Deux anciens cadres de SNC-Lavalin ont été arrêtés, accusés de fraude et de corruption

Le DPCP a envoyé une invitation à SNC-Lavalin directement jeudi afin de négocier un accord de réparation qui permettrait d’éviter «un procès long et coûteux à la collectivité». Une offre qui ne s'applique pas à MM. Morin et Francis.
Photo: Julien Besset Agence France-Presse Le DPCP a envoyé une invitation à SNC-Lavalin directement jeudi afin de négocier un accord de réparation qui permettrait d’éviter «un procès long et coûteux à la collectivité». Une offre qui ne s'applique pas à MM. Morin et Francis.

Deux anciens cadres de la firme de construction SNC-Lavalin, qui font face à des accusations de fraude et de corruption à l’égard d’un fonctionnaire fédéral, ont été arrêtés par la Gendarmerie royale du Canada jeudi, en prévision du début de leur procès la semaine prochaine.

Plus de quatre ans après que l’ex-président de la Société des ponts fédéraux, Michel Fournier, a été condamné à plus de cinq ans de prison pour avoir reçu un pot-de-vin de près de 2,35 millions de dollars au début des années 2000 dans le cadre d’un projet de réfection du pont Jacques-Cartier évalué à 128 millions de dollars, les deux hommes derrière cette tentative de corruption ont été arrêtés jeudi.

Normand Morin et Kamal Francis, deux anciens administrateurs de SNC-Lavalin, font ainsi face à plusieurs accusations en prévision de leur comparution au palais de justice de Montréal, lundi prochain. En plus d’avoir corrompu un fonctionnaire fédéral, le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) leur reproche d’avoir ainsi fraudé la Société des ponts fédéraux et d’avoir fabriqué de faux contrats d’agent commercial, entre autres. Les faits reprochés remontent au début des années 2000.

En plus de viser les deux hommes, ces accusations s’adressent aussi directement à SNC-Lavalin. Le DPCP a toutefois envoyé une invitation à l’entreprise jeudi afin de négocier un accord de réparation qui permettrait d’éviter « un procès long et coûteux à la collectivité ». L’entreprise avait d’ailleurs tenté en vain d’obtenir un accord de réparation après avoir été accusée d’avoir corrompu des agents libyens au début des années 2000 dans le but d’influencer le gouvernement du pays, un dossier qui avait créé une crise au sein du cabinet du premier ministre Justin Trudeau.

L’accord de réparation n’est toutefois envisagée que pour l’entreprise, et non pas ses deux anciens administrateurs. Normand Morin et Kamal Francis devront donc faire face à la justice.

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