En Alberta, quatre cas de variants ont été détectés dans un service de garde

«La province examine 300 échantillons par jour de ces variants, et effectue un séquençage génétique complet sur 400 échantillons par semaine pour trouver d’autres mutations ou variations de la COVID-19», affirme la médecin hygiéniste en chef, la Dre Hinshaw.
Photo: Jonathan Nackstrand Agence France-Presse «La province examine 300 échantillons par jour de ces variants, et effectue un séquençage génétique complet sur 400 échantillons par semaine pour trouver d’autres mutations ou variations de la COVID-19», affirme la médecin hygiéniste en chef, la Dre Hinshaw.

Les services de soins de santé albertains sont en alerte depuis que quatre cas de variants particulièrement contagieux ont été détectés dans un service de garde. La province redoute une accélération de la propagation du virus au moment où le nombre total de cas de variants détectés s’élève à 57.

« La raison pour laquelle nous sommes plus inquiets, c’est que ces variants sont plus contagieux et se propagent plus facilement que l’original », a déclaré durant son point presse du 2 février la médecin hygiéniste en chef, la Dre Hinshaw.

Depuis plusieurs mois, l’apparition de ces variants et leur propagation suscitent beaucoup d’inquiétude et soulèvent nombre d’interrogations dans la province, et ce, à juste titre.

« Ces souches infecteront davantage de personnes dans un délai plus court et pourraient rendre plus de gens gravement malades et les tuer, même si les taux de mortalité des variants sud-africain et brésilien sont les mêmes que ceux de la souche originale », explique Noël Gibney, ancien médecin hygiéniste en chef de l’Alberta et coprésident un comité consultatif de la COVID-19, formé avec l’Association du personnel médical de la zone d’Edmonton.

57 cas détectés depuis début janvier

 

Depuis début janvier, « nous avons trouvé 50 cas détectés de variants provenant d’Angleterre et 7 en provenance d’Afrique du Sud, pour un total de 57 », a affirmé la Dre Hinshaw. La grande majorité de ces variants ont été détectés chez des personnes qui étaient de retour de voyage, contre huit qui ne sont pas sorties de la province.

De son côté, Noël Gibney évalue que « le variant britannique est environ 50 % plus contagieux et présente un taux de mortalité plus élevé de 35 % ».

L’équipe des services de soins de santé est à pied d’œuvre afin de réaliser quotidiennement les analyses nécessaires. « La province examine 300 échantillons par jour de ces variants, et effectue un séquençage génétique complet sur 400 échantillons par semaine pour trouver d’autres mutations ou variations de la COVID-19 », a poursuivi la Dre Hinshaw.

Chaque variant semble toutefois avoir ses propres particularités, comme l’explique Noël Gibney. Par exemple, « le variant sud-africain fait partie des plus contagieux et les personnes ayant déjà été infectées par la souche originale peuvent être réinfectées, même si elles ne sont généralement pas aussi malades la seconde fois ». Aux dires du spécialiste, le vaccin serait sans effet sur ce dernier, contrairement au variant brésilien, contre lequel il serait efficace.

Craintes d’une troisième vague

En attendant, la médecin en chef Deena Hinshaw a tenu à se faire rassurante sur le cas des variants en expliquant que la transmission communautaire des mutations n’était pas très répandue. Le coronavirus d’origine reste la souche dominante en Alberta. Selon elle, chaque test positif effectué dans le cadre du programme pilote frontalier de la province est soumis à un dépistage pour détecter le variant. Depuis, 28 cas ont pu être détectés grâce à ce test.

La médecin en chef de la santé publique du Canada, la Dre Theresa Tam, a déclaré le 2 février que près de 150 cas de ces variants ont déjà été confirmés à travers le Canada, alors même que le nombre total de nouveaux cas de COVID-19 continue de baisser.

Les meilleures mesures de lutte contre ces virus consistent à maintenir des restrictions strictes en matière de santé publique et à vacciner le plus grand nombre de personnes possible dans les plus brefs délais, mettent en avant la Dre Hinshaw et le Dr Gibney. Pour rappel, l’Alberta a appris voilà une semaine du gouvernement fédéral qu’elle sera à court de 63 000 vaccins d’ici la fin mars. Ce qui ne facilite pas le processus de vaccination.

L’assouplissement proposé concernant certaines restrictions en Alberta, comme la réouverture prévue le 8 février de certains commerces, est mal vu par certains praticiens, comme Noël Gibney. « Elle entraînera une troisième grande vague d’infections fin mars, qui dépassera de loin tout ce que nous avons vu en Alberta aujourd’hui », prévoit-il.

En attendant, la province recense 6912 cas actifs, dont 556 sont à l’hôpital et 97 en soins intensifs. En l’espace d’une journée, 13 personnes sont décédées, dont un homme de 27 ans originaire de la zone d’Edmonton. Le nombre de décès s’élève actuellement à 1660. En date du 1er février, 7899 tests ont été réalisés en l’espace d’une journée.

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