Les députés seront au boulot le jour de la marche pour le climat

Des milliers de manifestants, étudiants et travailleurs, devraient se réunir à Montréal pour la manifestation du 27 septembre.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Des milliers de manifestants, étudiants et travailleurs, devraient se réunir à Montréal pour la manifestation du 27 septembre.

Les travaux parlementaires ne seront pas suspendus à l’Assemblée nationale le 27 septembre, jour de la grande marche pour le climat, contrairement à ce que souhaitait Québec solidaire (QS).

Les trois autres formations politiques ont jugé que ce n’était pas une bonne idée.

Le gouvernement Legault n’a donc pas donné suite à la proposition lancée dimanche par la co-porte-parole solidaire, Manon Massé. L’opposition libérale et l’opposition péquiste non plus.

Québec solidaire avait écrit une lettre aux trois autres groupes parlementaires pour leur proposer de suspendre les travaux parlementaires le vendredi 27 septembre, pour libérer les élus de leurs obligations et ainsi leur permettre de participer à la grande marche pour le climat, qui se tiendra dans les rues de Montréal et ailleurs au Québec.

À Montréal, la manifestation, qui vise à promouvoir la lutte contre les changements climatiques, attirera la jeune militante écologiste suédoise Greta Thunberg, figure emblématique mondiale de la cause environnementale.

Mais Québec solidaire ne s’avoue pas vaincu pour autant et entend bien revenir à la charge dans les prochains jours.

La marche pour le climat du 27 septembre, qui s’annonce comme une des plus importantes de l’histoire du Québec, doit rassembler non seulement des milliers d’étudiants, mais aussi des travailleurs.

Le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) a réclamé un congé sans solde d’une journée pour permettre à ses 40 000 membres de manifester, notamment à Montréal, où la jeune militante suédoise Greta Thunberg est attendue. Le gouvernement du Québec devrait répondre au syndicat mardi. Le SFPQ a proposé que la masse salariale économisée soit versée à une cause environnementale.

Plusieurs universités et les deux tiers des cégeps ont annoncé qu’ils permettront à leurs étudiants et à leur personnel de manifester ce jour-là. L’Université de Montréal, l’Université de Sherbrooke, l’Université du Québec en Outaouais et l’Université Concordia ont annulé au moins une partie des cours le 27 septembre.

Des associations étudiantes ont déjà voté la grève sans attendre la position officielle de leur établissement : l’AFESH (Association facultaire étudiante des sciences humaines de l’UQAM) a ainsi voté lundi pour deux jours de grève, les 26 et 27 septembre.

L’association invite toute la communauté de l’UQAM à descendre dans la rue et à participer à des activités de mobilisation « pour appuyer la lutte contre la crise environnementale », dans un esprit critique envers le capitalisme.

Multiples manifestations

Plusieurs manifestations se tiendront au Québec le 27 septembre — tout comme dans des centaines de villes à travers le monde. Des rassemblements auront lieu à Montréal, Québec, Gatineau, Sherbrooke, Joliette, Trois-Rivières, Rimouski, Saguenay et plusieurs autres villes.

De son côté, la direction de l’UQAM réfléchit à la position à adopter en vue de la journée du 27 septembre. L’Université McGill n’a pas non plus décidé si les cours seraient annulés ou non pour ce jour de manifestation.

La Commission scolaire de Montréal (CSDM) doit faire une annonce mardi après-midi pour la « journée de mobilisation sur le climat » du 27 septembre. Des sources s’attendent à ce que la participation des élèves à la marche soit autorisée à certaines conditions. La Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île, de son côté, a confirmé au Devoir que les cours auraient lieu comme à l’habitude.

Debout pour la planète

Les écoliers et les travailleurs qui ne pourront se déplacer le 27 septembre pour participer à la grande manifestation pour le climat sont invités à tenir un événement local — directement dans leur école ou sur leur milieu de travail —, à y lire une déclaration commune et à faire un geste porteur pour l’environnement.

L’initiative, baptisée Debout pour la planète, est parrainée par les membres du collectif La planète s’invite au travail et Oxfam-Québec. Le collectif regroupe les plus grandes organisations syndicales du Québec, qui représentent plus de 1,25 million de travailleurs.

« On sait qu’il y a des gens qui pourront difficilement se joindre à la manifestation, c’est pour ça qu’on a voulu faire un relais au niveau local », explique Pierre Patry, responsable des dossiers de l’environnement et du développement durable à la Confédération des syndicats nationaux.

La manifestation du 27 septembre à Montréal pourrait bien être l’une des plus importantes de l’histoire du Québec. Le Service de police de la Ville de Montréal n’a pas voulu en dire plus sur ses préparatifs en vue de l’événement.

Avec La Presse canadienne