Début du procès d’un policier accusé d’agression sexuelle

Le témoignage de la présumée victime se poursuivra mardi au palais de justice de Montréal.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Le témoignage de la présumée victime se poursuivra mardi au palais de justice de Montréal.

Le procès du policier Roger Fréchette, accusé d’agression sexuelle sur une touriste ontarienne, s’est ouvert lundi au palais de justice de Montréal avec le témoignage de la présumée victime.

Élise*, dont l’identité est protégée par le tribunal, était venue célébrer la Saint-Valentin à Montréal avec son amoureux de l’époque en février 2019. Après un souper au restaurant et quelques consommations dans un pub du Vieux-Montréal, le couple se serait disputé dans la rue, ce qui a mené à l’intervention de policiers. Élise raconte avoir dit aux policiers qu’il n’y avait « pas de problème » puis s’être retrouvée au sol, le visage écrasé dans la neige glacée par un des policiers. « Je ne comprenais pas ce qui se passait, j’étais terrifiée », a-t-elle expliqué à la juge Lori Renée Weitzman.

C’est lorsqu’elle était derrière les barreaux qu’elle aurait vu pour la première fois le policier Roger Fréchette. Celui-ci serait venu la voir à plusieurs reprises. Il lui aurait notamment apporté des vêtements propres qu’elle aurait commencé à enfiler sous ses yeux avant de réaliser qu’elle ne savait pas à qui appartenaient les vêtements. Elle aurait alors remis ses vêtements souillés. Il lui aurait alors dit : « ta chatte est tellement belle ».

Peu de temps après, elle aurait eu une nouvelle interaction avec lui. « Je lui ai demandé : qu’est-ce que tu trouves attirant ? Mon maquillage a coulé partout, mes vêtements sont en morceaux, je me suis uriné dessus. Je suis comme un animal en cage. Et il m’a répondu : c’est ce que j’aime. J’aime que tu sois un animal en cage. »

Au petit matin, Élise a été libérée. Selon son témoignage, Roger Fréchette l’attendait à l’extérieur et lui aurait proposé de la ramener à son hôtel. Il l’aurait suivi jusqu’à sa chambre et lui aurait fait des attouchements. Il lui aurait senti et léché le cou à plusieurs reprises et aurait mis sa main sur son entrejambe pour qu’elle sente qu’il avait une érection.

Elle raconte qu’elle était en état de choc, mais qu’elle tentait de s’esquiver. À un certain moment, elle lui aurait signifié qu’elle en avait « assez », mais ne se souvient pas comment ou quand le policier a quitté la chambre.

Ce n’était pas le premier trou de mémoire de la victime, qui dit souffrir de choc post-traumatique. Lors de son témoignage, elle a été incapable de refaire la séquence des événements de façon claire et précise. Elle raconte s’être réveillée dans son lit, habillée avec les vêtements qu’elle avait enfilés en arrivant à l’hôtel. Comme elle n’avait plus son téléphone, elle aurait alors contacté des amis sur l’ordinateur du hall d’entrée de l’hôtel. Une amie lui aurait trouvé un billet de train pour qu’elle puisse rentrer chez elle.

Le témoignage de la présumée victime se poursuivra mardi au palais de justice de Montréal.

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