Une station du REM en zone inondable à Laval?

Sur cette photo aérienne prise lors des inondations du printemps 2017, un des deux accès permettant de circuler d'un côté à l'autre de la voie ferrée est de toute évidence inondé. La montée des eaux a même frôlé le stationnement de la gare de train, à quelques pas de l'accès qui remplacera l'actuel passage à niveau lors de l'arrivée du REM.
Photo: CMM Sur cette photo aérienne prise lors des inondations du printemps 2017, un des deux accès permettant de circuler d'un côté à l'autre de la voie ferrée est de toute évidence inondé. La montée des eaux a même frôlé le stationnement de la gare de train, à quelques pas de l'accès qui remplacera l'actuel passage à niveau lors de l'arrivée du REM.

Des résidents de l’île Bigras à Laval s’inquiètent de l’arrivée du Réseau express métropolitain (REM) puisqu’un des accès pour traverser d’un côté à l’autre de l’île pourrait être situé dans une zone inondable.

« En 2017, l’eau est montée jusqu’au stationnement de la gare actuelle, et si en 2019, on a été épargnés, c’est parce qu’une digue temporaire a finalement pu être construite grâce à l’aide de l’armée », explique Josée Morin, qui réside depuis 20 ans sur cette île de l’archipel des Îles-Laval, sur la rivière des Prairies, où se trouvent quelque 250 résidences.

Après avoir subi la montée des eaux à deux reprises en moins de trois ans, plusieurs citoyens s’interrogent sur le tracé du REM envisagé par CDPQ Infra, filiale de la Caisse de dépôt et placement du Québec, devant leur permettre de se déplacer sur l’île. « Dans l’état actuel des choses, j’ai l’impression que le risque de voir ce futur accès inondé est réel », souligne Mme Morin.

Pour se déplacer de part et d’autre du chemin de fer, les résidents de l’île comptent sur deux accès, situés sur le chemin du Tour. L’un d’eux se trouve au bord de l’eau et a été complètement inondé en 2017 et en 2019 à la suite des inondations du printemps. Quant à l’autre, il s’agit d’un passage à niveau, qui a été épargné, mais qui fait craindre le pire aux citoyens. C’est que celui-ci devra être remplacé par un passage qui sera désormais situé au niveau de la rue en raison de l’arrivée du REM.

« La gare de train de l’île Bigras existe déjà et elle va être remplacée par un nouveau réseau du REM qui sera construit de telle sorte qu’il ne sera pas touché par tout événement malheureux qui pourrait arriver », assure Jean-Vincent Lacroix, directeur des relations médias de CDPQ Infra.

Lors d’une récente rencontre d’information organisée par le Comité citoyen Laval-les-Îles (CCLLI), à laquelle étaient invités des représentants du REM, de nombreux résidents ont témoigné de leur inquiétude.

« Les citoyens ne sont pas contre le REM, au contraire, c’est un projet qu’ils veulent, mais après avoir vu l’eau monter deux fois en si peu de temps, ils veulent être certains qu’on s’assure de ne pas construire un chemin qui sera inondé chaque année », mentionne Katia Sénécal, présidente du CCLLI.

Respect des cotes de crues

Des images aériennes captées par la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) au plus fort des inondations qui avaient frappé plusieurs municipalités du Québec en mai 2017 sont révélatrices. La crue printanière a atteint le bord du stationnement de la station du train de banlieue Deux-Montagnes, tout près du futur accès.

« Je peux comprendre la perception des gens qui voient la voie ferrée et qui se disent que si on creuse de part et d’autre, on risque d’être trop bas [et d’être inondés], mais actuellement, ce qui est regardé, c’est de trouver un bon équilibre entre remonter la voie et passer à la hauteur des rues plutôt que de creuser et de faire un tunnel », indique M. Lacroix. « Je vous rassure, il n’y aura pas de tunnel rempli d’eau au centre de l’île Bigras », insiste-t-il.

Une première phase de travaux pour accueillir les infrastructures du REM est prévue dès 2019, puis une deuxième en 2022. Ceux-ci prendront en considération la révision des cotes de crues, assure M. Lacroix. « Chaque fois qu’il y aura un épisode malheureux, il ne faut pas prendre pour acquis que cela touchera les infrastructures du REM », dit-il. « Tout ce qu’on va concevoir, que ce soit la station ou les accès, va tenir compte d’être dans une position d’élévation qui fait en sorte qu’on respecte une cote de crue qui a été révisée par la Ville de Laval », ajoute le porte-parole. La CDPQ a l’intention de présenter aux résidents de l’île Bigras les résultats du travail de conception du tracé afin de les rassurer. D’ici là, une rencontre d’information est prévue le 10 juin prochain avec les Lavallois, puisque 2 des 26 stations se trouveront sur leur territoire.

« On espère vraiment avoir davantage de précision parce qu’on est à minuit moins une. La pelle s’en vient dans notre cour et on ne sait absolument pas ce qui s’en vient, et les responsables du REM nous demandent pratiquement de les croire sur parole sans réellement nous montrer les détails », mentionne Mme Sénécal.

Zones inondables

Tout comme d’autres municipalités, la Ville de Laval travaille présentement avec la CMM pour tracer de nouvelles cartes des zones inondables. Questionnée sur cette révision, l’administration lavalloise n’a pas été en mesure d’indiquer au Devoir les cotes de crues des différents secteurs de l’île Bigras. « Actuellement, et c’était également le cas en 2017, il n’y a pas de carte officielle des zones inondables », note Anne-Marie Braconnier, responsable des affaires publiques de la Ville de Laval. La CMM devrait présenter sa cartographie des zones inondables en juin. Une fois ce travail fait, la Ville de Laval devra les adopter dans sa propre réglementation, un processus qui pourrait être complété seulement à la fin de l’année.

4 commentaires
  • Serge Pelletier - Abonné 28 mai 2019 03 h 15

    Heil! là vous autres...

    Heil! là vous autres... Comment pouvez-vous douter de notre omniscience... Moi, Jean-Vincent Lacroix de la CDPQ vous le dit: « La gare de train de l’île Bigras existe déjà et elle va être remplacée par un nouveau réseau du REM qui sera construit de telle sorte qu’il ne sera pas touché par tout événement malheureux qui pourrait arriver »...

    Ouais! L'on a entendu des discours comme ceux-là... Avec toujours les mêmes résultats: "de l'eau jusqu'au menton".

  • Jacques Morissette - Inscrit 28 mai 2019 03 h 27

    Qu'est-ce que je dois penser?

    Est-ce de l'aveuglement, de l'ignorance ou de l'incompétence? À moins que ce soit toutes ces réponses?

  • Yvon Pesant - Abonné 28 mai 2019 06 h 12

    Choquant?

    Un train électrique dans l’eau, c’est une bonne manière de faire en sorte que les usagers se tiennent au courant. Mais il y aurait quand même tout lieu de prendre gare, je crois.

  • Yvon Pesant - Abonné 28 mai 2019 06 h 20

    Garde à vous !

    Lire « prendre garde » dans mon précédent commentaire comme avis aux promoteurs et usagers du REM.