De l'ADN de Jaël Cantin trouvé dans le sang prélevé sur les mains de Benoit Cardinal

Benoit Cardinal subit son procès pour le meurtre prémédité de sa conjointe, au palais de justice de Joliette.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Benoit Cardinal subit son procès pour le meurtre prémédité de sa conjointe, au palais de justice de Joliette.

De l'ADN appartenant à Jaël Cantin a été trouvé dans le sang prélevé sur les mains de Benoit Cardinal après le meurtre de la femme de 33 ans, a révélé lundi Sonia Roy, spécialiste en biologie judiciaire, au procès du père de six enfants accusé du meurtre prémédité de sa conjointe.

Dans les heures ayant suivi le meurtre le 16 janvier 2020, des prélèvements ont été effectués sous les ongles, sur les contours des ongles et à l’intérieur des paumes et des doigts de Benoit Cardinal. Celui-ci se trouvait à ce moment à l’hôpital Pierre-Le Gardeur à Terrebonne.

« L’ADN de la victime Jaël Cantin a été obtenu de ces trois prélèvements de sang », a indiqué Sonia Roy au palais de justice de Joliette.

L’analyse des taches de sang sur le bas de la jambe gauche du pantalon de pyjama de Benoit Cardinal a également permis de déterminer qu’il se trouvait à proximité de la victime au moment du meurtre, a ajouté la biologiste, qui est aussi spécialiste en étude des taches et projections de sang.

« Le pantalon m’indique que la personne qui le portait se trouvait près de la source de sang au moment des projections », a-t-elle mentionné en présentant son rapport d’expertise.

Devant la juge Johanne St-Gelais de la Cour supérieure, Sonia Roy a également signalé que le genou droit du pyjama de Benoit Cardinal était imbibé de sang. « [Cela] suggère que la personne qui le portait a pu mettre son genou dans une grande quantité de sang. Et il s’agit du sang de Mme Cantin. »

Toutes les taches de sang prélevées sur la scène de crime contenaient l’ADN de Jaël Cantin ou de Benoit Cardinal. Concernant plus spécifiquement le sang prélevé sur les mains de l’accusé, Sonia Roy a précisé devant le jury que le « profil génétique de [l’adolescente de 16 ans] est exclu de ces résultats ».

Précédemment au cours du procès, Me Louis-Alexandre Martin, l’avocat de Benoit Cardinal, avait laissé entendre que la jeune femme aujourd’hui âgée de 18 ans se trouvait dans la résidence familiale de Mascouche la nuit du meurtre.

Cette ancienne résidente du centre jeunesse de Laval où travaillait Benoit Cardinal à titre d’éducateur spécialisé entretenait un lien de confiance avec l’accusé. Son identité est protégée par une ordonnance de la cour.

Grâce à l’analyse de la forme et de la grosseur des gouttes de sang trouvées dans la chambre à coucher du couple, la biologiste a pu confirmer que la victime a été battue à mort alors qu’elle se trouvait au sol près de son lit. C’est à cet endroit que la première policière arrivée dans la résidence du chemin des Anglais à Mascouche la nuit du 16 janvier 2020 a trouvé la victime.

Battue à mort

En matinée, le docteur Yann Dazé, pathologiste judiciaire, avait présenté le rapport qu’il a rédigé à la suite de l’autopsie réalisée sur le corps de Jaël Cantin. Celle-ci est morte après avoir été frappée à répétition à la tête, a appris le jury.

« Sur la cause du décès, il n’y a aucun doute, Mme Cantin est décédée d’un traumatisme contondant à la tête », a déclaré l’expert.

Le pathologiste a affirmé qu’il ne peut exclure totalement qu’un objet a été utilisé pour frapper la victime. « Mais ça me suggère avant tout qu’une partie du corps [poing ou pied] ou une surface [plancher ou mur, par exemple] a été utilisée pour occasionner les blessures, parce qu’un objet va généralement causer plus de lacérations que ça et peut même créer des fractures », a-t-il expliqué.

Le rapport d’autopsie révèle que Jaël Cantin n’a pas subi de fracture au crâne. Sa tête présentait deux lacérations — une superficielle sur la paupière supérieure droite et une profonde au niveau de la tempe gauche — et de vastes zones de contusion. Le pathologiste judiciaire a également constaté une hémorragie à la surface du cerveau et une importante infiltration sanguine au niveau des tissus.

Le médecin a indiqué que la victime avait reçu de « multiples impacts » à la tête, mais n’a pu déterminer le nombre exact de coups. Jaël Cantin était vivante lorsqu’elle a subi ces blessures, a ajouté Yann Dazé. À l’exception d’une contusion au coude droit, aucune plaie de défense n’a été relevée sur le corps de la défunte.

La Couronne cherche à convaincre le jury que Benoit Cardinal avait planifié le meurtre de sa conjointe des quinze dernières années et qu’il a mis en scène une entrée par effraction à son domicile pour tenter de tromper les autorités. L’accusé a plaidé non coupable.

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Une version précédente de cet article, qui affirmait que du sang appartenant à Jaël Cantin se trouvait sur les mains de Benoit Cardinal après le meurtre de la femme de 33 ans, a été corrigée.