Les débardeurs du Port de Montréal menacent de déclencher une grève

Les débardeurs ont voté presque à l’unanimité à la mi-décembre pour un mandat de grève.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Les débardeurs ont voté presque à l’unanimité à la mi-décembre pour un mandat de grève.

Les ouvriers qui chargent et déchargent les navires au port de Montréal se sont dotés d’un mandat pour exercer des moyens de pression pouvant aller jusqu’à déclencher une grève « au moment opportun », a annoncé leur syndicat mercredi. Leur convention collective a échu au tournant du Nouvel An.

Les membres du Syndicat des débardeurs du Port de Montréal, SCFP, section locale 375 avaient déjà voté pour ce mandat il y a plus de deux semaines. Le 16 décembre, 600 des 1100 syndiqués avaient participé à une assemblée extraordinaire où la proposition avait été adoptée à 99,5 %.

Cependant, le vote de grève est essentiellement symbolique, puisque les syndiqués ne pourront vraisemblablement pas l’exercer étant donné qu’il est valide durant 60 jours et que le Conseil canadien des relations industrielles entendra l’employeur et le syndicat du 4 au 15 février sur ce qui constitue un service essentiel.

Depuis la signature de la dernière convention collective, en 2013, les relations entre les syndiqués et l’employeur, l’Association des employeurs maritimes (AEM), a été « excessivement difficile », souligne Michel Murray, un conseiller syndical du SCFP.

« Les débardeurs doivent être disponibles 19 jours sur 21, et avec le volume qu’il y a actuellement au port de Montréal, près de 90 % des débardeurs travaillent toutes ces journées. » Bien qu’il se réjouisse de l’abondance de travail, M. Murray déplore cependant que la vie familiale des syndiqués passe au second plan dans ces conditions.

« Nous ne sommes pas en 1936 en Europe de l’avant-guerre : en 2019, la conciliation travail-famille, c’est important », lance-t-il. « Le message que l’industrie doit saisir, c’est que les débardeurs en ont soupé, et que c’est assez. »

La question des vacances

Outre de meilleurs salaires, les syndiqués aimeraient aussi que l’AEM les informe de leur horaire du lendemain dans les délais prévus par la précédente convention collective, c’est-à-dire entre 18 h et minuit.

« C’est toujours le bordel ! » s’exclame Michel Murray en entrevue. Les débardeurs sont parfois informés d’un horaire, mais sont régulièrement rappelés plus tard dans la soirée pour un changement, explique-t-il.

La question des vacances pour les plus employés avec moins d’ancienneté fait également partie des enjeux. Pour les centaines d’employés qui ont été engagés depuis cinq ans, il est presque impossible d’obtenir des vacances l’été.

Une solution pourrait être de fermer le port pendant deux semaines lors de la saison chaude, comme le font certains ports européens, évoque Michel Murray.

L’AEM est une organisation à but non lucratif qui regroupe des entreprises du transport maritime au Québec et en Ontario. Elle a été fondée en 1969 afin de centraliser la répartition du travail. Les débardeurs opèrent sur des navires appartenant à plusieurs entreprises. Leurs horaires (de jour, de soir, de nuit) varient au gré de l’arrivée des bateaux au port.

Un porte-parole d’AEM a assuré au Devoir que la direction négocie « de bonne foi » et espère trouver un terrain d’entente rapidement, mais n’a pas voulu commenter le dossier davantage.

Les deux parties sont actuellement en médiation.

Avec La Presse canadienne