Des amendes totalisant près de 5,9 millions de dollars contre les contrevenants

Depuis le 1er avril, la grande majorité des constats ont été remis à des personnes physiques, soit 3984 sur 4017.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Depuis le 1er avril, la grande majorité des constats ont été remis à des personnes physiques, soit 3984 sur 4017.

Depuis le début de la pandémie de COVID-19, plus de 4000 constats d’infraction ont été remis à des personnes qui n’ont pas respecté les mesures sanitaires au Québec, pour un total de près de 5,9 millions de dollars en amendes.

Une mise à jour effectuée par le ministère de la Justice le 31 décembre 2020 indique que, depuis le 1er avril, la grande majorité des constats ont été remis à des personnes physiques, soit 3984 sur 4017. Les 33 autres ont été donnés à des personnes morales. Sans surprise, c’est à Montréal que le plus grand nombre d’amendes ont été imposées à des individus, soit 1676. Suivent Laval, avec 250 constats, et Québec, avec 233.

 
5,9 millions
C’est le montant que totalisent les amendes remises à ceux qui contreviennent aux mesures sanitaires depuis le début de la pandémie au Québec.

Les contestations sont toutefois nombreuses. Selon les données colligées par le Bureau des infractions et amendes (BIA), 1561 des 3958 constats recensés au 15 décembre ont été remis en cause.

Festivités du Nouvel An

Au cours de la dernière semaine, les policiers à travers la province ont continué de sévir. Dans son bilan publié mardi, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) précise qu’entre le 28 décembre et le 3 janvier, il a reçu 903 appels en rapport avec l’application des directives de la Santé publique et remis 16 constats ou rapports d’infraction généraux à des contrevenants. Le SPVM ajoute toutefois que 289 autres constats pourraient être délivrés pour la période des Fêtes, « après l’analyse des dossiers ».

 

De son côté, la Sûreté du Québec (SQ) rapporte 92 constats ou rapports d’infraction généraux distribués pendant la semaine du jour de l’An, contre 51 pour la semaine de Noël. À Québec, les policiers ont donné 70 amendes, dont 46 sont liées à une manifestation tenue le 31 décembre. À Laval, les constats sont au nombre de 7, contre 5 à Longueuil, 7 à Sherbrooke et 13 à Gatineau.

Policiers trop conciliants ?

Avec la hausse des nouveaux cas de COVID-19, les policiers se sont fait reprocher de ne pas être assez sévères envers les contrevenants qui ont participé à des rassemblements illégaux.

Lundi, Marie-France Raynault, cheffe du Département de santé publique et médecine préventive du CHUM, déplorait que les policiers aient, dans bien des cas, préféré donner des avertissements plutôt que des constats d’infraction. « Si vous roulez à 160 km/h sur une autoroute, ils ne vont pas vous donner un avertissement, ils vont vous donner une contravention. Ça fait quand même neuf mois qu’on est là-dedans », a-t-elle déclaré au Devoir.

Ni le SPVM ni l’Association des policiers provinciaux du Québec n’ont voulu commenter cette critique.

L’Association des directeurs de police du Québec (ADPQ) souligne pour sa part que les policiers doivent faire face à de nombreuses contraintes avec l’arrivée de l’hiver. « Comme on est dans un pays nordique, les rassemblements ont lieu à l’intérieur. Il faut que les voisins appellent [pour les dénoncer]. On n’est pas dans un État policier où les policiers vont aller faire des inspections dans les maisons. Ils ne peuvent pas se promener dans les rues et vérifier toutes les plaques d’immatriculation, puis cogner aux portes pour voir où ils sont [les propriétaires des véhicules] », explique André Durocher, porte-parole de l’ADPQ.

« Dans l’ensemble, je trouve qu’il est plus rassurant pour une population d’entendre que peut-être on aurait dû en faire plus, plutôt que de constater qu’il y a eu des abus. Encore là, la responsabilité est individuelle », ajoute-t-il.

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