Une Longueuilloise sera accusée pour l’envoi d’une lettre empoisonnée à Trump

Les policiers ont entrepris une perquisition, lundi à 10h, dans un appartement d’un édifice de 70 logements situé sur le boulevard Vauquelin, à Saint-Hubert, à la demande du FBI.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Les policiers ont entrepris une perquisition, lundi à 10h, dans un appartement d’un édifice de 70 logements situé sur le boulevard Vauquelin, à Saint-Hubert, à la demande du FBI.

Une résidente de l’arrondissement Saint-Hubert, à Longueuil, âgée de 53 ans devra comparaître mardi relativement à l’envoi d’une lettre contenant du poison à Donald Trump. L’unité de sécurité nationale de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) menait lundi une opération majeure à Saint-Hubert, sur la Rive-Sud, au domicile de la suspecte, Pascale Ferrier.

Les policiers ont entrepris une perquisition à 10 h dans un appartement d’un édifice de 70 logements situé sur le boulevard Vauquelin à la demande du FBI, a confirmé sur place le caporal Charles Poirier de la GRC, qui a parlé d’un « gros déploiement ».

Les policiers étaient toujours sur les lieux vers 17 h.

Des agents en combinaison blanche ainsi que d’autres vêtus de ce qui semblait être une tenue de combat verte ont été vus faisant des allers-retours dans l’immeuble.

L’Équipe d’intervention en cas d’incident chimique, biologique, radiologique, nucléaire ou explosif, une unité spécialisée composée des Forces armées canadiennes et de la GRC, a été mise à contribution « pour s’assurer que la fouille se fasse de façon sécuritaire ». Des policiers et des pompiers de Longueuil, de même qu’une ambulance, étaient également présents.

Ricine

« Il s’agit du dossier dans lequel des lettres contenant des substances hautement toxiques ont été envoyées à la Maison-Blanche, et cinq autres lettres qui ont été envoyées à différents endroits dans l’État du Texas », a expliqué le caporal Poirier.

Le département américain de la Justice a indiqué en après-midi que la suspecte comparaîtra mardi à 16 h devant un tribunal de Buffalo. La justice refuse de confirmer le nom de cette femme.

Les policiers ont confirmé que les enveloppes contenaient de la ricine, un puissant poison végétal.

La ricine est une « poudre blanche extrêmement toxique » qui provient des graines de ricin, a expliqué Gordon Routley, un expert du Service de sécurité incendie de Montréal.

Elle est dangereuse lorsqu’elle entre en contact avec la peau. Selon M. Routley, il y a « un grand risque » que son ingestion soit mortelle.

Il ne s’agit donc pas d’un danger à grande échelle, a dit M. Routley, qui estime que les personnes qui habitent dans les logements des environs sont en sécurité.

Une voiture de police noire était stationnée non loin de l’édifice pendant plus d’une heure avant le début de l’opération, a affirmé une jeune femme qui habite dans un édifice à logements voisin de celui où s’est déroulée la perquisition.

Le véhicule aurait filé ensuite à vive allure, avec sa sirène et ses gyrophares allumés, en direction de l’immeuble pour bloquer la rue. La voisine a ensuite vu les nombreux véhicules d’urgence être déployés.

« C’est un quartier assez tranquille », a dit son copain, « bouleversé ».

Les forces policières canadiennes ont été appelées à contribuer à l’enquête de la police fédérale américaine (FBI) lorsque les enquêteurs ont trouvé des preuves montrant que la lettre provenait du Canada.

Une photo de la lettre publiée par le réseau CNN laisse croire qu’elle aurait transité par Montréal, en raison du code postal du centre de tri.

Les policiers affirment que la suspecte est une femme qui a été arrêtée dimanche à Buffalo, dans l’État de New York, alors qu’elle tentait de franchir la frontière américaine depuis le Canada. Elle est présentement détenue aux États-Unis.

Ils disent ignorer si la suspecte vit dans ce logement, mais affirment qu’il y a « un lien clair » entre elle et l’adresse de la perquisition.

La GRC assure que les mesures nécessaires sont déployées pour assurer la sécurité des résidents. Les logements qui se trouvent à proximité de celui qui a été fouillé ont notamment été évacués.

Autres lettres

Le caporal Charles Poirier de la GRC a déclaré lundi que des enveloppes contenant de la ricine avaient également été envoyées à divers endroits au Texas.

Contacté par La Presse canadienne, le bureau du shérif du comté d’Hidalgo, dans le sud du Texas, a renvoyé toutes les questions sur le compte Twitter du shérif, Eddie Guerra. Celui-ci a publié en fin de journée lundi ce message : « Je peux confirmer que des enveloppes, contenant le poison mortel ricine, m’ont été envoyées, à moi et à trois membres de mon personnel de détention. »

« Pour le moment, en raison de l’enquête fédérale active, je ne peux pas faire d’autres commentaires… Personne n’a été blessé. »

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