Les victimes de la COVID-19 font baisser l’espérance de vie au Québec

L’ISQ note que l’espérance de vie tend à augmenter au fil des ans, de sorte que l’ampleur des baisses de 2020 fait figure d’exception.
Photo: Marie-France Coallier Archives Le Devoir L’ISQ note que l’espérance de vie tend à augmenter au fil des ans, de sorte que l’ampleur des baisses de 2020 fait figure d’exception.

Le nombre de décès provoqués par la COVID-19 en 2020 a été tel qu’il a fait baisser l’espérance de vie dans la province, a révélé mercredi l’Institut de la statistique du Québec (ISQ).

L’an dernier, l’espérance de vie à la naissance s’est établie à 80,6 ans chez les hommes et à 84,0 ans chez les femmes. Cela représente des baisses respectives de 5 mois et de 8 mois par rapport à l’espérance de vie de 2019. Pour les auteurs du rapport de l’ISQ, Frédéric Fleury-Payeur et Ana Cristina Azeredo, il s’agit de « baisses non négligeables ».

Toujours en 2020, le Québec a enregistré 74 550 décès, soit une hausse de 6750 décès (ou 10 %) par rapport à 2019. À titre de comparaison, de 2010 à 2019, la hausse moyenne des décès était de moins de 2 %.

Une hausse du nombre de décès est normale en raison, principalement, du vieillissement de la population. Mais pour illustrer l’importance des baisses enregistrées, l’ISQ souligne que l’espérance de vie à la naissance « avait plutôt tendance à augmenter au fil des ans ». Ainsi, de 2010 à 2019, cette espérance de vie avait crû de 2,3 mois par année pour les hommes et de 1,5 mois par année pour les femmes.

L’effet pandémique

« La pandémie de COVID-19 a eu une influence importante sur la mortalité enregistrée au Québec en 2020 », affirme l’ISQ, ajoutant qu’« une augmentation de cette ampleur constitue une exception ».

D’ailleurs, « la hausse marquée du nombre de décès a commencé à partir de la fin mars, alors que les premiers décès liés à la COVID-19 étaient recensés », précise l’Institut de la statistique. Cette hausse a été particulièrement forte en avril et en mai.

Autre donnée significative : du 22 mars au 6 juin 2020, le Québec a enregistré 18 900 décès, comparativement à 14 200 pour les semaines comparables de 2019. Il s’agit d’une augmentation de 4700 décès, soit 33 %.

Et à ceux qui comparent encore la COVID-19 à une « grosse grippe », l’ISQ souligne que même lorsque le Québec a connu des saisons grippales « très sévères » dans le passé, « aucun pic de décès » n’a atteint « l’ampleur de celui lié à la pandémie de COVID-19 observé en 2020 ».

 

Qu’est-ce que l’espérance de vie ?

L’Institut de la statistique du Québec (ISQ) indique que l’espérance de vie du moment mesure le nombre moyen d’années qu’une population pourrait s’attendre à vivre si elle était soumise tout au long de sa vie aux conditions de mortalité d’une année ou d’une période donnée. « Elle ne représente pas la durée de vie moyenne réelle d’une génération, car cette durée dépendra de l’évolution de la mortalité jusqu’à l’extinction complète de la génération », ajoute l’ISQ.

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