Le propriétaire du Zoo de Saint-Édouard accusé de cruauté animale

Le site Internet du zoo montre plusieurs photos des animaux qu’il héberge, dont des singes, des lions et des tigres.
Photo: Page Facebook du zoo de St-Édouard Le site Internet du zoo montre plusieurs photos des animaux qu’il héberge, dont des singes, des lions et des tigres.

La Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) a procédé mardi à l’arrestation du propriétaire du Zoo de Saint-Édouard, qui est accusé de cruauté animale et de négligence criminelle.

Normand Trahan, propriétaire du zoo situé en Mauricie, a été arrêté mardi matin, et ses bêtes ont été saisies par la SPCA, a indiqué la section montréalaise de l’organisme de défense des animaux.

Selon le mandat d’arrestation, M. Trahan est accusé d’avoir « volontairement causé à des animaux et à des oiseaux gardés en captivité une douleur, de la souffrance et des blessures sans nécessité ». Il est aussi accusé d’avoir « volontairement négligé ou omis de fournir des aliments, de l’eau, de l’abri et des soins convenables et suffisants » aux animaux.

Ces accusations sont passibles d’une peine d’emprisonnement maximale de cinq et deux ans, selon le Code criminel. Les gestes auraient été commis entre mai 2016 et octobre 2018. Michel Lebrun, avocat de M. Trahan, a indiqué après la comparution sommaire, mardi au palais de justice de Trois-Rivières, que le zoo devait ouvrir en fin de semaine prochaine. Le propriétaire doit maintenant aller constater sur place ce qu’il advient des animaux, et son avocat lui a conseillé de ne pas faire de commentaires.

Selon Sophie Gaillard, avocate et porte-parole de la SPCA, c’est la première fois au Québec que des accusations de cruauté envers les animaux sont portées par voie de mise en accusation, ce qui permet de prononcer des peines plus lourdes.

Les accusations découlent d’une visite en août 2018, au cours de laquelle la SPCA aurait constaté plusieurs infractions. Lors d’une visite ultérieure en octobre, les autorités ont saisi deux alpagas en mauvaise santé et ont retrouvé quatre animaux morts, dont deux tigres.

Une greffière du palais de justice de Trois-Rivières a indiqué que M. Trahan avait été libéré sous plusieurs conditions, notamment de ne pas posséder d’animaux, hormis les bêtes qui n’auront pas été saisies par la SPCA au zoo — il devra leur prodiguer les soins requis. Sa cause reviendra devant le Tribunal le 21 juin.

Les autorités ont amorcé mardi la tâche complexe de retirer du zoo les animaux qui seraient mal en point, notamment des zèbres, des singes, des chameaux, des kangourous, des lions, des tigres et des ours.

Les animaux saisis seront transférés au cours des prochains jours vers de nouvelles installations, a indiqué Me Gaillard lors d’une conférence de presse devant le Zoo de Saint-Édouard-de-Maskinongé, une petite localité rurale située à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Louiseville.

Me Gaillard a indiqué que les responsables de la SPCA étaient sur place à 7 h mardi pour dresser un inventaire des animaux, dont la saisie pourrait prendre plusieurs semaines. En après-midi mardi, aucun animal n’avait encore été déplacé, mais un vétérinaire documentait l’état de santé des bêtes.

Une centaine de bêtes devaient être saisies par la SPCA, en collaboration avec l’organisation Humane Society International, spécialisée dans les sauvetages d’animaux à grande échelle.

Selon le site Internet du Zoo de Saint-Édouard, l’établissement actuel de M. Trahan devait célébrer cette année son 30e anniversaire. Le « Zoo / camping de Saint-Édouard » avait existé auparavant sous une autre administration pendant une vingtaine d’années, jusqu’en 1977.