Le bilan pourrait s’alourdir encore en Nouvelle-Écosse

Les enquêteurs ont passé au crible pas moins de 16 scènes de crime, dont cinq bâtiments incendiés.
Photo: Andrew Vaughan La Presse canadienne Les enquêteurs ont passé au crible pas moins de 16 scènes de crime, dont cinq bâtiments incendiés.

La liste des victimes de la tuerie survenue en Nouvelle-Écosse en fin de semaine a continué de grimper mardi, passant à 23 morts, dont le tueur. Le drame n’a pas manqué de relancer la question du contrôle des armes à feu au pays et de soulever des interrogations quant au système d’alerte d’urgence de la province, qui n’a jamais été déclenché.

« Nous pensons qu’il y a eu 23 [morts], y compris une personne de 17 ans. Toutes les autres victimes sont des adultes, tant des hommes que des femmes », a indiqué la Gendarmerie Royale du Canada (GRC) par voie de communiqué mardi.

Les enquêteurs ont passé au crible pas moins de 16 scènes de crime, dont cinq bâtiments incendiés. Dans les décombres, ils ont retrouvé des restes humains. Les autorités s’attendent à ce que le bilan continue de s’alourdir à mesure que l’enquête progresse.

Le suspect, Gabriel Wortman, un denturologiste de 51 ans, a tenu en haleine les policiers pendant plus de 12 heures en fin de semaine. La tuerie a commencé dans le village de Portapique samedi soir et s’est terminée dimanche matin dans une station-service d’Enfield où le tireur a été abattu par la police. Des victimes ont été trouvées le long de son parcours, à Portapique, Wentworth, Debert, Shubénacadie, Milford et Enfield.

Contrôle des armes à feu

Si aucun détail n’a été dévoilé sur l’arme du tireur, la question du contrôle des armes à feu a tout de même été remise sur le devant de la scène. Rappelons que le gouvernement Trudeau avait assuré en décembre vouloir interdire les armes d’assaut de type militaire en 2020. Une promesse mise de côté en ces temps de pandémie.

« On était sur le point de présenter nos mesures […] quand le Parlement a été suspendu en raison de la COVID-19. On est en train de voir quand sera le bon moment pour réintroduire ce projet de loi », a déclaré le premier ministre, Justin Trudeau, mardi.

La priorité pour l’heure reste d’apporter du soutien aux forces policières pour faire la lumière sur le drame, avait insisté lundi, le ministre fédéral de la Sécurité publique, Bill Blair.

Système d’alerte d’urgence

Découvrant l’ampleur du drame, des résidents de la région remettent en question l’utilisation de Twitter par les autorités, plutôt que le système d’alerte d’urgence prévu dans de telles circonstances.

Car c’est par l’entremise du réseau social que la GRC a mis en garde la population contre le tireur, diffusant des mises à jour tout au long de sa cavale. La province possède pourtant un système d’alerte en cas d’urgence qui permet d’afficher des messages automatiquement sur les téléphones intelligents. Le système a d’ailleurs été récemment utilisé pour rappeler les consignes de distanciation sociale et d”éloignement physique de mise durant la pandémie de coronavirus.

Questionné à ce sujet, le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Stephen McNeil, a expliqué que le système d’alerte n’a pas été utilisé tout simplement parce que la GRC ne l’a pas demandé. De son côté, le surintendant de la GRC, Chris Leather, a indiqué que Twitter avait été jugé comme « le meilleur moyen pour  communiquer sur cette menace en constante évolution. »

Avec La Presse canadienne