Adèle Sorella condamnée à une peine minimale de 10 ans de prison

Les avocats d'Adèle Sorella, Pierre Poupart et Guy Poupart, à leur sortie d'une salle du palais de justice de Laval.
Photo: Peter McCabe Archives La Presse canadienne Les avocats d'Adèle Sorella, Pierre Poupart et Guy Poupart, à leur sortie d'une salle du palais de justice de Laval.

Alors qu’elle en appelle de son verdict de meurtre au second degré de ses deux fillettes, Adèle Sorella a reçu une peine de prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 10 ans.

C’est la peine qu’a imposée la juge Sophie Bourque de la Cour supérieure, mercredi matin au palais de justice de Laval.

C’est un jury de 12 personnes qui a rendu en mars dernier le verdict de meurtre au second degré, rejetant du même souffle la défense de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux présentée par la défense.

Comme ce verdict entraîne automatiquement une peine de prison à vie, sans possibilité de libération avant 10 ans, il ne restait à la juge qu’à déterminer la période de temps minimale qu’elle allait devoir passer derrière les barreaux.

Elle y est allée avec le minimum prescrit par la loi, ayant longuement discouru dans son jugement sur la maladie mentale sévère dont souffrait Mme Sorella. Il s’agit de l’un des éléments pertinents à considérer lors de la détermination de la peine, a souligné la juge Bourque, « et cela, même si la défense de non-responsabilité criminelle a été rejetée ».

La femme de 53 ans a écouté la lecture du jugement mercredi matin, assise dans le box des accusés, derrière une haute vitre.

Cette affaire n’a pas commencé le 31 mars 2009, le jour où les fillettes ont été retrouvées mortes, mais bien 10 ans plus tôt, a déclaré la juge, avant de souligner la tumeur au cerveau, les opérations, les nombreuses séquelles, son mari en cavale et recherché par la GRC, la dépression sévère et les trois tentatives de suicide de la femme.

« La preuve psychiatrique au procès est abondante et non contredite. »

Aujourd’hui, elle doit vivre avec un verdict qui dit qu’elle a tué ce qu’elle avait de plus précieux, ses filles, a lu la magistrate.

Elle estime que 10 ans est déjà une très longue période et ne croit pas qu’augmenter la durée de la privation de liberté changerait quoi que soit et aurait un plus grand effet de dissuasion.

Il est à noter que puisque Mme Sorella a déjà passé du temps en prison dans cette affaire, il sera déduit de la durée de la peine imposée mercredi.

Vu l’appel du verdict, cette affaire n’est vraisemblablement pas terminée. Et un appel de la peine est aussi possible.

Après la lecture du jugement, l’un des avocats de la Couronne, Nektarios Tzortzinas, a indiqué aux journalistes qu’il allait prendre les prochains jours pour évaluer le jugement sur la peine et décider s’il allait en appeler de celui-ci.

L’équipe de défense de Mme Sorella, composée des frères Guy et Pierre Poupart, n’a pas voulu commenter la décision.

Le 31 mars 2009, les filles d’Adèle Sorella, Amanda, âgée de neuf ans, et Sabrina, âgée de huit ans, ont été trouvées sans vie, allongées côte à côte par terre dans la salle de jeu de la résidence familiale, à Laval.

Leurs corps ne portaient aucune trace de violence et la cause de leur décès n’a pas été déterminée à ce jour, ce qui conférait à cette affaire un certain mystère.

Ce procès était le second qu’a subi Adèle Sorella. Au terme du premier, en 2013, elle avait été reconnue coupable du meurtre prémédité de ses enfants.

La Cour d’appel avait ensuite annulé ce verdict en 2017 en raison de directives erronées données par la juge au jury, et un second procès avait été ordonné.