André Boisclair ira directement en procès pour agression sexuelle

André Boisclair n'était pas présent jeudi au palais de justice de Montréal. Il a donc fait passer son annonce par son avocat.
Photo: Ryan Remiorz Archives La Presse canadienne André Boisclair n'était pas présent jeudi au palais de justice de Montréal. Il a donc fait passer son annonce par son avocat.

André Boisclair brillait par son absence, jeudi, au palais de justice de Montréal alors que son avocat a annoncé qu’il renonçait à son enquête préliminaire.

L’ex-chef du Parti québécois est visé dans deux procès séparés par des accusations de nature sexuelle contre deux victimes présumées, qui ne peuvent être identifiées en raison d’ordonnances de non-publication.

Dans le premier dossier, il fait face à deux accusations, soit d’agression sexuelle avec la participation d’un tiers et d’agression sexuelle armée. Les événements se seraient produits en janvier 2014. M. Boisclair a plaidé non coupable à ces accusations, pour lesquelles il est passible de 14 ans d’emprisonnement.

« M. Boisclair a renoncé à la tenue de son enquête préliminaire, ce qui veut dire que la victime alléguée au dossier n’a pas eu à se présenter aujourd’hui à la Cour pour témoigner, puisque la défense a admis que, si cette personne était venue témoigner aujourd’hui, il y aurait eu définitivement assez de preuves pour subir un procès », a expliqué le procureur de la Couronne au dossier, Me Luc Pagé.

S’il y avait eu enquête préliminaire, tant le plaignant que l’accusé de 55 ans auraient dû se présenter devant le tribunal.

Me Pagé a fait valoir que le fait de sauter cette étape enlevait un lourd fardeau des épaules de la présumée victime : « C’est toujours une bonne nouvelle pour un plaignant victime d’agression sexuelle de minimiser ses passages à la Cour et de minimiser le nombre de témoignages qu’il peut rendre. »

Une deuxième victime présumée

Dans le deuxième dossier, il fait face à une accusation d’agression sexuelle qui se serait produite en novembre 2105, impliquant un autre plaignant. Dans ce deuxième dossier, il ira également directement à procès.

« À cause de la nature des accusations, il n’y a pas d’enquête préliminaire prévue par la loi. Le crime en question d’agression sexuelle est passible de 10 ans d’emprisonnement. La loi fait en sorte qu’il n’y a pas d’enquête préliminaire possible, donc on passe directement au stade du procès dans ce cas-là. Donc les deux dossiers sont rendus au stade du procès », a précisé le procureur Pagé.

André Boisclair sera donc cité à procès dans le premier dossier comme dans le deuxième et son avocat, Me Michel Massicotte, a précisé que son client préférait subir son procès devant un juge seul plutôt que devant un jury.

Les deux dossiers ont été reportés au 18 novembre pour la forme. Les deux procès n’auront pas lieu avant 2022, selon Me Pagé : « La prochaine date est en novembre, alors ce ne sera pas en 2021, c’est certain ».

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