Effectifs policiers ajoutés à Laval face à une hausse «inquiétante» des violences de gangs

Le directeur du Service de police de Laval, Pierre Brochet
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Le directeur du Service de police de Laval, Pierre Brochet

Alors que le Service de police de Laval (SPL) constate une hausse sans précédent d’événements violents et du trafic d’armes à feu sur son territoire, la Ville de Laval a annoncé mercredi l’ajout d’effectifs sur le terrain pour contrer le phénomène.

On dénombre pas moins de 28 événements liés aux organisations criminelles sur le territoire de Laval depuis le début de l’année. Une situation « totalement inacceptable » et « inquiétante » selon le directeur du Service de police de Laval, Pierre Brochet.

Pour répondre à cette recrudescence de la violence dans la troisième ville du Québec, le maire suppléant de Laval, Stéphane Boyer, a annoncé mercredi un investissement de 1,2 million de dollars dans la lutte contre la violence liée aux armes à feu et aux gangs de rue. Cette somme servira à l’ajout de huit ressources destinées au renseignement et à l’enquête au sein du SPL.

« Il faut faire en sorte de mettre encore plus de pression sur les criminels sur le terrain », a expliqué M. Brochet.

« Culture d’armes à feu »

Parmi les 28 événements répertoriés depuis janvier, on compte deux homicides, six tentatives de meurtre et 20 incidents impliquant des coups de feu. Le SPL a également saisi 33 armes à feu jusqu’à présent cette année, dont huit seulement au courant de la dernière semaine. En 2020, les policiers en avaient saisi 36.

« On en saisit plus, on est content. Mais ça veut aussi dire qu’il y en a plus [en circulation] », s’inquiète le directeur du SPL, allant même jusqu’à mentionner qu’il existe une « culture d’armes à feu ».

De 2018 à 2020, le SPL a dénombré en moyenne 25 meurtres et tentatives de meurtre et 1242 actes de menaces ou de violence par année sur son territoire, mais Pierre Brochet indique que les événements liés aux organisations criminelles se faisaient alors « beaucoup plus rares ». Cela fait en sorte qu’il est difficile de faire des comparaisons avec les années précédentes. « C’est un phénomène qui est tellement récent qu’on a dû se restructurer au niveau de la compilation des données. On ne voyait pas ça avant à Laval », explique-t-il.

À la lumière des récents événements violents survenus à Montréal, M. Brochet confirme que Laval « hérite » de certains conflits se déroulant dans la métropole, mais qu’il y a aussi des conflits locaux qui n’ont pas de liens avec la réalité montréalaise.

Projet de loi C-21 contesté

En conférence de presse, mercredi Stéphane Boyer a exprimé son désaccord au sujet du projet de loi C-21 déposé par le gouvernement fédéral en février dernier. Ce projet de loi propose d’accorder aux municipalités le droit de légiférer sur les armes à feu.

« Pour nous, ça n’a pas de sens. On voit que le trafic d’armes ne s’arrête pas à une limite administrative. On ne peut pas passer d’une ville à une autre avec des réglementations différentes », a-t-il déploré.

Le gouvernement du Québec devrait à son avis obtenir le pouvoir de légiférer pour encadrer les armes à feu « afin d’avoir une approche concertée au niveau de la province ».

M. Boyer n’a toutefois pas voulu se positionner au sujet de l’interdiction de la possession d’armes de poing et d’assaut, comme l’a réclamé mardi la mairesse de Montréal, Valérie Plante.

Rappelons que Laval a été témoin de six événements violents liés à des organisations criminelles durant la dernière semaine, y compris trois fusillades dans la nuit du 19 au 20 août. Le bras droit d’un chef de gang influent a également été tué lors d’une fusillade survenue à la sortie d’un bar du secteur Pont-Viau le 17 août dernier.

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