Intense fin de campagne à Québec

Vue sur la ville de Québec
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Vue sur la ville de Québec

La campagne a mis du temps à lever dans la capitale, mais les deux dernières semaines ont été si intenses pour les trois meneurs qu’on en a presque oublié l’ombre intimidante de Régis Labeaume. Le sondage du 12 octobre laissait présager une campagne municipale bien mièvre. En trois mois et demi, les appuis avaient à peine bougé. Marie-Josée Savard consolidait son avance (36 %) devant Jean-François Gosselin (15 %), alors que la campagne de Bruno Marchand stagnait à 13 % d’appuis.

Puis il y a eu ce fameux débat où la dauphine de Régis Labeaume a mal paru, donnant à ses adversaires l’occasion de faire des gains. Ce qui s’est confirmé avec le sondage du 28 octobre, qui donnait une percée notable à Bruno Marchand, en hausse de neuf points de pourcentage.

Depuis, le moral est au beau fixe dans les rangs de son parti, Québec forte et fière, où on pense pouvoir contrer le vote stratégique pour Mme Savard. « Les gens nous voient maintenant comme une façon de battre Gosselin », confiait une source du parti cette semaine.

Du côté de Québec 21, une source à l’interne évaluait cette semaine que les électeurs avaient remarqué « la progression de Jean-François Gosselin » depuis quatre ans. Mais l’équipe au grand complet a semblé désespérée, mercredi, quand le chef de cabinet du chef, Richard Côté, s’en est pris avec amertume aux médias en leur reprochant d’être plus durs avec son candidat qu’avec les autres. Un discours vite relayé par les animateurs vedettes de Radio X, qui se seront ainsi réconciliés avec M. Gosselin en fin de course.

Quant à Mme Savard, à qui ses adversaires reprochaient de se cacher en fin de course, elle continuait à « s’en tenir à son plan de match », confiait un membre de son entourage. Dans son équipe, on dit même ne pas sentir « que les choses ont changé tant que ça depuis le sondage ».

Difficile pour tous… ou presque

La campagne n’aura été facile pour aucun d’entre eux. Bruno Marchand s’est empêtré dans un débat sur la taxation des propriétés situées le long du parcours du tramway. Réputé champion de la communication, il a été plutôt effacé au débat télévisé de Radio-Canada.

Pour Mme Savard, ce débat a assurément été un calvaire. Non seulement a-t-elle échoué à un questionnaire sur la ville, mais elle a peiné à trouver le ton juste pour répondre aux critiques visant son mentor, Régis Labeaume.

Pour Jean-François Gosselin, qui avait plutôt bien fait depuis le début de la campagne, c’est au cours des derniers jours qu’il a semblé le moins solide, se plaçant sur la défensive en refusant jusqu’à la toute dernière minute vendredi après-midi de présenter de la documentation censée valider son projet de métro léger.

Dans cette course, aucun ne pourra se vanter d’un parcours sans faute, si ce n’est paradoxalement les candidats Jean Rousseau et Jackie Smith, dont plusieurs observateurs ont salué la bonne performance en dépit d’un faible appui populaire.

« Mme Smith, c’est la surprise de la campagne pour beaucoup de gens », notait l’ancienne vice-présidente du comité exécutif de Régis Labeaume, Julie Lemieux, à l’émission Première Heure de Radio-Canada au lendemain du débat, le 21 octobre. Et d’ajouter que M. Rousseau avait quant à lui été « excellent ».

Vers un conseil multicolore ?

Quoi surveiller le soir du 7 ? Tout. Avec cinq équipes en lice, le conseil s’annonce bigarré, sans parti ultra-dominant comme dans le passé. Étant donné que la majorité des conseillers d’Équipe Labeaume ne se sont pas représentés, on a affaire à des courses ouvertes et imprévisibles dans la plupart des districts.

On regardera notamment dans quelle mesure Québec 21 pourra faire des gains en banlieue. D’abord concentré à Beauport, le parti avait fait une percée dans Neufchâtel-Lebourgneuf lors de la partielle qui avait suivi le départ de Jonatan Julien, en décembre 2018. Des gains seraient à sa portée dans le nord de la ville, vers Saint-Émile et le Lac-Saint-Charles, par exemple.

On surveillera aussi certaines luttes particulières, comme dans Saint-Roch, où s’affrontent le conseiller Pierre-Luc Lachance (ex-Équipe Labeaume, désormais avec Bruno Marchand) et l’ancien attaché de presse du maire sortant, Paul-Christian Nolin. Que se passera-t-il dans l’ouest de la ville (Sainte-Foy, Sillery, etc.) ? Là, on aura affaire à une lutte serrée entre les candidats d’Équipe Marie-Josée Savard et Québec forte et fière.

N’oublions pas enfin les districts où il y a des colistiers (candidats qui se présentent au nom du ou de la chef pour lui permettre d’avoir un siège en cas de défaite au poste de maire). Tous les chefs ont un colistier à l’exception de Marie-Josée Savard. Pour elle, ce sera la mairie ou rien.

Dans la région

Lévis Le maire actuel, Gilles Lehouillier, semble se diriger vers un troisième mandat, mais tout laisse croire qu’il n’obtiendra pas une majorité aussi stratosphérique que la dernière fois (92 % des votes). Créé pour augmenter la participation en politique municipale, le nouveau parti Repensons Lévis présente des candidats dans tous les districts aux côtés de son chef, Elhadji Mamadou Diarra. Dans une entrevue publiée dans Le Journal de Lévis cette semaine, M. Diarra se réjouissait du fait que, déjà, plus de gens avaient voté par anticipation que la dernière fois.

 

Baie-Saint-Paul Cette élection a quelque chose d’historique puisqu’elle marque la fin de l’ère Fortin. Jean Fortin qui a dirigé la ville pendant neuf mandats. Deux anciens conseillers s’affrontent pour lui succéder : le vétéran Luc A. Goudreau et Michaël Pilote, un des plus jeunes conseillers élus au Québec en 2017. Dans cette municipalité parfois victime de sa popularité, les questions du manque de main-d’oeuvre et de la congestion automobile au centre-ville ont dominé la campagne.

 

Neuville Le groupe de citoyens qui ces derniers mois s’étaient mobilisés contre le projet immobilier Commodore, prévu sur le bord du fleuve, ont décidé de fonder leur parti dans le but de battre le maire, Bernard Gaudreau. Leur candidat à la mairie est l’ancien journaliste de Radio-Canada Aubert Tremblay.



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