L’écart de salaire entre les hommes et les femmes persiste au Québec

Les femmes représentent 80,6% des travailleurs dans le milieu de la santé.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Les femmes représentent 80,6% des travailleurs dans le milieu de la santé.

Même avec une formation universitaire et après des années de Loi sur l’équité salariale, les femmes gagnent toujours moins que leurs homologues masculins, indique lundi l’Institut de la statistique du Québec.

En 2019, dans les entreprises de 200 employés et plus, pour les postes qui exigeaient une formation universitaire, une femme gagnait en moyenne 42,30 $ l’heure, alors que son équivalent masculin en gagnait 45,13 $. C’est-à-dire qu’à ce niveau, une travailleuse gagnait 2,83 $ de moins l’heure qu’un travailleur, soit 93,7 % du salaire horaire moyen d’un homme.

Pourquoi ?

Dans sa plus récente étude, parue lundi à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, l’Institut de la statistique du Québec avance différents motifs qui pourraient expliquer cet écart qui demeure depuis des années.

Il cite entre autres l’ancienneté dans l’emploi et l’expérience sur le marché du travail. Les femmes étant présentes dans ces professions depuis moins longtemps que les hommes, il est plausible qu’elles n’aient pas atteint le sommet de leur échelle de salaire, par exemple.

Les autrices de l’étude, Anca Maria Florea et Nadège Jean, citent aussi comme cause possible des différences dans les effectifs selon le sexe. Les femmes sont en effet plus présentes dans certains secteurs. Elles représentent 80,6 % des travailleurs dans le milieu de la santé, par exemple, et 67,4 % dans celui des affaires, finances et administration. Le taux de présence féminine est aussi de 61,1 % dans le secteur public.

Et, à l’inverse, elles ne représentent que 6,6 % dans les milieux des ressources naturelles et de l’agriculture, et 7,1 % dans la catégorie regroupant les métiers liés au transport et à la machinerie.

Le fait d’être syndiqué ne semble pas changer le phénomène. « Les femmes professionnelles syndiquées et non syndiquées gagnent en moyenne moins que leurs collègues masculins ayant le même statut de syndicalisation (respectivement 3,67 $ l’heure et 2,99 $ l’heure de moins) », signalent les deux autrices de la recherche pour l’ISQ.

De même, dans l’administration québécoise, le salaire moyen des professionnelles atteint 41,72 $ l’heure comparativement à 42,83 $ pour les professionnels.

Dans le secteur universitaire, l’écart est particulièrement grand, soit de 7,33 $. Le salaire horaire moyen des femmes y est de 54,84 $ et celui des hommes de 62,17 $, précise l’ISQ.

À voir en vidéo: