En mémoire de ces femmes

Photomontage: Le Devoir «Le Devoir» présente l'histoire de ces victimes anonymes.

Au moins sept personnes itinérantes, dont six femmes autochtones, ont perdu la vie dans les environs du square Cabot depuis le déménagement du centre de jour La Porte ouverte en décembre 2018. Le Devoir vous présente ces victimes anonymes et une partie de leur histoire, telle que racontée par les gens qui les cotoyaient au quotidien.

1. Winnie Tayarak
6 juin 1967 – 3 décembre 2018
 

Tout le monde connaissait Winnie au square Cabot. Avec ses cheveux rasés, sa petite houppette tout au-dessus de la tête et ses sempiternels mini-sombreros colorés attachés avec une barrette, elle ne laissait personne indifférent. Malgré son style coloré et son grand sourire, elle disait souvent qu’elle en avait assez de la vie. Elle était souvent triste et pleurait beaucoup, surtout lorsqu’elle était intoxiquée.

« Elle avait une énorme cicatrice sur le côté de la tête et cette cicatrice racontait une histoire, explique David Chapman, coordonnateur du centre Résilience et ancien directeur du centre de jour La Porte ouverte. En la voyant, tu te disais : “Ok, cette femme a vécu des choses.” Elle n’a pas eu une vie facile. Mais elle n’en parlait jamais. Et à quelque part, c’est un peu comme si tu te disais en la regardant : “Je ne suis pas certain que je veux savoir toute l’histoire…” »

Winnie avait un logement, qu’elle partageait avec son copain, un homme blanc. Mais à la fin du mois, quand l’argent commençait à manquer, elle se retrouvait souvent à la rue. On la voyait régulièrement quêter devant la place Alexis-Nihon, dans la rue Sainte-Catherine.

« Elle était très gentille, se souvient Marie-Hélène Landry, intervenante Chez Doris. On la voyait pas mal tous les jours. Elle utilisait les installations et venait manger ici. Des fois, elle avait besoin d’aide par exemple pour la correspondance avec son propriétaire. Ce n’était pas toujours drôle, car elle avait traversé de durs moments. On l’aidait comme on le pouvait, on la rencontrait là où elle était rendue, mais c’était quelqu’un qui était très indépendant. »

Les versions diffèrent sur la façon dont elle serait décédée. Certains affirment qu’elle serait décédée d’une fracture du crâne après être tombée dans le métro alors qu’elle était lourdement intoxiquée. D’autres soutiennent qu’elle serait décédée à l’hôpital des suites d’une maladie. Mais personne n’a pu confirmer cette information au Devoir. Le Service de police de Montréal et la Société de transport de Montréal ont tous deux renvoyé Le Devoir au bureau du coroner, qui n’a aucun dossier à son nom.


2. Crystal Einish
Date inconnue - Janvier 2019
 

Crystal Einish était dans la jeune vingtaine. Née à Kuujjuarapik, elle avait un petit garçon d’environ cinq ans avec qui elle habitait au Foyer pour femmes autochtones de Montréal.

« Elle était une jeune femme si adorable, une jeune femme qui avait toute la vie devant elle. Un esprit libre, du genre “happy go lucky”», se rappelle David Chapman, ancien directeur du centre La Porte ouverte.

Quelques jours avant sa mort, il l’avait vue au square Cabot et l’avait emmenée en métro pour lui faire visiter le nouveau centre, qui venait de déménager sur l’avenue du Parc, dans le Plateau. « Je ne pouvais pas le croire quand j’ai appris, deux jours plus tard, qu’elle était décédée », se désole-t-il.

Selon un article publié au printemps dans The Gazette, Crystal Einish avait participé à deux programmes de désintoxication. Elle essayait de rester sobre pour être une meilleure mère pour son fils Evan. Le Devoir n’a pas été en mesure de confirmer cette information.

