Grève tournante à compter de mardi dans des garderies en milieu familial

Cela fait plus d’un an que dure cette négociation entre le ministère de la Famille et la Fédération des intervenantes en petite enfance.
Photo: iStock Cela fait plus d’un an que dure cette négociation entre le ministère de la Famille et la Fédération des intervenantes en petite enfance.

À moins d’un revirement, les 10 000 responsables de services de garde en milieu familial de la CSQ amorceront mardi une grève tournante qui touchera tour à tour les régions du Québec.

Cette grève tournante aura lieu du 1er au 18 septembre. Elle commencera par la région de Québec-Chaudière-Appalaches et se terminera par les régions de Laurentides et de la Montérégie, le 18. Celle de Montréal sera touchée le 11.

Et, à compter du 21 septembre, la Fédération des intervenantes en petite enfance (FIPEQ), affiliée à la Centrale des syndicats du Québec, prévoit même une grève générale illimitée.

Cela fait plus d’un an que durent les négociations entre le ministère de la Famille et la fédération de la CSQ. Et, à l’heure actuelle, la négociation est « au point mort », a indiqué en entrevue avec La Presse Canadienne la présidente de la FIPEQ, Valérie Grenon.

Vendredi, les parties ont échangé des messages et convenu de se reparler lundi, la veille du déclenchement de la grève tournante, mais aucune date de négociation n’avait encore été arrêtée.

Points en litige

Les responsables de services de garde en milieu familial ne sont pas rémunérées à l’heure ; elles concluent une entente de services avec Québec, qui leur verse une subvention pour dispenser le service. En calculant à partir de cette subvention le nombre d’heures qu’elles font et leurs dépenses, la FIPEQ estime qu’elles sont rémunérées à hauteur de 12,42 $ l’heure. La FIPEQ réclame plutôt 16,75 $ l’heure.

Le ministère rappelle que ce n’est pas un salaire à l’heure qu’il verse, mais bien une subvention qui tient compte du fait qu’elles travaillent depuis leur domicile, qui tient compte de leurs dépenses inhérentes et du nombre d’heures réalisées. Il estime donc être équitable, compte tenu de ces conditions.

Le salaire n’est pas le seul point en litige. La FIPEQ veut également obtenir deux journées pédagogiques pour les responsables qui doivent rencontrer les parents et colliger des « dossiers de l’enfant » ou bien un montant forfaitaire pour trouver une remplaçante, lorsqu’elles doivent accomplir ces tâches.

La fédération veut aussi que les responsables de service de garde en milieu familial puissent accueillir plus qu’un enfant ayant des besoins particuliers — un enfant avec lequel vient une somme supplémentaire.

Lacombe invite à négocier

Chaque partie accuse l’autre de ne pas vouloir négocier.

« Je n’irai pas m’asseoir pour m’asseoir », s’est exclamée Mme Grenon.

De son côté, jeudi encore, le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, affirmait lui aussi que c’est le syndicat qui refuse de négocier et que c’est le ministère qui attend que le syndicat se rende disponible pour négocier.

« Le message sera toujours le même de ma part : je pense que quand on se parle, on se comprend. Moi j’invite le syndicat à négocier. Je pense que si les deux parties négocient de bonne foi, on arrivera à trouver une entente qui va satisfaire tout le monde. Parce que ce qu’on recherche, le but, en tout cas le mien, c’est d’éviter une grève. À chaque fois qu’il y a une grève, qui en paie le prix ? Bien, ce sont les tout-petits et leurs parents, qui voient leur quotidien chamboulé », a déploré le ministre Lacombe.

« Je souhaite que le syndicat soit disponible pour venir à la table de négociation. Je l’invite à se rendre disponible pour qu’on puisse reprendre les négociations », a réitéré le ministre de la Famille.

Mme Grenon a répliqué : « c’est le ministère de la Famille qui les prend en otage, pas nous ».

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