​Meurtre de Jaël Cantin: les avocats de Benoit Cardinal ont tenté de faire avorter le procès

La nuit du meurtre, le 16 janvier 2020, Benoit Cardinal a affirmé aux premiers répondants qu’il s’était battu avec un homme qui avait assailli Jaël Cantin de coups.
Photo: Marie-France Coallier Archives Le Devoir La nuit du meurtre, le 16 janvier 2020, Benoit Cardinal a affirmé aux premiers répondants qu’il s’était battu avec un homme qui avait assailli Jaël Cantin de coups.

Le jury à peine isolé, les avocats de Benoit Cardinal ont réclamé vendredi matin l’avortement du procès de leur client pour le meurtre prémédité de sa conjointe. Lors d’une audience forte en émotion au palais de justice de Joliette, les avocats ont demandé la récusation de la juge Johanne St-Gelais en raison d’une « crainte raisonnable de partialité », requête que la magistrate a rejetée.

L’avocat de la défense, Me Ghassan Toubal, a entre autres reproché à la juge St-Gelais la directive qu’elle a donnée la veille au jury relativement « au tiers inconnu et relativement à l’absence de mobile de ce tiers ».

Jeudi, la magistrate avait recommandé aux membres du jury de ne pas se laisser « distraire » par un volet de la thèse de la défense selon laquelle la scène de crime n’est pas incompatible avec la présence d’un intrus.

Selon la juge, les éléments de preuve présentés au procès n’appuient pas cette théorie.

Puisque les avocats de Benoit Cardinal ont choisi de ne pas présenter de défense au procès, leur client n’a pas témoigné et livré sa version des faits.

Or, une fois que le jury a été isolé, on a pu apprendre que la nuit du meurtre, le 16 janvier 2020, Benoit Cardinal a affirmé aux premiers répondants qu’il s’était battu avec un homme qui avait assailli Jaël Cantin de coups.

Les avocats de la défense estiment que la directive donnée par la juge constitue une « injustice flagrante et irréparable » à l’endroit de leur client.

« La défense a mal choisi sa stratégie et [dépose maintenant] une requête frivole pour tenter de faire avorter le procès », a déclaré dans la salle de la cour la procureure de la Couronne, Me Caroline Buist. « Je n’en reviens pas qu’on soit en train de débattre de cette requête-là. »

La juge St-Gelais a semblé tout aussi excédée par la tentative de la défense de faire dérailler le procès.

« J’en ai assez entendu. Ma patience a des limites, a-t-elle lancé d’un ton tranchant. Si je me trompe, vous [ferez] appel et la Cour d’appel décidera si j’ai manqué à mon devoir et si j’ai été partiale à votre endroit. »

Au même moment, le jury entamait vendredi matin ses délibérations. Les 12 jurés doivent décider si Benoit Cardinal est coupable de meurtre prémédité, coupable de meurtre non prémédité ou s’il est non coupable.