Le rapport du coroner n’est pas encore publié. Il n’est donc pas possible de savoir quelles sont les causes exactes de son décès. Une intervenante parle d’une surdose, un autre soutient qu’elle s’est étouffée pendant qu’elle régurgitait après une soirée trop arrosée avec des amis.


3. Connie Kadlutsiak
24 juillet 1978 – 2 janvier 2019
 

Alcoolique et dépendante du crack, Connie souhaitait réellement obtenir de l’aide pour se reprendre en main. « Trois fois on a entrepris les démarches pour lui trouver une place dans un centre de désintoxication, mais chaque fois il y avait des listes d’attente. Et par le temps qu’on puisse lui offrir une place, elle avait changé d’idée », se désole David Chapman, ancien directeur du centre de jour La Porte ouverte.

« Son décès m’a vraiment brisé le cœur », raconte John Tessier, intervenant à La Porte ouverte, qui se souvient très bien d’avoir fait les démarches pour aider Connie à trouver une place dans un centre de désintoxication. « Elle pleurait et suppliait pour avoir de l’aide […] Si on avait réussi à lui trouver une place le jour même ou le lendemain, elle serait peut-être encore en vie aujourd’hui… »

Intervenante de Chez Doris, où Connie allait régulièrement, Marie-Hélène Landry parle elle aussi d’une femme forte qui voulait vraiment s’en sortir. « Elle n’a jamais réussi à commencer un traitement, mais elle arrivait parfois à arrêter par elle-même pendant 24 ou 48 heures. Dans la vie d’une femme qui boit tous les jours depuis 15 ou 20 ans, c’est quand même un gros pas. »

Connie avait réussi à obtenir un appartement grâce au service d’aide au logement de Chez Doris. « Ça faisait presque deux ans qu’elle avait son appartement. Elle y invitait souvent des membres de sa famille et des amis pour les dépanner », ajoute Marie-Hélène Landry.

Enfant, Connie était brillante et particulièrement douée pour les mathématiques, se souvient une amie d’enfance sur Facebook. Elle a quitté son village il y a environ 15 ans, « à la recherche d’aventures, dans l’espoir d’une vie moins ordinaire », raconte à son tour son amie Marsha, dans une vidéo à la mémoire de Connie.

« Elle était retournée dans le Grand Nord à quelques reprises pour voir sa famille ces dernières années, mais sa maison, c’était Montréal », précise Marie-Hélène Landry.

Connue et aimée de tous, tant au square Cabot que dans les centres comme Chez Doris et La Porte ouverte, où elle cuisinait régulièrement la banique (pain traditionnel), on la décrit comme une personne passionnée, attachante, qui parlait fort et avait un rire contagieux.

« Elle vivait des moments difficiles, et pourtant, elle faisait toujours des blagues », se souvient David Chapman. Ce dernier fait une pause, hésite avant d’éclater de rire en secouant la tête. « Son humour était souvent limite. Elle me demandait par exemple : “Est-ce que je peux être ta deuxième femme ?” Et elle partait d’un grand rire. Ou bien, si elle rencontrait quelqu’un qu’elle n’aimait pas, elle allait l’insulter avec toutes sortes de drôles de noms. Elle utilisait l’humour pour passer par-dessus ses problèmes. L’humour était son outil de résilience. »

L’automne dernier, alors qu’elle était au square Cabot, Connie a demandé à un passant de composer le 911 car elle avait de la difficulté à respirer. « Elle est entrée à l’hôpital pour une pneumonie et tous ses organes ont lâché les uns après les autres sur une période de deux mois, raconte Marie-Hélène Landry. Jusqu’à la fin, elle a eu une super belle attitude, elle était positive. »


4. Taalia Nauya
9 juin 1991 – 17 janvier 2019
 

Taalia est née en 1991, à Ivujivik, village de 400 habitants donnant sur la baie d’Hudson. Selon les informations qu’elle a publiées sur Facebook, elle était mère célibataire.

