Alexandre Douville poursuit trois internautes qui l’ont incriminé sur «Dis son nom»

L’humoriste Alexandre Douville réclame près de 120 000$ pour atteinte à sa réputation.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir L’humoriste Alexandre Douville réclame près de 120 000$ pour atteinte à sa réputation.

L’humoriste Alexandre Douville poursuit en justice trois internautes qui l’ont incriminé sur Internet lors de la vague de dénonciation d’inconduites sexuelles impliquant la page « Dis son nom ». Il réclame 119 275 $ pour atteinte à sa réputation, après été dépeint comme un « pervers sexuel », un « harceleur » et un « abuseur ».

À l’été 2020, une liste recensant le nom de centaines de personnes anonymement accusées d’inconduites sexuelles circulait sur Internet à partir de la page Facebook « Dis son nom ». Sur cette liste figurait le nom de l’humoriste Alexandre Douville.

Dans la foulée de ce mouvement de dénonciations, Sébastien St-Germain a publié sur sa propre page Facebook une déclaration dénonçant le « comportement de prédateur sexuel » présumé d’Alexandre Douville « dans le but de [lui] nuire », peut-on lire dans la plainte déposée par les avocats de l’humoriste à la Cour supérieure de Montréal, mardi dernier. M. St-Germain encourageait les personnes qui liraient cette publication, « à la diffuser le plus possible, pour que le plus de personnes possible connaissent [ces] comportements de prédateur sexuel », poursuit la requête.

Cette publication a entraîné quatre autres personnes à témoigner contre l’humoriste, notamment Mélodie Danis et Janie Côté, toutes deux étant aussi visées par l’action de M. Douville. Les accusations de Janie Côté « dépeignent le demandeur en pervers sexuel, en harceleur et en abuseur », décrit la poursuite. Mélodie Danis a pour sa part publié sur la page Facebook de M. St-Germain des échanges textos entre l’humoriste et celui-ci, « où il est fait état de séquestration pouvant être perpétrée par [Alexandre Douville] », toujours selon le document.

En somme, ces publications avaient pour « but de leur permettre de se faire justice à elles-mêmes, sans passer par les procédures judiciaires usuelles en semblables circonstances », plaide-t-on.

Ces témoignages sont restés en ligne sept mois, jusqu’à ce que l’humoriste envoie une mise en demeure à Sébastien St-Germain. Ce dernier a retiré sa publication environ un mois plus tard.

Une mise en demeure a aussi été envoyée à Janie Côté pour qu’elle retire son témoignage. Son avocat a répondu quelques jours plus tard « par une lettre niant toute responsabilité » de sa cliente.

Liens rompus

La circulation de ces témoignages a eu un effet « dévastateur » sur la carrière d’Alexandre Douville, soutiennent aujourd’hui ses avocats. L’homme a dû rompre tout lien avec le monde de l’humour, « vu l’atteinte à sa réputation qui constitue une tache presque impossible à enlever pour toute personne œuvrant dans le domaine du spectacle ». Il estime également avoir subi des « pertes de sommeil, d’appétit et des frustrations ».

Alexandre Douville réclame donc la somme de 120 000 $ pour la perte de revenus de 19 spectacles, pour le remboursement de billets, pour la chute de ses abonnés sur la plateforme Patreon, en plus de dommages moraux pour atteinte à sa réputation et d’une autre somme à titre de dommages punitifs.

La plainte exige aussi « aux défendeurs de publier sur la page Facebook du défendeur St-Germain une lettre d’excuses », selon un texte qui devra être déterminé en cour.

 

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