Ottawa reparle de normes nationales pour les CHSLD, Québec se braque

«On ne devrait pas voir des aînés mieux protégés ou moins bien protégés dans une région du pays que l’autre», a dit M. Trudeau lors d’une conférence de presse mardi.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir «On ne devrait pas voir des aînés mieux protégés ou moins bien protégés dans une région du pays que l’autre», a dit M. Trudeau lors d’une conférence de presse mardi.

Le fédéral revient à la charge avec l’idée d’imposer des normes nationales pour les centres de soins de longue durée, et Québec se braque aussitôt.

Voyant à nouveau les CHSLD menacés par l’arrivée d’une seconde vague de la COVID-19, le premier ministre Justin Trudeau a réaffirmé mardi son intention de discuter de cet enjeu lors de la conférence téléphonique hebdomadaire des premiers ministres du pays, jeudi prochain.

« On ne devrait pas voir des aînés mieux protégés ou moins bien protégés dans une région du pays que l’autre. Il nous revient tous de travailler ensemble pour assurer des soins de qualité pour tous les aînés et je vais certainement en parler avec les provinces », a dit M. Trudeau en conférence de presse mardi avant-midi.

Et lorsqu’il a été invité à parler de transferts en santé aux provinces, il a plutôt choisi d’insister sur la situation dans ces centres où « il y a encore trop de cas ». Selon lui, ces institutions « font face malheureusement encore à d’énormes défis, malgré tous les efforts que nous avons faits au printemps pour appuyer les provinces, et avec l’armée canadienne et avec la Croix-Rouge ».

Cette sortie, à Ottawa, a rapidement fait sursauter François Legault. « Moi, je pense que M. Trudeau joue avec le feu », a lâché le premier ministre du Québec, de passage à Montréal pour faire le point sur la pandémie.

Il a rappelé que toutes les provinces réclament une augmentation des transferts en santé. « Moi, je ne pense pas que le gouvernement fédéral devrait s’impliquer dans la gestion des CHSLD. Je pense que M. Trudeau fait une erreur de proposer des mesures centralisatrices », a-t-il déclaré, rappelant que la santé est « clairement un domaine de compétence provinciale ».

Le premier ministre Trudeau, lui, a aussi annoncé que des employés de la Croix-Rouge canadienne seront à nouveau déployés dans plusieurs centres de soins de longue durée. Cependant, ni lui ni son bureau n’ont donné de détails à ce sujet.

Nouvelle prestation et nouveaux tests

La nouvelle prestation fédérale pour les chômeurs qui n’ont pas le droit à l’assurance-emploi a déjà fait l’objet de 240 000 demandes.

Cette Prestation canadienne de la relance économique (PCRE) est de 500 $ par semaine, pendant un maximum de 26 semaines. Et on peut la demander depuis lundi.

En soulignant déjà le nombre de Canadiens qui y ont recours, le premier ministre Trudeau a rappelé mardi qu’elle est simple à réclamer et semblable à la PCU, la prestation créée au début de la pandémie et maintenant disparue.

Lors de sa conférence de presse, M. Trudeau a également fait savoir que les tests rapides achetés par Ottawa seront distribués aux provinces et aux territoires « bientôt ».

Aux côtés de M. Trudeau, les administrateurs de l’Agence de la santé publique du Canada ont fait savoir que le pays compte en ce moment environ 19 000 cas actifs de COVID-19.

La Croix-Rouge dans les foyers de soins de longue durée ontariens

Le gouvernement de l’Ontario détermine actuellement quels foyers de soins de longue durée recevront l’aide de la Croix-Rouge canadienne, alors que la deuxième vague de la pandémie s’installe dans cette province. Les données provinciales montrent que 66 foyers de soins de longue durée sont actuellement aux prises avec une éclosion de COVID-19.

 

Un porte-parole au ministère de la Santé et des Soins de longue durée a indiqué mardi que le gouvernement finalisera les détails du déploiement de la Croix-Rouge au cours des prochains jours. Le gouvernement fédéral a annoncé dimanche qu’il avait approuvé la demande de l’Ontario de déployer la Croix-Rouge dans sept établissements de soins de longue durée d’Ottawa. Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Bill Blair, a indiqué que la Croix-Rouge « aiderait à évaluer et à stabiliser la situation » dans ces foyers.

 

L’Ontario rapportait 746 nouveaux cas de COVID-19 mardi et 807 lundi. Neuf nouveaux décès ont également été signalés mardi et trois autres lundi. La ministre de la Santé, Christine Elliott, a précisé que sur les nouveaux cas signalés mardi, 311 se trouvaient à Toronto, 135 dans la région de Peel et 116 à Ottawa. Par ailleurs, 1292 cas ont été considérés comme résolus au cours des deux jours. La province a effectué plus de 67 700 tests pendant cette période.