En 2014, un article publié dans la revue de plein air Espaces faisait état de cette jeune mère de 21 ans qui s’adonnait au ski cerf-volant dans son village natal du Nunavik. « Ça transforme mon énergie négative en énergie positive. Je n’aimais pas le vent avant, mais maintenant, c’est mon ami. Ça me donne de l’énergie », expliquait-elle au journaliste.

Un an plus tard, l’énergie négative était de retour, comme en témoigne cette publication sur son mur Facebook : « Des fois, j’ai l’impression d’être trop gentille. J’aimerais faire du mal [fuck over] aux gens de la même façon qu’ils m’en font, mais mon caractère et mon cœur ne sont pas comme ça. »

Itinérante dans les rues de Montréal depuis quelques années, elle a fait quelques séjours en centre de détention où elle a été vue en psychiatrie. Elle était connue pour avoir une personnalité limite et impulsive et pour sa consommation abusive d’alcool. Elle avait des idées suicidaires et a fait au moins deux tentatives de suicide ces dernières années, précise le coroner dans son rapport.

Sur son mur Facebook, elle indique à plusieurs reprises combien elle s’ennuyait de sa fille.

Elle était victime du jugement des passants, raconte David Chapman, qui l’a côtoyée pendant toutes ces années au square Cabot. « Les gens la toisaient de haut, mais quand on la connaissait, on découvrait une femme qui avait beaucoup de résilience. Elle a survécu à tellement d’horreurs dans sa vie. On avait toujours l’impression de parler à une personne très forte. »

Le matin du 17 janvier, un gardien de sécurité a retrouvé le corps de la jeune femme de 27 ans, qui s’était suicidée, dans la cage d’escalier d’un immeuble résidentiel à quelques coins de rue du square Cabot. « À proximité du corps, on retrouve deux tuques, une petite sacoche et une pipe à crack, écrit le coroner. Au moment de l’enquête, aucune note à contenu testamentaire (ou suicidaire) ne fut trouvée. Il n’y avait pas de signes de violence, de traumatisme ou de l’intervention d’un tiers. »

Les grands yeux bleus de David Chapman perdent de leur éclat lorsqu’il parle de Taalia : « Je l’avais vue la veille. J’avais observé qu’elle était plus réservée qu’à l’habitude, mais ce n’était pas nécessairement inhabituel, elle ne parlait généralement pas beaucoup. On se dit toujours, après : si seulement j’avais su… »


5. Kupa Kumak
12 sept. 1950 – 31 janvier 2019

 

À 68 ans, Kupa était l’aînée du square Cabot. Elle était respectée de tous et plusieurs lui demandaient conseil. Elle souffrait d’alcoolisme sévère et pouvait devenir violente à l’occasion, mais tout le monde l’aimait comme une mère. « Elle m’achetait toujours de la bière et des cigarettes. Elle était ma meilleure. Je m’ennuie tellement d’elle… » raconte Daisy, une habituée du square.

Originaire d’Iqaluit, au Nunavut, Kupa vivait dans les rues de Montréal depuis au moins 20 ans avec plusieurs membres de sa famille.

Un de ses fils, Putulik, avec qui elle buvait régulièrement, fait également partie du paysage depuis des années. C’est lui qui a coupé le ruban en compagnie de la mairesse de Montréal, Valérie Plante, lors de l’inauguration du nouveau centre de jour Résilience en novembre dernier.

Kupa avait son appartement, mais elle se rendait au square tous les jours. « Tous les itinérants étaient ses enfants, elle veillait sur tout le monde », raconte sa petite-fille Annie Ste-Croix, qui aide les itinérants autochtones du square Cabot — dont plusieurs membres de sa propre famille — avec l’organisme Médecins du monde.

Comment est-elle arrivée à Montréal ? Comment s’est-elle retrouvée à boire tous les jours dans le parc ? « Je ne le lui ai jamais demandé. C’était comme ça, c’est tout », résume la jeune femme.

