Le manoir Rioux-Belzile en voie d’être protégé par Québec

En attendant de voir son statut national confirmé par le ministère de la Culture et des Communications, ce bâtiment du début du XIXe siècle ne peut être altéré et doit être conservé en vertu de ses attributs passés. 
Photo: Vickie Vincent

En attendant de voir son statut national confirmé par le ministère de la Culture et des Communications, ce bâtiment du début du XIXe siècle ne peut être altéré et doit être conservé en vertu de ses attributs passés. 

Plus de neuf ans après des demandes officielles formulées en ce sens, Québec a publié un avis d’intention de classement pour le manoir Rioux-Belzile, une maison de bois plantée en bordure de la grève, face au fleuve, aux environs de Trois-Pistoles.

En attendant de voir son statut national confirmé par le ministère de la Culture et des Communications (MCC), ce bâtiment du début du XIXe siècle ne peut être altéré et doit être conservé en vertu de ses attributs passés. L’État jouit d’une année avant de se prononcer pour de bon dans ce dossier.

Malgré des pressions répétées de citoyens et d’instances publiques, ce bâtiment bicentenaire était en attente d’une protection nationale depuis une décennie. Un cas loin d’être isolé, comme le soulignait l’été dernier la vérificatrice générale Guylaine Leclerc. Dans son rapport, elle notait que pour 40 % des demandes de classement, l’État met au moins cinq ans avant d’offrir une réponse, favorable ou non.

Situé au cœur de l’ancienne seigneurie de Trois-Pistoles, le manoir Rioux-Belzile a fait l’objet d’une demande officielle de classement en 2012. En janvier dernier, la MRC des Basques avait pressé une nouvelle fois le MCC de bien vouloir classer le bâtiment afin de l’aider à le préserver pour les générations à venir.

Cette résidence en bois aurait été construite entre 1803 et 1815 par Ignace Rioux, un descendant du seigneur Jean Rioux. Le lieu a fait l’objet de deux livres au cours des dernières années. Plusieurs personnalités et groupes se sont intéressés à sa protection, à l’initiative de l’architecte Marie-Joëlle Larin-Lampron et de son père, l’historien Robert Larin.

« On en a besoin »

Dans l’entre-deux-guerres, cette maison québécoise typique a été occupée, aux beaux jours de l’été, par le journaliste et polémiste Olivar Asselin, de même que par son beau-frère, l’architecte Jean-Omer Marchand, à qui l’on doit plusieurs bâtiments d’importance, dont une portion du parlement à Ottawa. Tant Asselin que Marchand étaient décorés de la Légion d’honneur, ce qui donne du piquant au fait qu’ils se soient retrouvés en cet endroit sous un même toit, au bord du fleuve.

En 2007, la municipalité de Notre-Dame-des-Neiges avait cité le bâtiment pour en assurer une meilleure protection. Quatre ans plus tard, tout le site en bordure du fleuve a bénéficié de l’attention de la municipalité. Les instances locales n’en réclamaient pas moins une attention nationale depuis des années, dans une volonté de partager les responsabilités à l’égard du passé. En 2019, le bâtiment a été acquis par deux sœurs qui vivent dans la région de Trois-Rivières.

« Nous, on est prêts à être partenaires, expliquait le préfet de la MRC en entrevue au Devoir, mais on ne peut pas sauver le site tous seuls. » En attendant, la maison n’est ni occupée ni chauffée, déplorait-il. « C’est comme ça que ça finit par s’écraser et qu’on en vient à démolir. »

« Ces affaires-là, ça ne se finance pas tout seul. C’est comme les musées. Ça coûte cher, mais on en a besoin. »

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