Un professeur de Montréal-Nord critiqué pour son utilisation du mot en n s'excuse

Le professeur d’histoire de Montréal-Nord qui a provoqué un tollé en utilisant le mot en n à maintes reprises dans sa classe s’excuse auprès de ses élèves, de la communauté dans laquelle il enseigne et de la Ligue des Noirs.

Dans un message intitulé « Mes plus sincères excuses » envoyé au Devoir, en guise de réponse à une demande d’entrevue, le professeur Vincent Ouellette fait son mea culpa, indiquant que ce seront là ses seuls commentaires sur la situation.

Rappelons que M. Ouellette fait l’objet d’une enquête administrative du Centre de service scolaire de la Pointe-de-l’Île (CSSPI) pour les propos qu’il a tenus dans le cadre d’un cours qui se donnait à distance à l’école secondaire Henri-Bourassa la semaine dernière. Une pétition, signée par près de 1000 personnes, demande également son renvoi.

Des étudiants l’avaient filmé à son insu et avaient publié une vidéo éditée sur les réseaux sociaux. On pouvait entendre le professeur Vincent Ouellette utiliser le mot en n à maintes reprises, citant notamment le monologue Nigger Black d’Yvon Deschamps. Le professeur qualifiait de « cave » le président de la Ligue des Noirs qui, à l’époque, avait condamné le monologue du célèbre humoriste québécois.

« Le tollé provoqué par mes propos malheureux en classe d’histoire m’a fait réaliser que c’était moi le  “cave” qui avait dénigré le président de la Ligue des Noirs parce qu’il avait dénoncé le monologue d’Yvon Deschamps en 1969 », écrit le professeur dans sa réponse envoyée au Devoir.

« Je m’excuse auprès de mes élèves, auprès de la communauté où j’enseigne depuis 25 ans ainsi qu’auprès de tous ceux et celles qui ont été offensés. Cette attitude n’avait pas sa place dans un cours d’histoire. »

Vincent Ouellette s’excuse également auprès de Dan Philips, président de la Ligue des Noirs du Québec, précisant que c’est un homme qu’il respecte et dont la cause lui tient à cœur. « Ce jour-là, écrit-il, je voulais expliquer le sens que l’humoriste voulait donner à son monologue, mais j’aurais dû aussi parler de la blessure que pouvait ressentir la communauté noire des années 1960-1970 en l’écoutant. Ce n’est pas ce que j’ai fait ; j’ai manqué de sensibilité. »

Haute sensibilité

Le professeur d’histoire explique qu’il a voulu faire « des liens avec l’actualité récente » dans le cadre d’une discussion « sur la façon d’appréhender notre passé avec un regard actuel ».

Or, il reconnaît ne pas avoir « tenu compte de la haute sensibilité du sujet » et affirme avoir « donné des munitions à ceux qui veulent brimer la liberté d’expression dans l’enseignement public ». Il se dit « profondément désolé et malheureux » que ses propos aient mené à une telle situation.

« Les gens qui me connaissent savent mon respect et mon affection pour la communauté noire, les idéaux que je défends, les valeurs que je partage et mon amour de l’enseignement et de l’histoire », écrit-il.

« Je souhaite un jour poursuivre cette conversation avec mes élèves. D’ici là, je prendrai du recul et j’espère que ces quelques explications contribueront à apaiser la situation. »

Jeudi dernier, le Centre de services scolaire de la Pointe-de-l’Île affirmait avoir entrepris des actions « pour faire la lumière sur ces événements ». Lundi matin, le CSSPI n’était pas en mesure d’indiquer si des sanctions avaient été prises à l’encontre de M. Ouellette. « Vous comprendrez que je ne peux commenter un dossier de ressources humaines, répond Valérie Biron, responsable des communications, par courriel. Je peux confirmer par contre qu’il est sous enquête administrative. »

De son côté, le président de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), Sylvain Mallette, lançait jeudi un appel au calme.