il n’y a pas de recette secrète. Il faut bien se préparer pour aller les rencontrer et leur présenter un projet qui colle avec leurs valeurs, leur vision, leur mission. »

C’est avec toute son équipe de 26 employés qu’elle réalise ce travail. « Chacun met tout son cœur et toute son énergie pour réussir à atteindre cet objectif, et nous pouvons compter aussi sur les bénévoles et les membres du conseil d’administration. Le nouveau président est arrivé avec tout son réseau, son talent de gestionnaire et son ambition qui permettent de croire qu’en travaillant ensemble, nous serons encore plus forts et nous pourrons même dépasser notre objectif. »

« C’est certain que mon poste à Aéroports de Montréal peut me permettre d’ouvrir des portes pour rencontrer certains donateurs afin de les convaincre de donner, alors mon rôle est d’accompagner la Fondation de l’UQAM dans ces démarches », affirme M. Rainville.

Miser sur plusieurs types de dons

 

Pour amasser une somme aussi importante, il faut bien sûr aller chercher différents types de dons, auprès des entreprises comme des individus. La communauté de l’UQAM répond aussi présente.

« Les doyens, les professeurs, les chargés de cours, les cadres, le personnel de soutien, les retraités : on sent que tout le monde a à cœur la réussite de la campagne, remarque Mme Niceforo. Ils apportent une belle contribution. »

Elle croit aussi en l’importance des dons planifiés, soit les dons testamentaires et en assurance vie. « C’est l’avenir des fondations, affirme-t-elle. La population est vieillissante, ce n’est pas tout le monde qui a des enfants et il y a beaucoup de possibilités pour prévoir un don à son décès afin d’assurer la pérennité du soutien qu’on apporte aux causes et aux projets qu’on considère comme importants. »

La Fondation de l’UQAM a d’ailleursdepuis plus d’un an Isabelle Sauvageau comme conseillère aux dons planifiés. « Elle revoit toute la façon de faire pour l’améliorer, affirme Mme Niceforo. Mais nous sommes aussi bien conscients que, pour arriver à des dons planifiés, il faut commencer par tisser des liens forts dès nos premiers contacts avec les donateurs. »

Événements-bénéfice

 

Cette année, la Fondation de l’UQAM organise aussi un événement-bénéfice à la fin novembre pour souligner le départ à la retraite de l’ancien président de son conseil d’administration, Jean-Marc Eustache, ex-président et chef de la direction de Transat.

« Comme Transat est un client important d’Aéroports de Montréal, nous avions décidé d’organiser un souper, et Jean-Marc a demandé que ce soit au bénéfice de la Fondation de l’UQAM, explique M. Rainville. Nous fermerons donc une section de l’aéroport pour tenir cet événement sur la jetée Transat. »

Cette idée fera des petits. La Fondation de l’UQAM souhaite maintenant organiser un événement-bénéfice annuel, et M. Rainville en sera le président. « Notre objectif est de faire rayonner un diplômé de l’UQAM qui aura eu une carrière extraordinaire et d’organiser une soirée en son honneur pour amasser des fonds », explique-t-il.

Depuis sa création en 1976, la Fondation de l’UQAM a remis 16 734 bourses. En 2021, alors que la pandémie frappait de plein fouet les étudiants, elle a donné pas moins de 2 millions de dollars.

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