Maripier Morin prend une pause

Maripier Morin, visée par des allégations de harcèlement sexuel, a annoncé jeudi après-midi qu’elle prenait une pause professionnelle et qu’elle entamait une thérapie.

Dans une déclaration écrite envoyée aux médias, la star québécoise a dit vouloir consacrer son temps à prendre soin de sa santé physique et mentale.

« Je ne cherche pas à excuser mes gestes et mes paroles, je cherche plutôt à comprendre et, surtout, à trouver l’aide dont j’ai besoin, explique-t-elle. J’entame donc une thérapie avec des professionnels de la santé qui sauront m’aider. »

La femme, qui a célébré ses 34 ans plus tôt cette semaine, remercie son amoureux, ses amis, son équipe et sa famille, qui l’accompagnent durant cette période tumultueuse.

En fin de journée mercredi, Maripier Morin avait présenté des excuses publiques à la chanteuse Safia Nolin après que celle-ci eut dénoncé sur Instagram le comportement répréhensible de l’animatrice à son endroit lors d’une soirée festive en mai 2018.

Dès mercredi soir, Blush Lingerie a annoncé qu’elle mettait fin à sa collaboration avec l’ancienne candidate d’Occupation double qui a gravi, au fil des ans, tous les échelons du showbiz québécois. « L’abus, quel qu’il soit, et ce type de comportement n’ont jamais été et ne seront jamais tolérés par nous », mentionnait l’entreprise montréalaise de lingerie haut de gamme.

Puis, jeudi matin, c’était au tour du détaillant de lunettes BonLook de larguer la jeune femme. « Nous ne pouvons tolérer que quiconque associé à notre organisation agisse de la sorte », a souligné l’entreprise, qui offrait du même souffle son soutien à toutes les personnes victimes de harcèlement ou d’agression.

Dans un courriel transmis au Devoir jeudi en fin de journée, Bell Média annonçait avoir pris la décision de retirer toutes les séries mettant en vedette Maripier Morin de ses plateformes Z, Vrak et Crave. « Quant à la saison 2 de Mais pourquoi ?, dont le tournage avait débuté, nous réévaluerons la situation ultérieurement », écrit le télédiffuseur.

Buick Canada a pour sa part suspendu son partenariat avec l’animatrice. Maripier Morin — qui a dévoilé avoir fait des gains de 1,3 million de dollars en 2018 — est aussi l’égérie de Revlon et elle a signé des partenariats avec Reebok.

Depuis mardi soir, la prise de parole de Safia Nolin — qui s’inscrit dans une nouvelle vague de dénonciations qui déferle sur les réseaux sociaux — secoue la sphère artistique québécoise.

La chanteuse de 28 ans affirme que, lors d’une soirée dans un bar montréalais en 2018, Maripier Morin a tenu des propos sexuels déplacés et insistants à son endroit, des propos racistes, et que l’animatrice l’a mordue si fort qu’elle en a gardé des séquelles pendant deux semaines.

Le lendemain, Maripier Morin reconnaissait les faits dans un message d’excuses publié sur Instagram. « Je n’aurais pas su lire ou comprendre la limite que j’aurais pu franchir, écrit-elle. Si tel fut le cas, je m’excuse encore et je suis toujours profondément désolée. » Celle qui mène également une carrière d’actrice ne fait toutefois aucunement mention des propos racistes qu’elle aurait tenus lors de cette soirée.

Plus tôt cette semaine, Maripier Morin s’était réjouie d’être nommée dans la catégorie Personnalité féminine de l’année au gala Artis. Jeudi en fin de journée, toutes les publications de son compte Instagram ont été effacées.

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11 commentaires
  • Serge Lamarche - Abonné 10 juillet 2020 04 h 43

    Égalité des femmes

    Bien voilà qui confirme que les femmes sont égales aux hommes à tous les niveaux. On attend la chronique de Francine Pelletier à ce sujet maintenant!

    • Claude Létourneau - Abonné 10 juillet 2020 07 h 09

      Vous êtes complètement à côté M. Lamarche, ici une femme est dénoncée pour son comportement lors d'une soirée... et elle fait les manchettes pendant plusieurs jours... qu'en est-il de tous ces hommes ayant commis des gestes similaires ou pire encore qui passent encore sous silence.

    • Marie-Hélène Gagnon - Abonnée 10 juillet 2020 08 h 27

      Quelle égalité? Y'a combien d'hommes qui abusent pour une femme qui abusent? Y'a combien de femmes qui sont victimes pour un homme qui est victime ? Ceci dit, peu importe qui est la victime, C'est une victime de trop mais ne parlez pas d'égalité. Combien d'hommes s'en sont tirés sans même une petite tape sur les doigts?
      Faites le tour de toutes les femmes que vous connaissez et vous pourrez constater que presque 100% des femmes ont vécu, au moins une fois dans leur vie, des paroles ou des gestes vraiment déplacés de la part d'un homme.

    • Serge Lamarche - Abonné 10 juillet 2020 13 h 39

      Les différences hommes-femmes que m. Létourneau et mme Gagnon remarquent ne proviennent que du fait que les femmes sont moins en positions de pouvoirs et se sentent moins libres. Du temps des enfants nombreux, ceux-ci étaient plus abusés par leurs mères que leurs pères. Les occasions et les rapports de force sont les variables importantes, pas le genre.

