Barricade maintenue à Kahnawake, les discussions se poursuivent

Le chef traditionnel du clan de l’Ours, Kanentokon Hemlock
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le chef traditionnel du clan de l’Ours, Kanentokon Hemlock

Les discussions se poursuivront durant toute la journée de mardi, à Kahnawake, où la communauté évalue la pertinence de conserver sa barricade ferroviaire en place.

« Hier soir, il y a eu une réunion communautaire. Aucune décision définitive n’a été prise, et les réunions se poursuivront aujourd’hui et ce soir », a déclaré mardi matin Kanentokon Hemlock, le chef traditionnel du clan de l’Ours, à deux pas du blocus.

Les discussions de lundi soir étaient « positives », les « gens ont partagé leurs idées », a-t-il ajouté. Tant que la communauté n’en sera pas venue à une décision consensuelle, le blocus restera en place.

   

Dimanche, une entente de principe a été conclue entre les chefs héréditaires wet’suwet’en et les gouvernements d’Ottawa et de Victoria. Les activistes de Kahnawake avaient décidé de maintenir leur barrage ferroviaire, le temps d’examiner l’accord.

Afin d’en apprendre plus sur le contenu de l’entente de principe, M. Deer devait discuter lundi avec le chef wet’suwet’en Woos, qui a pris part aux trois journées de discussions avec la ministre fédérale des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett, et le ministre des Relations avec les Autochtones de la Colombie-Britannique, Scott Fraser.

On en sait peu sur l’accord, outre qu’il concerne le système de gouvernance traditionnel ainsi que la question des titres territoriaux. Il sera soumis à la population wet’suwet’en, qui devra l’approuver avant qu’il ne soit officiellement adopté. Les modalités de la consultation sont toutefois inconnues, et le processus pourrait vraisemblablement prendre de nombreux jours ou même des semaines.

Et même si le chef Woos l’a qualifiée de « jalon historique », rien n’assure que l’entente de principe puisse dénouer l’impasse actuelle. Dans une vidéo mise en ligne lundi, Molly Wickham, la porte-parole du clan Gidimt’en des Wet’suwet’en (que dirige Woos), a d’ailleurs appelé à poursuivre la « révolution » : « Nous ne nous reposons pas. Nous n’abandonnons pas. Nous ne nous inclinons pas. Nous ne demandons pas aux autres de s’incliner », a-t-elle soutenu.

Le barrage de Kahnawake perturbe la circulation des trains de banlieue de la ligne de Candiac depuis le 10 février. Les trains de marchandises ne peuvent pas non plus emprunter ce tronçon du réseau du Canadien Pacifique.

L’injonction accordée le 25 février par la Cour supérieure afin de faire libérer la voie ferrée n’a jamais été présentée officiellement aux activistes par les Peacekeepers. L’ordre du tribunal viendra à échéance le 5 mars, soit jeudi.

Le CN relance ses activités

Le Canadien National (CN) a par ailleurs annoncé mardi matin qu’il rappelait au travail la majorité des travailleurs mis à pied temporairement à causes des perturbations sur son réseau. L'entreprise n'a constaté aucun blocage sur ses rails depuis quatre jours.

La semaine dernière, la police provinciale de l’Ontario a procédé à des arrestations afin de démanteler la barricade installée sur ses voie qui traversent le territoire mohawk de Tyendinaga, près de Belleville.

La reprise complète du service du CN pourrait prendre des semaines.