Portée disparue après une plainte contre son conjoint violent, Véronique Vennes a été retrouvée

Vers 22h30 samedi, les policiers avaient été appelés dans le logement qu’occupe le couple dans le secteur Saint-Gérard-des-Laurentides à Shawinigan. Selon la SQ, Hugo Tousignant aurait menacé sa conjointe, Véronique Vennes, avec un pistolet à plomb.
Photo: Page Facebook de Véronique Vennes Vers 22h30 samedi, les policiers avaient été appelés dans le logement qu’occupe le couple dans le secteur Saint-Gérard-des-Laurentides à Shawinigan. Selon la SQ, Hugo Tousignant aurait menacé sa conjointe, Véronique Vennes, avec un pistolet à plomb.

Véronique Vennes, qui était portée disparue depuis lundi matin après avoir porté plainte samedi soir contre son conjoint violent, a été retrouvée saine et sauve par les policiers mercredi matin. La jeune femme de 25 ans de Shawinigan se trouvait en compagnie de son conjoint, Hugo Tousignant, 33 ans, qui a été arrêté sur-le-champ par la Sûreté du Québec (SQ).

Selon Éloïse Cossette, porte-parole de la SQ, Véronique Vennes ne semblait pas être avec son conjoint sous contrainte. Les deux ont été conduits mercredi au poste de police afin d’y être interrogés par des enquêteurs des crimes majeurs.

Ce sont des personnes qui avaient alerté les autorités de la présence aux abords de la rivière Saint-Maurice de la voiture utilisée par le couple. « Les policiers ont trouvé le véhicule, mais personne n’était à l’intérieur », rend compte Éloïse Cossette. Ceux-ci ont donc continué à surveiller le secteur.

Vers 10 h 30 mercredi, le couple est arrivé par la rivière à bord d’une embarcation en provenance des îles Marchesseault, sur lesquelles se trouvent une soixantaine de résidences, principalement des chalets. « Les policiers ont attendu qu’ils atteignent le véhicule pour les arrêter. »

Hugo Tousignant — visé par des accusations de voies de fait et de voies de fait armées sur sa conjointe, de méfaits sur le véhicule de sa conjointe et de bris de probation dans sept dossiers — devrait comparaître jeudi au palais de justice de Shawinigan.

Menaces armées

Vers 22 h 30 samedi, les policiers avaient été appelés dans le logement qu’occupe le couple dans le secteur Saint-Gérard-des-Laurentides à Shawinigan. Selon la SQ, Hugo Tousignant aurait menacé sa conjointe avec un pistolet à plomb. « À l’arrivée des policiers, le suspect était parti », indique Éloïse Cossette. Le lendemain vers 17 h, des résidents du secteur avaient aperçu le suspect. « Il voulait revenir sur place, dans le domicile qu’il partage avec Véronique Vennes. » Un maître-chien avait été mis à contribution, mais aucune arrestation n’avait été effectuée.

Sans nouvelles de la jeune femme depuis lundi matin, sa famille avait signalé sa disparition à la police, qui avait diffusé un avis de recherche mardi. « On croit que c’est possible qu’ils soient ensemble et qu’ils se déplacent dans son véhicule à elle », avait alors indiqué la SQ.

La violence conjugale comprend une grande part de manipulation

 

Mardi après-midi, la jeune femme avait été aperçue seule dans un commerce de Saint-Élie-de-Caxton. Celle-ci n’aurait pas cherché à obtenir de l’aide, a révélé la SQ. Les autorités policières et la famille de Véronique Vennes craignaient néanmoins pour la sécurité de la jeune femme.

Hugo Tousignant traîne un lourd passé criminel, dont plusieurs antécédents de violence conjugale. En 2019, l’homme de 33 ans a notamment plaidé coupable à des accusations d’introduction par effraction, de menaces proférées et de méfait à l’égard d’une ex-conjointe. Un an plus tôt, il avait aussi été emprisonné pour avoir proféré des menaces, toujours dans un contexte de violence conjugale.

L’homme a aussi reconnu sa culpabilité en 2015 dans un dossier de vol qualifié. En 2016, il a été acquitté dans un dossier de possession de drogues.

Amour et violence

Il n’est pas rare qu’une femme retourne auprès de son conjoint violent, rappelle Louise Riendeau, porte-parole du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale. On ne connaît pas encore les circonstances exactes entourant la disparition de Véronique Vennes, souligne-t-elle, mais on sait que « la violence conjugale comprend une grande part de manipulation ».

« Les conjoints violents sont souvent très convaincants, ils disent qu’ils vont changer, qu’on doit se donner une nouvelle chance comme couple, qu’on serait mieux juste tous les deux ensemble sans la mauvaise influence de la famille », indique Louise Riendeau. Sans oublier qu’un conjoint violent n’est pas violent à chaque instant et que l’amour est intrinsèquement lié à une dynamique de violence conjugale.

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