Manifestation dans le calme à Montréal contre le couvre-feu à 20h

Nombre de protestataires qualifiaient de non scientifique l'imposition du couvre-feu. Ils ne sont toutefois pas contre les autres mesures sanitaires.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Nombre de protestataires qualifiaient de non scientifique l'imposition du couvre-feu. Ils ne sont toutefois pas contre les autres mesures sanitaires.

Un groupe de manifestants masqués a défilé dans les rues de Montréal dimanche soir pour dénoncer un couvre-feu que beaucoup ont décrit comme non scientifique et nuisible aux plus vulnérables de la société.

Le groupe s’est étendu sur plusieurs pâtés de maisons alors qu’ils marchaient dans Le Plateau-Mont-Royal en brandissant des pancartes, scandant des slogans anti-couvre-feu et huant occasionnellement les policiers qui les escortaient à bicyclette.

Selon le bilan provisoire du Service de police de la Ville de Montréal, une arrestation a eu lieu en lien avec le Code criminel et deux constats d’infraction concernant le non-respect de mesures sanitaires ont été remis.

Contrairement à certains manifestants de rassemblements précédents, ceux réunis dimanche ont mentionné qu’ils soutenaient le port du masque et l’adoption d’autres mesures sanitaires pour contenir la pandémie de COVID-19. Toutefois, ils s’opposent au couvre-feu qui est en vigueur de 20 h à 5 h dans certaines régions du Québec, dont à Montréal et Laval.

Scott Weinstein, un infirmier en soins intensifs, s’est présenté en uniforme médical pour protester contre l’approche du gouvernement provincial face à la pandémie, qu’il a qualifiée d’« anti-science ». « L’extérieur est l’endroit le plus sûr pour se rassembler. Il n’y a aucune donnée qui montre que le virus se transmet à l’extérieur », a-t-il évoqué.

Plutôt que d’empêcher les gens de sortir, il croit que le gouvernement devrait s’efforcer de rendre les lieux de travail intérieurs plus sûrs grâce à une meilleure ventilation et à des équipements de protection pour le personnel.

 
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Les manifestants réunis dimanche soir ont mentionné qu’ils soutenaient le port du masque et l’adoption d’autres mesures sanitaires.

Effets sur les plus vulnérables

Plusieurs autres personnes dans la foule ont fait valoir que le couvre-feu avait un effet disproportionné sur les plus vulnérables, y compris les travailleuses et travailleurs du sexe et les utilisateurs de drogue, et qu’ils pouvaient être confrontés à une surveillance policière excessive.

Chantal Montmorency, représentante d’un groupe qui défend la santé des consommateurs de drogues, a indiqué que son groupe envisageait d’intenter des poursuites judiciaires pour contester le couvre-feu, qui, selon elle, empêche les gens d’accéder aux sites d’injection sécurisés. « Ces personnes sont déjà stigmatisées à cause de la consommation de drogues, elles sont donc déjà victimes de profilage », a-t-elle fait valoir.

Québec a initialement imposé un couvre-feu débutant à 20 h en janvier. Le gouvernement Legault a ensuite repoussé l’heure à 21 h 30, en mars, mais a choisi de retourner à 20 h dans certaines villes en réponse à l’augmentation des cas de COVID-19.

Une précédente manifestation contre cette mesure a tourné au vinaigre la semaine dernière lorsque des manifestants ont brisé des fenêtres et brûlé des poubelles dans le Vieux-Montréal.

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