Le revenu des ménages québécois parmi les plus faibles au pays

Le revenu médian au Canada est passé de 63 457 $ à 70 336 $ entre 2005 et 2015.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le revenu médian au Canada est passé de 63 457 $ à 70 336 $ entre 2005 et 2015.

La croissance des revenus des ménages québécois compte parmi les plus faibles au pays depuis dix ans, selon les plus récentes données du recensement.

Le revenu médian se situait à 59 822 $ dans la province en 2015, une hausse de près de 9 % par rapport à 2005. Cette augmentation peut sembler bien maigre en comparaison de celle de 36,5 % mesurée en Saskatchewan, à 75 412 $.

Le Québec occupe ainsi l’avant-dernier rang des provinces et des territoires, devant le Nouveau-Brunswick dont le revenu médian était de 59 347 $, une différence de 475 $.

 

 

Les chiffres dévoilés par Statistique Canada mercredi permettent de saisir l’écart économique qui s’est dessiné de 2005 à 2015 entre les provinces de l’ouest et celles de l’est du pays — à l’exception de Terre-Neuve-et-Labrador — soit avant la chute des prix du pétrole. Toutes les provinces et tous les territoires ont enregistré une hausse du revenu médian des ménages, mais on constate d’importantes variations d’une région à l’autre. La croissance de l’industrie pétrolière en Alberta, en Saskatchewan et à Terre-Neuve-et-Labrador durant ces dix années a fait gonfler le revenu médian au Canada, qui est passé de 63 457 $ à 70 336 $. Il s’agit d’une augmentation de 10,8 %

« Ce ne sont pas uniquement les hydrocarbures, ce sont tous les investissements qui l’accompagnent, comme la construction et les services pour aider l’exploitation », a précisé le chef du revenu du recensement de Statistique Canada, Eric Olson.

Parallèlement, le ralentissement dans le secteur manufacturier qui s’est fait sentir au Québec et en Ontario a eu un impact sur le revenu des ménages dans ces provinces. L’Ontario, qui a perdu 318 000 emplois en dix ans, a enregistré la croissance de revenus la plus lente à 3,8 %. Le revenu médian se situait tout de même à 74 287 $, plaçant la province au sixième rang.

L’Ontario et le Québec sont les deux provinces où le revenu des ménages a le moins progressé en dix ans. Malgré tout, certaines régions métropolitaines de recensement dans la Belle Province ont connu des hausses impressionnantes, particulièrement celles qui vivent de l’exploitation minière. Ainsi, les régions de Rouyn-Noranda et de Val-d’Or, en Abitibi, sont celles où la croissance du revenu médian a dépassé 15 %. Elles sont suivies de Sept-Îles (13,4 %) et de Québec (11,1 %). « Ce qu’on a vu dans la croissance au cours des dix dernières années, c’est surtout des régions qui disposaient de ressources naturelles et qui les exploitaient », a noté Eric Olson. Les données du recensement sur le travail qui seront diffusées à la fin du mois de novembre devraient apporter des précisions sur les industries qui se sont développées durant cette période.

 

 

1,2 million d’enfants vivent dans la pauvreté

Près d’un enfant sur quatre au pays vit dans la pauvreté, une proportion qui diminue depuis les années 1990. Le Québec affiche le taux de pauvreté infantile le plus bas après l’Alberta (12,8 %), même si le revenu médian des ménages québécois compte parmi les moins élevés au pays. Ce sont 14,3 % d’enfants québécois qui vivent dans des ménages à faible revenu, comparativement à 14,7 % d’adultes. Ce phénomène s’explique par le faible coût des garderies et par les prestations pour enfant plus élevées au Québec que dans le reste du pays.

La Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick sont les deux provinces où le taux d’enfants vivant dans la pauvreté est le plus élevé, à 22,2 %.

Réaction de Philippe Couillard

Philippe Couillard a invité à regarder la situation dans son ensemble. « D’abord, ce sont des chiffres de 2015. Ensuite, les régions très riches en ressources affichent les revenus des familles les plus élevés. C’est moins au Québec, mais en Ontario également, a souligné le premier ministre. Les salaires vont le plus augmenter au Québec en raison de la relance économique manifeste. Aussi, c’est au Québec que le taux de pauvreté est le plus faible au Canada, notamment pour les enfants. »

« On a une société qui produit mieux, qui produit plus de richesse, qui reste solidaire et préoccupée par le partage de la richesse », a-t-il ajouté.

Avec Le Devoir

Autres faits saillants

- Le Nunavut a enregistré la plus forte croissance du revenu médian au pays, à 97 441 $.

- Le taux de faible revenu est demeuré stable au pays à 14,2 %.

- 96 % des couples comptent deux conjoints qui travaillent.

- Les conjoints ont déclaré des revenus similaires dans le tiers des couples en 2015.

4 commentaires
  • Jean-Pierre Martel - Abonné 13 septembre 2017 10 h 16

    Québec, paradis du cheap labour grâce au PLQ

    Le taux de chômage diminue au Québec depuis 40 ans. Il est à un creux historique, à l'émerveillement des éditorialistes du Devoir qui n'y voient que du feu.

    Dans une économie de libre marché, lorsqu'une ressource se raréfie, son prix augmente. Mais pas ici, au Québec. Pourquoi ?

    C'est qu'avec les gouvernements libéraux qui nous dirigent depuis près de quinze ans, le Québec est devenu le paradis du cheap labour.

    Le gouvernement Couillard laisse des sièges sociaux devenir des coquilles vides (les opérations étant déménagées à l'Étranger), justifiant son laisser-faire par le fait que cela était l'inverse autrefois. En réalité, on achetait des compagnies américaines lorsque le dollar canadien valait plus que la devise américaine.

    De plus, le PLQ n'a pas de stratégie industrielle. Pendant les années Charest, le Plan Nord faisait office de stratégie industrielle. Il s'agissait de plus gros projet de gaspillage des fonds publics (60 milliards$) destiné à soutenir artificiellement des projets miniers qui, autrement, ne seraient pas rentables.

    Ce qui se crée au Québec depuis 15 ans, ce sont des emplois précaires, près d'un salaire minimum que le PLQ hésité à augmenter. Si bien que le revenu disponible par personne — au 4e rang canadien sous Landry — est lentement tombé au dernier rang canadien sous Couillard.

    Précisons que le revenu disponible par personne est le salaire brut moins l'impôt. Lorsqu'on tient compte de l'augmentation des tarifs, nous sommes encore plus pauvres que cela.

    Ce qui confirme ici Statistique Canada avec ses données sur le revenu des familles.

  • Daniel Lapointe - Abonné 13 septembre 2017 11 h 32

    La faute au PQ j'imagine..!?!

    15 ans de règne libéral (ou devrais-je dire conservateur..?) au Québec.

  • Jean Gadbois - Inscrit 14 septembre 2017 00 h 35

    Moins de carrefour Laval, et de Costco, quel drame!

    Comment allons-nous nous trouver une raison de vivre$$?

  • Pierre Robineault - Abonné 14 septembre 2017 11 h 27

    Avant ou après?

    Revenus des ménages québécois mais ... avant taxes et impôts. Après, c'est pire encore!