Quatre raisons d’assumer ses cheveux blancs

Jessica Dostie Collaboration spéciale
En 2020, avoir la tête blanche n’est plus perçu  comme un signe de l’âge à dissimuler à tout prix.
Getty Images En 2020, avoir la tête blanche n’est plus perçu comme un signe de l’âge à dissimuler à tout prix.

Ce texte fait partie du cahier spécial Vieillir mieux

Renoncer aux teintures capillaires et cesser de camoufler ses cheveux blancs ? Voilà une tendance qui a repris du poil de la bête depuis quelques saisons ! À preuve, de nombreuses personnalités, de la journaliste française Sophie Fontanel à l’actrice Demi Moore, en passant par Jennifer Brodeur, gourou québécoise des petits pots de crème, ont choisi d’afficher fièrement leur chevelure naturellement argentée. Voici quatre arguments qui militent pour la cause.

Pour se libérer d’une certaine pression sociale

Sur les réseaux sociaux, les comptes qui font la promotion des chevelures argentées pullulent. Il suffit de faire une recherche en utilisant les mots-clics #greyhairdontcare ou #silversisters pour s’en convaincre. Au sein de ces sororités 2.0, on valorise la diversité sous toutes ses formes en encourageant les femmes à s’affirmer elles-mêmes sans se plier aux traditionnels diktats de la beauté. C’est un peu cette quête — et toutes les étapes de sa transformation capillaire entreprise à l’âge de 53 ans — que raconte d’ailleurs la Française Sophie Fontanel dans son roman Une apparition, paru en 2017.

Et la tendance s’accentue depuis le début de la crise sanitaire, observe le coiffeur montréalais Denis Binet. « Je dirais qu’aujourd’hui, après avoir passé jusqu’à quatre mois à apprivoiser leurs repousses, près du quart de mes clientes se trouvent actuellement dans un processus de transition vers leur chevelure naturelle, témoigne-t-il. C’est beau de les voir gagner cette confiance en elles ! Elles me disent carrément se sentir libérées de la pression sociale qui les obligeait à se rendre chez le coiffeur tous les mois. C’est nouveau que j’entende ce genre de discours et je trouve que c’est extraordinaire. » En 2020, avoir la tête blanche n’est plus perçu comme un signe de l’âge à dissimuler à tout prix.

Pour adopter un mode de vie plus vert

Encore de nombreuses teintures, qu’elles soient destinées à une application en salon ou à la maison, contiennent des substances qui peuvent être nocives pour l’environnement. Ces composés, tels que l’ammoniaque, le toluène ou les dérivés du goudron de houille, considérés comme toxiques par la Fondation David Suzuki, se retrouvent dans les tuyaux et passent par les usines de traitement des eaux usées, avant d’aboutir dans les cours d’eau.

En parallèle, les déchets associés à la coloration capillaire — des bouteilles de plastique aux tubes métalliques, en passant par les résidus de colorants — s’empilent dans les sites d’enfouissement et prennent des années à se décomposer. D’autant que le suremballage sévit aussi en ce domaine. En somme, qu’on se le dise : se priver de coloration, c’est aussi une forme de réduction à la source.

Pour arborer une chevelure en santé

C’est bien connu : les colorants capillaires peuvent, à la longue, assécher les cheveux, voire agresser le cuir chevelu. Les colorations à répétition risquent même d’altérer la structure du cheveu et de la kératine et, dans les pires cas, causer des allergies. Cesser toute coloration a donc un effet certain sur leur santé, bien que la nature parfois plus rêche des cheveux gris ou blancs exige aussi des soins particuliers.

« La meilleure chose à faire, c’est simplement d’utiliser un revitalisant après chaque shampoing, en optant de préférence pour des produits qui contiennent des pigments bleus afin de neutraliser les reflets jaunes », conseille Denis Binet, rappelant que les cheveux au naturel et non traités sont, peu importe notre âge, très faciles à entretenir parce qu’ils sont moins abîmés.

Pour économiser temps et argent

Dernier avantage, mais non le moindre : les économies. Sachant que les honoraires d’un coloriste peuvent grimper à plus d’une centaine de dollars, et ce, presque chaque mois (ou, si on colore ses cheveux soi-même, de 10 $ à 20 $ mensuellement pour une boîte de teinture achetée en pharmacie), le calcul est vite fait.

Et cette équation ne tient même pas compte du temps qu’on sacrifie périodiquement au camouflage des repousses !