  • Jean Hamelin - Abonné 10 juillet 2020 09 h 15

    La justice

    Maintenant on ne dénonce plus à la justice une petite note de dénonciation sur Instagram repris par Le Devoir et c' est parti un événement survenu il y à 2 ans dont on ne connaît pas vraiment le contexte sauf un party entre filles probablement bien arrosé pourquoi avoir attendu 2 ans pour dénoncer quand depuis quelques années la dénonciation est partout dans le monde et pourquoi l' avoir fait pendant qu'elle était à l' extérieur du pays ,ce que tu détruis sur les réseaux sociaux te détruiras également ainsi est la loi de la jungle

  • Jason CARON-MICHAUD - Abonné 10 juillet 2020 09 h 50

    « Let's talk about the real issues » SANDERS

    Je ne sais si ce sont des jeux sexuels entre personnes initialement consentantes qui, sur le coup d'une colère ou d'agressivité relationnelle, se sont métamorphosés en «harcèlement sexuel». Le but de l'agressivité relationnelle n'est-elle de blesser l'estime de soi d'autrui, de briser ses relations avec ses pairs? Car à la différence d'un épicurien, pour un hédoniste, la conception de la justice est-elle si différente de la loi du talion? Morsure pour morsure... La discrimination pour délits de sexualité, n'est-ce une dent comme une autre?

    Enfin, je ne sais si l'une ou l'autre aime capter l'attention médiatique par ces questions de pratiques sexuelles, mais ces pratiques ne devraient-elles pas relever de la vie privée et plus encore de la sphère de l'intimité?

    Nous sommes en train de traverser une pandémie, nos soins de santé sont débordés, nos CHSLD sont lacunaires, des soignants meurent au front, l'éducation de nos enfants est mise en péril, la culture aussi (Olivieri, OSM, la presse écrite...) entre autre par le manque d'encadrement des GAFAM qui ne savent pas lire ou se fixer des limites, les océans se vident dans le confort et l'indifférence, la biodiversité est en déclin au point que des scientifiques parlent de sixième extinction, ce qui n'empêche pas certains éditeurs de penser à revitaliser l'écologie dans la politique en réanimant TROTSKI («espérons(!)» plus de consommation?!?), une partie de la population et des corporations préfèrent que des VUS soient consommés, la forêt et la maison brûlent, «la planète se rapproche d'un réchauffement dangereux de 1,5°C» pour reprendre le titre récent d'un article du Devoir...

    Où avons-nous failli comme société pour laisser ainsi la vie privée prendre plus d'attention que la chose publique, plus que la Res publica?
    Comment se corriger pour réorienter nos actions futures? Pour maintenir le secondaire, secondaire et garder le cap de véritables priorités collectives?

    • Jason CARON-MICHAUD - Abonné 10 juillet 2020 23 h 00

      « Je ne cherche pas à excuser mes gestes et mes paroles, je cherche plutôt à comprendre et, surtout, à trouver l’aide dont j’ai besoin. J’entame donc une thérapie avec des professionnels de la santé qui sauront m’aider. »

      Aspasie, pour des sensualistes, que reste-t-il après l'image? Qu'en pense Pierre-Paul?

      La philosophie n'est-elle un remède?

  • Léandre Nadeau - Inscrit 10 juillet 2020 11 h 40

    Le "cancel culture" produit des injustices. Safia vient de le prouver.

    Safia a utilisé une arme de destruction massive pour abattre sa proie. C'est inacceptable et méchant. Agressions sexuelles mon oeil. Depuis quand est-il interdit de "flirter" dans un bar. Si ça ne l'intéressait pas, elle n'avait qu'à le dire à la personne concernée. Point barre. Elle n'est pas allée à la police car, dit-elle, le système favorise les hommes blancs hétérosexuels. Quoi ? Maripier est un homme blanc hétérosexuel ? Où est la logique ? Safia n'est pas allée à la police car elle n'a pas de cause. Pourquoi Safia a-t-elle écrit LOL avec la photo ? Troublant cette histoire. Va falloir un jour que quelqu'un se lève et poursuive en justice les méchants et méchantes qui se font plaisir en profitant de la vague du "cancel culture".

    • Serge Lamarche - Abonné 10 juillet 2020 13 h 43

      Vous marquez des points, m. Nadeau.

  • Guy Laliberte - Inscrit 10 juillet 2020 13 h 22

    Une culture inquiètante

    Alors il ne s'agit que de publier un post instagram vieux de 2 ans pour détruire la carrière d'une vedette?

    C'est très inquiétant que les entreprises prennent de telle décision sans la moindre preuve et entretienne cette culture de lynchage. Il y a beaucoup d'incitatifs présentement a detruire des carrières et des humains etant cette culture toxique. La conséquence c'est que les rapports humains devrons etre extremement securitaire. Fini les partys entre employés, les cafés amicaux et les diners d'employés. Le risque est beaucoup trop grand. Cette tendance de pureté profites a qui?

    Au final, ce genre de mouvements fera le contraire de ce que les militants d'extreme gauche desire : En limitant les interactions, les echanges, il y aura necessairement moins de cas d'abus, mais en meme temps il y aura beaucoup moins d'opportunites, d'interactions et d'echanges. Un haut dirigeant qui aurait le choix de promouvoir un homme ou une femme , aura tendance a promovoir l'homme plus souvent par peur de se faire accuser de harcelement.Une etude par le Havard business demontre que 60% des hommes ne souhaitent pas avoir un diner avec une femme seule en 2020 ( Ce taux etait de 25% en 1990).. Cette culture est devenue toxique. Nous devons retrouver l'état de droit et les compagnies doivent cesser d'entretenir cette culture de lynchage.