La banlieue a aussi la cote chez les immigrants

Entre 1986 et 2016, la proportion des immigrants s’établissant à Montréal a peu diminué, de 87,2% à 85,8%.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Entre 1986 et 2016, la proportion des immigrants s’établissant à Montréal a peu diminué, de 87,2% à 85,8%.

La couronne de Montréal attire de plus en plus de jeunes immigrants scolarisés, révèle une étude présentée dans le cadre du Congrès de l’ACFAS à Saguenay. Une situation qui s’observe aussi à Lévis, près de Québec.

« Il est clair que la redistribution [de l’immigration] favorise la périphérie immédiate de Montréal et Québec », a expliqué Jacques Ledent, chercheur au Centre Urbanisation Culture et Société de l’INRS lors d’une présentation lundi.


Les calculs suggèrent qu’une partie de la population immigrante arrivée au Québec entre 2006 et 2010 quitte Montréal au bout d’un certain temps pour s’installer dans la périphérie de Montréal. Or il n’est pas possible de dire combien. 

Ce qu’on sait toutefois, c’est qu’entre 2012 et 2017, Montréal a perdu 28 547 immigrants (-23 %) alors qu’on observe un solde migratoire positif à Laval (+ 3757 personnes), dans Lanaudière (+1932), dans les Laurentides (+1660) et en Montérégie (+ 4841).
 

Les calculs suggèrent en outre qu’une partie de la population immigrante arrivée au Québec entre 2006 et 2010 quitte Montréal au bout d’un certain temps pour s’installer dans la périphérie de Montréal. 

Par ailleurs, c’est la périphérie immédiate qui est la plus populaire.

Dans Lanaudière par exemple, ils se sont établis dans les MRC Les Moulins ou de L’Assomption, mais pas à Joliette. À une plus petite échelle, la capitale perdait 898 personnes (-9,5 %) alors que Chaudière-Appalaches en gagnait une centaine (+ 8,5 %). 

Pour la famille et les amis

Les résultats de M. Ledent montrent que les ménages qui s’établissent dans la couronne sont majoritairement des immigrants économiques, relativement jeunes (25-34 ans) et qui ont une forte personnalité.

Le chercheur présentait ses résultats dans le cadre d’un colloque sur la régionalisation de l’immigration.

Dans la présentation suivante, on a appris que la plus grande motivation des immigrants à s’installer en région n’était pas le travail, mais la présence de la famille et d’amis (dans 46,5 % des cas). L’emploi arrive en effet au second plan (29,3 %) selon une étude menée en 2015 auprès de près de 7500 personnes présentée à l’ACFAS par une chercheuse du ministère du Travail.

Entre 1986 et 2016, la proportion des immigrants s’établissant à Montréal a peu diminué, de 87,2 % à 85,8 %.

Or avec la baisse du taux de chômage et les pénuries de main-d’oeuvre dans certains secteurs, le gouvernement et les chercheurs sont plus que jamais en quête de pistes pour renverser la vapeur.

Ainsi, le professeur Sébastien Arcand du Département de management de HEC Montréal est venu expliquer qu’il ne fallait pas minimiser l’impact de l’arrivée de travailleurs étrangers dans une entreprise. Les premiers résultats de son enquête auprès de propriétaires d’entreprises de région révèlent qu’ils sont souvent mal préparés. « Les gens ont tendance à minimiser l’impact des cultures », dit-il.

« Ils disent non, non, non, on ne fait pas de différences, mais après, malheureusement, il y en a des différences et, là, les problèmes apparaissent », a-t-il expliqué. « Il faut les considérer comme les autres travailleurs, mais avec des mesures d’accueil. »

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Ce texte a été modifié après publication.