Les jeunes et l’usage des écrans: Carmant promet un plan d’action d’ici la fin 2021

En réaction aux différents intervenants, M. Carmant a également laissé entrevoir la possibilité d’interdire le téléphone cellulaire au primaire.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne En réaction aux différents intervenants, M. Carmant a également laissé entrevoir la possibilité d’interdire le téléphone cellulaire au primaire.

Le gouvernement Legault envisage de limiter le temps d’écran au sein des services de garde et des écoles primaires dans le plan d’action qu’il entend livrer d’ici la fin 2021.

« Pour le moment, c’est vers ça que les discussions m’orientent », a déclaré lundi le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant.

Il venait de clore la Consultation sur la santé des jeunes et l’utilisation des écrans, qui avait été entamée tout juste avant le début de la pandémie, en février 2020.

En réaction aux différents intervenants, M. Carmant a également laissé entrevoir la possibilité d’interdire le téléphone cellulaire au primaire.

Par contre, aucune mesure draconienne n’est envisagée pour l’instant au secondaire. « Il faut séparer le primaire et le secondaire », a affirmé le ministre en mêlée de presse.

« Au niveau du secondaire, il va falloir voir avec l’Éducation comment on peut s’assurer que l’utilisation (des écrans) faite en classe soit toujours bénéfique pour nos jeunes et leurs familles. »

M. Carmant a néanmoins parlé d’une « prise de conscience » dans la population après 18 mois de pandémie et de surutilisation des écrans.

Plusieurs experts ont d’ailleurs rappelé les effets néfastes des écrans sur la vue, le sommeil et le poids. Ils augmentent le risque de développer une dépendance, de l’anxiété et une mauvaise estime de soi.

Le phénomène a été comparé à celui du tabagisme ; les parents d’aujourd’hui seraient « démunis », déboussolés et en quête de balises, selon eux.

Mais les écrans ont aussi du bon, a-t-on entendu. À l’école, ils permettraient entre autres de varier les approches pédagogiques et d’améliorer la relation entre l’enseignant et l’élève.

Les professeurs ont toutefois besoin d’informations et de ressources pour utiliser judicieusement la technologie, a fait valoir Léandre Lapointe, de la Fédération nationale des enseignants du Québec (FNEEQ).

Selon lui, les données scientifiques concernant les effets délétères des écrans ne se sont jamais rendues dans les écoles. « J’ai l’impression d’avoir 10 ans de retard là-dessus », a-t-il lancé.

Au ministre qui leur demandait de recommander des normes à suivre pour chaque tranche d’âge, les participants n’ont pu qu’admettre qu’il leur a été impossible de dégager un consensus.

Plusieurs ont souligné que le plan d’action du gouvernement se devait d’être « réaliste » et « souple », sinon il risquait d’être un coup d’épée dans l’eau.

Par exemple, si l’on propose « l’abstinence », les jeunes ne seront pas à l’écoute, a illustré Denis Leclerc de l’Ordre des psychoéducateurs du Québec.

Tous par contre se sont entendus pour dire que le temps passé devant un écran « empruntait » du temps à autre chose, notamment le temps en famille, les repas et le sommeil.

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