Jonathan Bettez et sa famille poursuivent la SQ pour 10,5 millions

Arrêté au terme d’une enquête dont un juge a plus tard déploré les méthodes, M. Bettez a été accusé en 2016 de possession de pornographie juvénile. En octobre 2018, il a été acquitté de toutes les accusations qui pesaient contre lui.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Arrêté au terme d’une enquête dont un juge a plus tard déploré les méthodes, M. Bettez a été accusé en 2016 de possession de pornographie juvénile. En octobre 2018, il a été acquitté de toutes les accusations qui pesaient contre lui.

Jonathan Bettez et sa famille intentent une poursuite contre la Sûreté du Québec, les policiers chargés de l’enquête sur l’affaire Cédrika Provencher et la procureure générale du Québec pour avoir fait en sorte que le public croie que M. Bettez est un pédophile et un meurtrier. Ils réclament la somme de 10,5 millions.

Arrêté au terme d’une enquête dont un juge a plus tard déploré les méthodes, M. Bettez a été accusé en 2016 de possession de pornographie juvénile. En octobre 2018, il a été acquitté de toutes les accusations qui pesaient contre lui.

Les plaignants allèguent que les policiers de la Sûreté du Québec ont manqué à leurs obligations éthiques et qu’ils ont bâclé l’enquête.

Longtemps considéré par la Sûreté du Québec comme le suspect principal dans l’affaire Cédrika Provencher, Jonathan Bettez n’a jamais été accusé en rapport avec la disparition et le meurtre de la jeune fille, remontant à 2007.

Il y a un peu moins d’un an, le juge Jacques Lacoursière, de la Cour du Québec, a sévèrement critiqué les techniques utilisées par la Sûreté du Québec dans cette enquête. Il a également invalidé les mandats de perquisition qui avaient permis la saisie de matériel informatique appartenant à M. Bettez.

Dès l’été 2007, les enquêteurs se sont mis à la recherche d’une Acura TSX rouge où on aurait vu Cédrika Provencher monter peu de temps avant sa disparition. Parmi les propriétaires d’un tel véhicule dans la région de Trois-Rivières, seul M. Bettez ne disposait pas d’un alibi vérifiable.

Dans les années qui suivirent, une vaste opération d’infiltration a été organisée pour amasser des preuves contre lui, sans succès.

L’entreprise de la famille du plaignant, Emballages Bettez, a souffert de la mauvaise publicité générée par les accusations portées contre Jonathan Bettez. La famille l’a vendue à l’hiver 2017.

La Couronne a décidé l’automne dernier de ne pas porter l’acquittement en appel.

Avec La Presse canadienne