Kupa est décédée des suites d’une pneumonie. « C’est l’alcool qui l’a eue, dit Annie Ste-Croix. Sa mort a été une malédiction et une bénédiction à la fois, parce que ça a été un rappel de la réalité pour mon oncle, qui buvait avec elle tous les jours. On le voit moins autour du square depuis la mort de ma grand-mère… »


6. Kevin Parry
8 octobre 1978 – 15 sept. 2019

 

Kevin était un poète. Un homme de cœur, sensible, généreux, curieux et sincère. Un homme qui savait écouter les autres comme peu de gens peuvent le faire. Au square Cabot, on le décrit comme « un des bons gars », un homme qui défendait les femmes autochtones des nombreux prédateurs qui tournent autour d’elles.

Mais il luttait contre ses démons depuis très longtemps, explique tristement sa grande sœur Ann-Marie Parry, qui a tenté si souvent de l’aider à sortir de la rue et à rester sobre au cours des dernières années.

Il était troublé par son passé, ajoute son ami David Rushton. « Il a grandi dans la pauvreté, près du square Cabot, et s’est toujours senti ostracisé par la communauté francophone. »

Tout jeune, Kevin était un « adorable petit tannant », selon sa grande sœur. Elle se souvient de Kevin et Ken, les petits jumeaux, lorsqu’ils étaient encore des bambins. « C’étaient les rois de l’évasion. Une fois, ils avaient réussi à sortir de la maison et s’étaient ramassés seuls dans la rue, la couche aux fesses. La police les avait amenés au poste et j’avais dû aller les chercher là-bas », raconte-t-elle, alternant entre le rire et les larmes.

« J’espère qu’il est mieux là où il est, soupire-t-elle. Au moins, il n’aura pas à passer un autre hiver dehors… »

Après des années d’alcoolisme et d’itinérance, Kevin avait réussi à rester sobre pendant neuf mois avant de faire une rechute qui lui aura été fatale. C’est un chauffeur d’autobus qui a découvert son corps, au petit matin, sur un banc du parc. « Il est mort apparemment en paix, dans son sommeil, les mains en croix sur son sac à dos qui lui servait d’oreiller », raconte son cousin Peter Wheeland dans un soupir, qui avait perdu le contact avec lui depuis des années et qui tente, depuis la mort de Kevin, de découvrir son parcours. Il a organisé une petite cérémonie commémorative autour du « banc de Kevin », où une quinzaine de personnes sont venues lui rendre hommage.

De quoi est-il mort ? « On ne le sait pas. Possiblement d’une surdose », avance M. Wheeland. Le coroner fait une enquête pour connaître les circonstances exactes de sa mort, mais le rapport n’est pas encore prêt.

Le frère jumeau de Kevin, Ken Parry, a du mal à cacher la culpabilité qui le ronge de l’intérieur. Résidant à Ottawa, cela faisait des années qu’il n’avait pas vu Kevin. La veille de la mort de son frère, Ken était de passage à Montréal et souhaitait profiter de son séjour pour reprendre contact avec lui. « Je voulais l’amener manger et passer une belle soirée avec lui. Je suis allé à l’Armée du Salut, où il avait une chambre. On m’a dit qu’il était pas mal déprimé ces temps-ci. » Ken fait une pause et secoue la tête : « Je l’ai manqué d’une heure à peine… »

Le lendemain, il était trop tard, son frère était mort. « Ça m’a brisé le cœur. J’ai toujours pensé qu’il rebondirait, qu’il s’en sortirait. On est des jumeaux. Si moi j’ai réussi dans la vie, pourquoi pas lui ? »

Les témoignages sur la vie de Kevin affluent en cette froide journée d’automne. Tous soulignent l’attachement de Kevin à ses amis du square Cabot, où ses cendres ont été éparpillées. « Il s’inquiétait tellement pour moi, il me faisait rire. Il est dans mon cœur », dit Carol Annanack, son ancienne amoureuse. « Tu es mon amour, je m’ennuie de toi chaque jour », ajoute-t-elle en envoyant un baiser au ciel.

