Le coeur philanthrope bat toujours à l’unisson

Rabéa Kabbaj
Collaboration spéciale
Les lauréats des prix de l’Association des professionnels en philanthropie font du palmarès 2021 une cuvée particulièrement éclectique, qui montre bien qu’il n’y a pas un seul profil type du philanthrope.
Image: Getty Images Les lauréats des prix de l’Association des professionnels en philanthropie font du palmarès 2021 une cuvée particulièrement éclectique, qui montre bien qu’il n’y a pas un seul profil type du philanthrope.

Ce texte fait partie du cahier spécial Philanthropie

Comme chaque année, la section québécoise de l’Association des professionnels en philanthropie, l’AFP Québec, remet le 15 novembre ses prix d’excellence. Bénévoles, philanthropes ou encore organisations, de tous âges et de différents horizons, ils sont neuf en tout à voir ainsi célébrer leur implication au sein de différentes causes. Ces lauréats ne sont pas sans forcer l’admiration, tant par leur engagement indéfectible que par leur profonde humilité, et leurs parcours sont aussi et avant tout de vibrants témoignages de ce qu’en 2021, avoir le coeur sur la main n’est pas chose du passé.

« J’ai eu le plaisir d’aller à la rencontre de chacun des lauréats. J’ai trouvé des gens extrêmement engagés et bienveillants. Ils sont très heureux de cette distinction, mais ce ne sont pas des gens qui font ça pour avoir leur nom ou leur logo quelque part. Le fait que cette reconnaissance vienne non seulement de l’organisme qui bénéficie de leur action — et qui donc a soumis leur candidature —, mais aussi d’un jury qui dit “vous êtes inspirant pour notre société québécoise et on tient à vous remercier”, c’estdonc quelque chose de touchant pour eux », souligne Daniel H. Lanteigne, président du CA de l’AFP Québec.

M. Lanteigne reconnaît avoir particulièrement été ému par les parcours des deux plus jeunes lauréats de cette année, soit Léandre Gaucher, 12 ans, et Alexe Gagnon, emportée cet été à l’âge de 18 ans. « Lorsque j’ai rencontré la famille d’Alexe Gagnon, qui a eu le coup de cœur du jury, Alexe était malheureusement déjà décédée un peu plus tôt au mois d’août, des suites d’un cancer des os. C’est fou de voir comment ces jeunes — je pense à Alexe et aussi à Léandre — qui, malgré la maladie, ont décidé de s’impliquer, de faire rayonner les causes et d’amasser des fonds. C’est extrêmement touchant et c’était ça pour moi cette année particulièrement », estime-t-il.

Une cuvée très éclectique

 

De tous âges, de tous horizons et ayant des expériences de vie différentes, les lauréats de cette année font assurément du palmarès 2021 une cuvée particulièrement éclectique, qui montre bien qu’il n’y a pas un seul profil type du philanthrope.

« C’est sûr que si on prend un jeune Léandre, qui a amassé depuis quelques années 25 000 dollars, et qu’on le met en perspective avec un Lino A. Saputo, on est dans deux types d’univers complètement différents. Mais il y a un vecteur commun qui est l’implication et la volonté de faire de notre monde un monde meilleur. C’est pour cela que nous reconnaissons aussi l’implication de nos jeunes philanthropes. On espère qu’ils deviendront peut-être les Lino A. Saputo de demain », confie M. Lanteigne.

À l’inverse, la distinction de philanthropes plus expérimentés et qui, à l’instar du président du conseil et chef de la direction de Saputo inc., s’engagent avec passion, a tout autant sa place, souligne celui qui est par ailleurs consultant principal et directeur du développement des affaires pour Montréal chez BNP Performance philanthropique. « On reconnaît aussi les gens comme Lino qui, au-delà de faire son travail pour son entreprise, a décidé de ne pas juste être un acteur d’affaires. Parce que oui, c’est attendu avec la responsabilité sociale des entreprises de faire des dons et d’être un bon citoyen corporatif. Mais, si je prends l’exemple de Lino, il est allé au-delà de tout cela : il s’est impliqué, il siège à des conseils d’administration, il donne de son temps, de son expertise et de son réseau ; ce qui fait en sorte qu’il a été reconnu comme philanthrope par excellence. Donc, c’est vraiment à la hauteur de la capacité et des moyens de chacun de faire en sorte que son engagement social soit transcendant et inspirant pour notre communauté », analyse Daniel H. Lanteigne.

Une valeur qui continue de fédérer

 

S’il est un constat qu’année après année, ces prix permettent de poser, assure M. Lanteigne, c’est que la philanthropie se porte bien dans la Belle Province. « Notre culture philanthropique québécoise reste toujours intéressante parce qu’elle est probablement l’une des plus solidaires. Est-ce qu’on est les plus grands donateurs au pays ? La réponse n’est pas oui. Mais on est certainement une communauté très impliquée et qui répond rapidement aux urgences. C’est là une grande force. Année après année, à mesure qu’on évalue des candidatures, on voit certainement de l’intérêt, chez les jeunes, à s’impliquer et à devenir philanthropes très tôt dans leur carrière ; mais aussi auprès des deuxièmes et troisièmes générations familiales qui perpétuent cette tradition », conclut Daniel H. Lanteigne, en soulignant que la philanthropie est ressortie résiliente et combative de la pandémie.

À voir en vidéo