Sécurité ferroviaire: le transport de pétrole retiré de la liste de surveillance du BST

Le transport des liquides inflammables avait été ajouté à la Liste de surveillance du BST en 2014 dans la foulée de la tragédie de Lac-Mégantic.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Le transport des liquides inflammables avait été ajouté à la Liste de surveillance du BST en 2014 dans la foulée de la tragédie de Lac-Mégantic.

Le transport de liquides inflammables par train, comme le pétrole, a été retiré de la Liste de surveillance du Bureau de la sécurité des transports (BST), cinq ans après la tragédie de Lac-Mégantic, a annoncé lundi sa présidente, Kathy Fox.

« Même si c’est enlevé de la liste de surveillance parce que l’industrie et l’organisme de réglementation ont fait spécifiquement ce qu’on leur a demandé de faire, ça ne veut pas dire que c’est disparu de notre radar, loin de [là] », a-t-elle affirmé en conférence de presse.

Le BST, qui est chargé d’enquêter sur les accidents dans le transport aérien, ferroviaire et maritime, se dit généralement satisfait des mesures prises par le gouvernement fédéral et l’industrie pour réduire les risques posés par le transport de matières dangereuses. Il identifie toutefois d’autres facteurs de risque comme la fatigue des cheminots et le non-respect des signaux ferroviaires.

Le transport des liquides inflammables avait été ajouté à la Liste de surveillance du BST en 2014 dans la foulée de la tragédie de Lac-Mégantic.

Quarante-sept personnes avaient perdu la vie en juillet 2013 lorsqu’un train transportant 7,7 millions de litres de pétrole brut s’est mis en mouvement et a déraillé à Lac-Mégantic. Les wagons s’étaient enflammés et avaient détruit le coeur du centre-ville de cette municipalité de moins de 6000 habitants.

« Depuis 2014, et surtout depuis 2016, on voit que les compagnies ferroviaires font une meilleure gestion de risque lorsqu’elles transportent des liquides inflammables. Aussi, dernièrement, le ministre des Transports a accéléré le processus de retirer les anciens wagons-citernes les plus vulnérables », a dit Mme Fox.

Les DOT-111, qui ne pouvaient plus transporter de pétrole brut depuis deux ans, ne pourront plus transporter de liquides inflammables volatils à compter du 1er janvier 2019, soit six ans plus tôt que prévu.

La Liste de surveillance publiée tous les deux ans depuis 2010 identifie les enjeux de sécurité à régler dans le transport aérien, ferroviaire et maritime. Encore une fois, le BST dénonce la lenteur du ministère des Transports du Canada à mettre en oeuvre ses recommandations. Sa présidente s’explique mal pourquoi 62 de ses recommandations, dont 34 ont été émises il y a plus de 10 ans, ne font pas l’objet d’un suivi.

Elle invite également le gouvernement fédéral et les industries ferroviaire, aérienne et maritime à prendre au sérieux le problème de fatigue de leurs employés, un facteur qui a contribué à plusieurs incidents au fil des ans.

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