Sa famille se console en se disant que Kevin n’est pas mort pour rien, car son décès aura attiré l’attention des médias et aura forcé la main des autorités pour offrir de nouveaux services aux itinérants du square Cabot.

« Kevin n’est pas le premier à mourir ici. Il est la quatorzième personne à avoir succombé depuis que le centre de jour La Porte ouverte a été forcé de déménager en novembre dernier, déplore son cousin Peter. La seule percée de soleil dans toute cette grisaille, c’est qu’il y aura enfin un nouveau centre de jour qui acceptera les personnes intoxiquées pour que les gens comme Kevin puissent aller s’y reposer, manger et avoir des services. »

Les intervenants du quartier sont d’accord : la mort de Kevin, un homme blanc, a créé un « momentum ». C’est à la suite de son décès que les autorités ont enfin décidé d’investir pour permettre l’ouverture de Résilience, un centre de jour réclamé à grands cris par les intervenants du secteur depuis le déménagement forcé de La Porte ouverte.


7. Klara Okkuatsiak
27 juin 1960 – 11 octobre 2019
 

Marina Boulos-Winton, directrice de l’organisme Chez Doris qui aide les femmes dans le besoin, fouille dans son cellulaire à la recherche d’une photo de Klara. « Elle est mon premier souvenir quand je suis entrée en poste ici », raconte-t-elle.

« C’était en 2014. Un de mes premiers jours de travail ici, j’ai vu cette femme qui dormait dans notre abri à ordures. Une autre femme est venue la réveiller pour prendre une bière. Il était tôt le matin ! Je les ai invitées au restaurant et Klara m’a raconté son histoire. Elle était venue à Montréal pour suivre son mari, mais s’était finalement retrouvée à élever ses enfants toute seule. Elle a eu une vie difficile. Elle venait de perdre son appartement, car le propriétaire rénovait l’immeuble. Après quelque temps, nous lui avions trouvé un appartement. Mais sa fille s’est suicidée en prison. Elle est retournée dans le Nord, pour les funérailles, et est revenue à Montréal quelques mois plus tard. Elle est retombée dans l’itinérance… »

Il y a quelque temps, Klara a été hospitalisée au CHUM. Mais comme plusieurs autres, son corps a commencé à céder, organe par organe, prématurément, dû à l’usure de la vie dans la rue. « Elle a fait trois accidents vasculaires cérébraux [AVC] à l’hôpital, et chaque fois elle pensait qu’elle n’en reviendrait pas, mais elle revenait chaque fois », se rappelle Breana Prince-Harris, intervenante de Chez Doris qui l’a accompagnée jusqu’à la fin.

Dans la salle à manger de Chez Doris, une petite cérémonie commémorative a été organisée le 5 novembre dernier pour permettre à ceux qui la connaissaient de lui dire au revoir. Sur le petit autel de fortune érigé sur une table recouverte d’une nappe blanche et de bougies, on peut voir des photos de Klara souriante, dont une à la pêche sur la glace. Une petite boîte est disposée à l’intention des proches qui souhaitent écrire un mot pour la famille dans le Nord, qui n’est pas présente.

Une aînée prend la parole, fait la prière en inuktitut, avant d’adresser, en pleurs, un dernier mot à son amie la défunte et à la population en général. « Klara était une personne attachante et si gentille. Elle avait des dépendances, oui, mais nous avons tous subi tellement de traumatismes. Alors, si vous voyez une femme inuite, dans la rue ou dans le métro, même si elle est intoxiquée ou sale, ne l’ignorez pas, ne la regardez pas de haut, mais soyez gentils avec elle. Ça va vraiment compter pour elle… »


 

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En mémoire de ces femmes

En mémoire de ces femmes

Voici l'histoire de ces victimes anonymes, six femmes autochtones et un homme itinérants, décédés près du square Cabot.