Prière pour le salut des lieux de culte pendant la pandémie

La Santé publique évalue actuellement la possibilité de donner sa bénédiction à la réouverture des lieux de culte.
Photo: Getty Images / iStockphoto La Santé publique évalue actuellement la possibilité de donner sa bénédiction à la réouverture des lieux de culte.

Communion donnée à bout de bras par un prêtre masqué dans les églises, prière réservée aux fidèles ayant apporté leur tapis de la maison dans les mosquées, offices raccourcis au maximum dans les synagogues : les leaders religieux se préparent au déconfinement des lieux de culte au Québec.

« Il y a comme une urgence à pouvoir ouvrir les églises », dit le secrétaire général de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec, Pierre Murray, au téléphone. « On fait partie de la solution. Pour des centaines de milliers de gens au Québec, de croyants, de pratiquants, ça fait partie de leur équilibre de vie. Ils vont chercher là un réconfort, de la force pour passer à travers les épreuves. Et Dieu sait si on en a des épreuves présentement », ajoute-t-il.

Mgr Murray s’est retrouvé, au fil des dernières semaines, coordonnateur de la Table de concertation interreligieuse pour la réouverture des lieux de culte, qui regroupe une douzaine de membres de différentes religions. « On a l’impression qu’on est un peu au bout de la liste. Il y a un malaise », souligne-t-il, tout en répétant ne pas vouloir « précipiter les choses » ni exposer les fidèles à la COVID-19.

La Santé publique est, selon Mgr Murray, grandement préoccupée par les risques de transmission du coronavirus posés par la consécration de l’hostie et la communion, qui sont au cœur d’une célébration eucharistique.

Mgr Murray ne prévoit pas autrement d’entorse à la règle sacro-sainte de la distanciation sociale de deux mètres en raison notamment de la taille des églises.

Le président du Centre culturel islamique de Québec, Boufeldja Benabdallah, propose quant à lui de limiter le nombre de personnes admises simultanément dans une mosquée, de nettoyer la salle de prière fréquemment, en plus de placarder des affiches priant les habitués à se laver les mains. « Les prières se font côte à côte. Normalement, on doit même se toucher par nos épaules et nos pieds. Mais, on ne le fera pas », mentionne-t-il. Par ailleurs, les imams n’auront d’autre choix que de demander aux fidèles d’apporter leur propre tapis de prière durant la pandémie, selon lui. « Nous avons des prosternations à faire [durant lesquelles] le front touche à terre le tapis. On demande que les fidèles viennent avec leur propre tapis. […] Ce sont des choses qui sont pour nous, très délicates, mais qu’il faut faire », soutient-il.

Le rabbin Reuben J. Poupko est aussi d’avis qu’il est « certainement temps » de considérer la réouverture des lieux de culte au Québec. « Cela dit, personne ne veut voir ces sanctuaires pleins aujourd’hui », lance-t-il, tout en se disant favorable à des offices les « plus courts possible » regroupant des fidèles — à au moins deux mètres les uns des autres — dont l’« âge et l’état de santé [sont jugés] appropriés ».

La Santé publique évalue actuellement la possibilité de donner sa bénédiction à la réouverture des lieux de culte. « Vous allez avoir quelque chose qui va aller en crescendo », a averti le Dr Richard Massé. « Il y a certaines activités qui sont à très faible risque, puis il y en a d’autres qui sont à risque plus important. »

À voir en vidéo