Benoit Cardinal était tourmenté dans les semaines précédant le meurtre de Jaël Cantin

Le procès de Benoit Cardinal pour le meurtre prémédité de sa conjointe se déroule au palais de justice de Joliette.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Le procès de Benoit Cardinal pour le meurtre prémédité de sa conjointe se déroule au palais de justice de Joliette.

Benoit Cardinal avait des problèmes financiers et était tourmenté dans les semaines précédant le meurtre de Jaël Cantin survenu le 16 janvier 2020 à Mascouche. C’est ce qu’ont mentionné vendredi trois proches de Benoit Cardinal à son procès pour le meurtre prémédité de sa conjointe qui se déroule au palais de justice de Joliette.

Le 26 décembre 2019, après avoir appris qu’il était suspendu de son travail, l’éducateur en centre jeunesse tenait des propos inquiétants, a témoigné une personne qui travaillait avec lui et qui avait développé un lien d’amitié avec l’accusé. L’identité de cette personne est protégée par une ordonnance de non-publication.

« Il me disait [par textos] : je peux pas rentrer chez nous, qu’est-ce que je vais dire à ma blonde ? », a rapporté cette personne. Celle-ci a alors proposé à Benoit Cardinal de venir souper chez elle avec un autre collègue pour décompresser.

« Il était dans un état ébahi. […] Il était perdu. » L’homme de 34 ans n’a rien mangé pendant le souper, s’est souvenu ce témoin.

Il y a deux semaines, le jury avait appris que ce n’est que le 28 décembre 2019 que Jaël Cantin, 33 ans, a été informée de la suspension de son conjoint du centre jeunesse de Laval. Les raisons ayant mené à cette suspension n’ont pas été expliquées au jury.

Le témoin a aussi mentionné que Benoit Cardinal lui avait fait part par le passé des difficultés qu’il vivait dans son couple. « Il m’a déjà dit : “si je me sépare avec six enfants, combien ça va me coûter en pension alimentaire ? »

Inquiétudes

Le 15 janvier 2020, soit la veille du meurtre de Jaël Cantin, une autre personne qui travaillait avec l’accusé et qui avait développé un lien d’amitié avec lui, a raconté au jury avoir discuté au téléphone avec Benoit Cardinal. L’identité de ce témoin est également protégée par une ordonnance de la cour.

« Ça faisait plusieurs jours que j’étais inquiète de son état, a révélé cette personne. […] Je l’ai entendu dans sa voix qu’il n’allait pas bien. »

Quelques jours plus tôt, soit le 10 janvier, Benoit Cardinal avait remis sa démission à son employeur. « On discute de la situation au centre jeunesse, de sa démission et [des raisons ayant mené à sa démission] », a mentionné ce témoin qui a été pris par l’émotion. « Il m’informe qu’il n’en a pas parlé à Jaël, que c’est une folle. »

Le 16 janvier 2020 en matinée, le témoin, alerté par une amie qui a regardé les nouvelles, envoie un message texte à l’accusé pour savoir s’il va bien. « Il m’a répondu non. Je lui ai demandé ce qui se passait. Il m’a dit : Jaël est morte. »

Prêt

Plus tôt dans la journée, un ami de Benoit Cardinal, Mathieu Nantel, a mentionné devant la juge Johanne St-Gelais de la Cour supérieure, que l’accusé lui avait fait part, quelques mois avant le meurtre, des difficultés financières qu’il vivait.

En octobre 2019, M. Nantel avait consenti un prêt personnel de 5000 $ à l’accusé, en plus de l’endosser pour un prêt à haut risque de 6000 $, assorti d’un taux d’intérêt de 34,9 %. « Il avait besoin d’argent. Et il avait besoin d’un endosseur. »

Plus tôt dans le procès, le jury avait pris connaissance du rapport d’extraction du cellulaire de l’accusé. On pouvait y voir que Benoit Cardinal avait effectué plusieurs recherches dans les journées précédant le meurtre sur des sites permettant d’obtenir rapidement un prêt.

La poursuite cherche à démontrer que Benoit Cardinal avait planifié le meurtre de la mère de ses six enfants. L’accusé vivait des tensions dans son couple et avait des difficultés financières, soutient la Couronne. Benoit Cardinal a plaidé non coupable.

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