François Legault insiste sur la nécessité des déménagements

En point de presse à Maskinongé, aux abords du lac Saint-Pierre, dont les eaux commençaient à descendre, François Legault a déclaré à l’intention des résidents que «le pire est derrière nous».
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne En point de presse à Maskinongé, aux abords du lac Saint-Pierre, dont les eaux commençaient à descendre, François Legault a déclaré à l’intention des résidents que «le pire est derrière nous».

Alors que la montée des eaux semblait enfin se stabiliser dans la plupart des secteurs au Québec, le premier ministre François Legault a rappelé lundi qu’il fallait « trouver des solutions permanentes » — et répété à maintes reprises le mot « déménagement ».

En point de presse à Maskinongé, aux abords du lac Saint-Pierre, dont les eaux commençaient à descendre, M. Legault a déclaré à l’intention des résidents que « le pire est derrière nous ». Pour l’instant, la priorité est encore de « s’occuper de notre monde », a-t-il noté, mais il faudra bientôt penser à des solutions à long terme.

À cet égard, M. Legault plaide tout particulièrement pour le relogement des citoyens qui vivent dans des zones à risque, plutôt que de miser sur des digues. « Je veux essayer d’inciter les gens qui ont des dégâts importants à songer à déménager », a-t-il dit.

Le premier ministre a cependant reconnu que bon nombre des petites municipalités touchées par les inondations ne disposaient pas de terrains pour accueillir des centaines de résidents qui voudraient rebâtir une maison.

À Maskinongé, « on a 130 maisons qui rapportent des taxes foncières, a indiqué M. Legault, et il n’y a pas de terrains, ou presque pas de terrains, qui sont dézonés pour accueillir éventuellement de nouveaux résidents ». Si ces gens devaient déménager ailleurs, ce serait « dramatique sur les finances de la municipalité », a-t-il reconnu. « Il va falloir se poser des questions. »

L’état de la situation

Selon le bilan publié lundi en début de soirée par le ministère de la Sécurité publique, 6681 résidences étaient inondées et 10149 personnes avaient évacué leur domicile.

On constatait encore des inondations majeures sur douze plans d’eau au Québec, par rapport à sept vendredi dernier.

« L’abaissement des niveaux d’eau partout au Québec risque d’être très lent, c’est important d’en être conscient et de se préparer », avait insisté plus tôt dans la journée la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault.

Car si la situation évolue dans la bonne direction, deux autres épisodes de pluie attendus cette semaine pourraient ralentir cette amélioration. De premières précipitations mercredi devraient laisser une quinzaine de millimètres, tout comme l’épisode de pluie suivant, attendu vendredi. Le tout sera accompagné d’un réchauffement marqué des températures à compter de jeudi avec des mercures autour de 12 à 15 °C.

Lundi soir, de nombreuses routes étaient toujours fermées à la circulation en raison des inondations. À Mirabel, la route 117 était fermée entre l’autoroute 50 et la route 158.

À la pointe occidentale de Montréal, le pont Galipeault (autoroute 20) était lui aussi fermé. L’accès au train de banlieue du réseau Exo sur les lignes Saint-Jérôme et Vaudreuil-Hudson sera offert gratuitement tant que ces fermetures perdureront.

En Beauce, où les eaux de la rivière Chaudière se sont retirées, une tâche colossale de nettoyage et de rétablissement s’amorce avec peine pour les quelque 1200 sinistrés de Sainte-Marie. Lundi matin, des pelles mécaniques s’y affairaient à dégager l’immense amoncellement de débris de toutes sortes ayant été tirés de près d’un millier de bâtiments inondés. Ces débris comprenaient notamment des fenêtres, des parements de maison, des meubles et des articles de plomberie.

Les citoyens de Sainte-Marie étaient conviés lundi soir à des rencontres d’information sur les programmes d’indemnisation et d’aide financière. Des rencontres du même genre ont eu lieu récemment dans d’autres municipalités situées le long de la rivière Chaudière qui ont été touchées par la récente crue des eaux.

Au Nouveau-Brunswick

Au Nouveau-Brunswick, où les inondations causent également des ravages, 445 ménages (1111 personnes) se sont inscrits auprès de la Croix-Rouge canadienne pour obtenir de l’aide. Du nombre, 171 ménages (486 personnes) comptaient sur l’organisme pour être hébergés.

De passage à Grand Bay, qui donne sur la rivière Saint-Jean, le ministre fédéral de la Défense, Harjit Sajjan, est allé observer l’aide prodiguée aux sinistrés par les Forces armées canadiennes. Lundi, environ 2000 soldats avaient été dépêchés dans les différentes régions du pays touchées par les inondations — un nombre plus élevé que les 1600 soldats canadiens à l’étranger.

Le ministre Sajjan a indiqué que davantage de militaires pourraient être déployés, si la situation l’imposait. « Nous n’avons pas de limite. […] S’il en faut plus, nous ferons toujours en sorte d’avoir plus de soldats », a-t-il fait savoir.

Avec La Presse canadienne et Mylène Crête

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