Étrangers au Canada: Ottawa suspend l’obligation de fournir des données biométriques

Les demandes de permis de travail et de résidence permanente de Fanny Bachevalier étaient sur pause jusqu'à maintenant, faute de données biométriques. Elle redoutait de tomber en statut implicite à la fin de son permis actuel, en août.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Les demandes de permis de travail et de résidence permanente de Fanny Bachevalier étaient sur pause jusqu'à maintenant, faute de données biométriques. Elle redoutait de tomber en statut implicite à la fin de son permis actuel, en août.

Dans l’attente de pouvoir rouvrir ses services de collecte de données biométriques, pandémie oblige, Ottawa suspend temporairement l’obligation de fournir ces informations pour compléter une demande de résidence temporaire au Canada, mais seulement pour les personnes déjà sur le territoire. Une mesure qui vient débloquer les démarches de nombreux travailleurs et étudiants étrangers qui craignaient de devoir tirer un trait sur leur projet de vie.

Cette mesure s’applique autant aux demandes de prolongation qu’aux nouvelles demandes pour obtenir un permis d’étude, un permis de travail ou un visa de visiteur, précise le ministère de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté (IRCC). « Nous continuerons de procéder au contrôle des demandeurs à l’aide d’autres moyens dans le but d’assurer la sécurité de tous les Canadiens. »

Dans le cas des candidats à la résidence permanente, ils doivent toujours fournir leurs données biométriques — soit une prise de photo et des empreintes digitales — pour compléter leur dossier. L’IRCC leur accorde néanmoins un délai et envisage d’autres options pour les aider.

Les personnes se trouvant présentement à l’extérieur du pays et qui ont fait une demande de résidence temporaire bénéficient elles aussi d’un délai pour fournir leurs données biométriques, qui restent également obligatoires pour eux afin de finaliser leur dossier et ainsi pouvoir mettre un pied au Canada.

 

Rappelons que les bureaux de Service Canada ont commencé à rouvrir progressivement depuis mercredi dernier, après quatre mois de fermeture en raison de la pandémie. Mais seules les requêtes concernant les numéros d’assurance sociale, l’assurance-emploi et la pension de retraite pouvaient être traitées, le service de collecte de données biométriques devant reprendre à une date ultérieure.

Cet assouplissement temporaire vient donc débloquer les démarches de nombreux étrangers déjà établis au Québec qui risquaient pour certains de devoir annuler leurs études cet automne ou bien de perdre leur emploi, faute d’avoir leur permis à temps.

Confusion

Les communications d’IRCC ont cependant semé la confusion dans les dernières 24 heures, faisant vivre une palette d’émotions aux demandeurs bloquées depuis des mois dans leurs démarches.

Mardi matin, le site d’IRCC indiquait noir sur blanc que tous les demandeurs d’une prolongation ou d’une nouvelle demande de résidence temporaires, mais également d’une résidence permanente, seraient dispensés de fournir leurs données biométriques, s’ils sont déjà au Canada. Mais à peine 24 heures plus tard, cette nouvelle directive a disparu du site Internet, plongeant de nombreuses personnes dans la confusion et l’inquiétude. Ce n’est qu’en soirée qu’IRCC a rectifié le tir. L’annonce est sensiblement la même, à la seule différence que les résidents permanents ne bénéficient plus de cette exemption.

« Des renseignements erronés ont été publiés sur le site Web du ministère, mais une fois détectés, ceux-ci ont été supprimés immédiatement. Les renseignements exacts sont maintenant publiés. Nous nous excusons pour tout désagrément que cela a pu causer », a précisé par courriel au Devoir le conseiller aux communications d’IRCC, Peter Liang.

 

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